Entretien avec Sébastien Lecornu : « En colère », l’intersyndicale annonce une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre

Les huit organisations syndicales reçues par le Premier ministre ce 24 septembre ressortent « en colère » de leur entretien, et estiment de pas avoir eu de réponses concrètes à leurs demandes. Elles annoncent une nouvelle mobilisation sociale le 2 octobre.
Rédaction Public Sénat

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Les deux heures et demie d’entretien entre l’intersyndicale et le Premier ministre n’ont pour le moment débouché sur rien. Reçues ce mercredi matin par Sébastien Lecornu, moins d’une semaine après la mobilisation nationale en France, les huit organisations syndicales présentes à Matignon laissent échapper leur déception à la sortie. « Le Premier ministre n’a apporté aucune réponse aux claires aux attentes des travailleuses et des travailleurs […] Le compte n’y est pas », a fait savoir Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT qui s’exprimait au nom de cette intersyndicale.

Face à l’absence de réponses précises sur leurs revendications, les organisations ont annoncé une nouvelle journée de grèves et de mobilisation le 2 octobre. Cette qui doit encore être formellement confirmée dans la soirée par l’intersyndicale. Plusieurs partis de gauche ont annoncé leur intention de se joindre aux manifestations.

Les syndicats demandaient notamment le retrait de la copie budgétaire de François Bayrou (qui comporte notamment une année blanche sur les prestations sociales, les budgets), l’abrogation de la réforme des retraites de 2023, encore la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires. Sur question d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a compris que ce point serait « peut-être enterré, mais rien de précis ».

« Une occasion manquée »

Les interlocuteurs du Premier ministre restent également sur leur faim sur les exigences de mise à contribution des hauts patrimoines. « Il a dit qu’il avait compris qu’il fallait la justice fiscale. Aucun élément précise sur ce point », relate la secrétaire générale de la CGT.

« C’est donc une occasion manquée. Nous sommes extrêmement en colère que des millions de personnes qui ont manifesté la semaine dernière n’aient aucune réponse précise à leurs revendications […] Il n’y a eu ni rupture, ni engagement concret. La rupture, ça ne peut pas être juste des mots », a-t-elle ajouté.

Les syndicats ont relevé en outre la présence de trois ministres, aux côtés du Premier ministre : Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l’Emploi, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, et Laurent Marcangeli, ministre de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification. Ces trois membres du gouvernement Bayrou ont pris la parole au cours des échanges. « Il y a trois ministres démissionnaires qui se sont exprimés, on ne savait plus trop dans quel espace-temps nous étions », a ironisé Sophie Binet.

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