Erasmus+ : la hausse de 50% du budget est un « très bon point de départ » pour Nelly Fesseau, directrice de l’Agence française du programme

Fort de son succès, le programme d’échange Erasmus+ pourrait voir bondir son budget de 50% sur la période 2028-2034. Annoncée par la Commission européenne dans le cadre financier pluriannuel, cette augmentation s’explique par la nécessité de répondre à la demande toujours plus importante des européens en quête d’aventures. Derrière cette progression, plusieurs enjeux majeurs se dessinent : démocratisation de la mobilité, construction d’une éducation européenne, ouverture à la professionnalisation. Autant de sujets débattus par les invités de l’émission Ici l’Europe, diffusée sur France 24, LCP et Public Sénat (tous les samedis à 16h30).
Robin Jeangerard

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Erasmus+ reste célèbre pour les échanges étudiants. Et pour cause, le programme, créé en 1987, était initialement à destination de ces derniers. Mais depuis 2014, le spectre des bénéficiaires s’est élargi. Nelly Fesseau, directrice de l’Agence Erasmus+ France, explique qu’il s’adresse désormais « à la formation professionnelle (…) et à l’éducation des adultes ».

Un échange est possible dès 3 ans

Dès l’école maternelle, il est possible de partir aux confins de l’Europe. Selon la directrice de l’agence française, « beaucoup d’écoles ne s’en privent pas et en bénéficient de façon à forger l’esprit européen », précisant « qu’un petit qui va faire une mobilité dès son plus jeune âge, et surtout pendant la période scolaire, va n’avoir qu’une envie, c’est de repartir ». Peu connu du grand public, l’enseignement scolaire représente pourtant près d’un tiers des échanges.

Etudiants et enseignants ne sont pas non plus en reste. Depuis 2019, le programme Erasmus instaure régulièrement des alliances entre universités du continent. Laurence Farreng, députée européenne et co-présidente de l’intergroupe Avenir de l’éducation et des compétences pour une Europe compétitive, estime que « c’est une manière d’européaniser notre éducation parce qu’on a une mise en réseau d’un minimum de trois à quatre universités européennes qui vont partager les mêmes préoccupations, les mêmes centres d’intérêts et donc partager beaucoup de savoirs. ».

« Il faut parler d’une mobilité dans toutes les directions. »

Bien que le programme s’adresse à l’ensemble des Etats membres, le parlementaire roumain Victor Negrescu a fait savoir que des inégalités persistent dans le choix des destinations. « Il y a beaucoup d’étudiants de l’Est de l’Europe qui vont vers les universités de l’Ouest.  Et il y a moins d’étudiants de l’Ouest qui viennent vers les universités de l’Est. C’est quelque chose qui doit être amélioré ». Le député de l’Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates appelle l’Union à faire connaître les établissements les moins connus. Par conséquent, il encourage la Commission à doubler le budget alloué au programme.

L’inclusion comme priorité

« Près de 40% des étudiants qui partent en Erasmus sont des boursiers sur critères sociaux. Et c’est à peu près 60% sur l’enseignement et la formation professionnelle », indique Nelly Fesseau. L’encadrement des plus défavorisés se fera là encore par une hausse du budget. C’est pourquoi, la directrice de l’Agence Erasmus+ France manifeste sa satisfaction concernant l’annonce faite par la Commission, et espère que cet engagement se poursuivra sur le long terme.

Enfin, l’inclusion passe également par la valorisation des filières professionnelles. En France, les gouvernements successifs avaient manifesté la volonté de réinvestir ce secteur de l’éducation. Cette tendance semble similaire à Bruxelles. Laurence Farreng juge toutefois « qu’il y a un gros travail qui doit se faire au niveau des entreprises pour lâcher leurs apprentis et leurs permettre d’avoir des échanges ». Un enjeu sur lequel la Commission devra se pencher.

Retrouvez l’émission en intégralité ici.

Partager cet article

Dans la même thématique

Erasmus+ : la hausse de 50% du budget est un « très bon point de départ » pour Nelly Fesseau, directrice de l’Agence française du programme
4min

Politique

Sénatoriales : face au RN, le Parti socialiste parviendra-t-il à conserver ses deux sièges dans l’Aude ?

Si le sénateur sortant Sébastien Pla se représente, ce n’est pas le cas de Gisèle Jourda. Huit candidats sont en lice pour remporter les deux sièges à pourvoir. Député Rassemblement national de la 3è circonscription de l’Aude, Julien Rancoule brigue un mandat de sénateur, dans un département où le RN s’installe peu à peu dans le paysage politique.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2026 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
7min

Politique

Présidentielle 2027 : quel est le dernier décompte des candidats déjà sur la ligne de départ ?

À moins de huit mois du premier tour, la course à l'Élysée prend forme. L'élection présidentielle se tiendra les 18 avril, puis le 2 mai 2027, dans un paysage politique fragmenté où les sondages placent l'extrême droite en position favorable. Sur la ligne de départ, les prétendants se bousculent déjà, chacun assurant être le mieux placé pour l'emporter. Mais cette liste reste à ce stade provisoire, aucun nom ne sera officiellement retenu avant la validation des parrainages par le Conseil constitutionnel.

Le

Carte sénatoriale 2026 candidats
2min

Politique

CARTE. Elections sénatoriales : découvrez les candidats dans votre département

Les élections sénatoriales auront lieu dimanche 27 septembre. 178 sénateurs sur 348 que compte la chambre haute, vont être élus ou réélus dans 63 départements et dans la circonscription représentant les Français établis hors de France. Découvrez les noms et les listes des candidats par départements.

Le