Eric Drouet, figure des « gilets jaunes », au tribunal
Le procès d'une des figures des "gilets jaunes" Éric Drouet, dont l'interpellation le 2 janvier pour deux manifestations non déclarées à Paris...

Eric Drouet, figure des « gilets jaunes », au tribunal

Le procès d'une des figures des "gilets jaunes" Éric Drouet, dont l'interpellation le 2 janvier pour deux manifestations non déclarées à Paris...
Public Sénat

Par Caroline TAIX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le procès d'une des figures des "gilets jaunes" Éric Drouet, dont l'interpellation le 2 janvier pour deux manifestations non déclarées à Paris avait indigné à gauche comme à droite, s'est ouvert vendredi matin.

Le parquet a immédiatement demandé le renvoi, au motif qu'il doit également être jugé le 5 juin pour port d'arme prohibé -en l'espèce un bâton- lors de la manifestation du 22 décembre à Paris, mais le tribunal a décidé de juger l'affaire.

Le chauffeur routier de Seine-et-Marne comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris deux jours après l'ex-boxeur Christophe Dettinger, condamné à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté, pour avoir violemment frappé deux gendarmes le 5 janvier lors de l'acte 8 des "gilets jaunes".

Accompagné de son avocat Khéops Lara et d'une autre figure du mouvement de contestation, Jérôme Rodrigues, Éric Drouet est entré sans un mot dans la salle d'audience, entouré d'une nuée de journalistes.

Eric Drouet (C), à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris le 15 février 2019
Eric Drouet (C), à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris le 15 février 2019
AFP

Il est jugé pour l'"organisation sans déclaration préalable" de deux manifestations, le 22 décembre - l'acte 6 des "gilets jaunes" lors duquel il avait déjà été interpellé - et le 2 janvier. Il encourt six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende.

Le 2 janvier, Éric Drouet avait été arrêté près des Champs-Élysées, encadré par des policiers hués par des "gilets jaunes".

"Je ne pense pas qu'en marchant dans la rue on s'attend à finir en garde à vue", a-t-il déclaré avant l'ouverture de son procès.

À sa sortie de garde à vue, Éric Drouet avait dénoncé une interpellation "politique", affirmant qu'il devait juste rencontrer d'autres "gilets jaunes" pour un "rendez-vous au restaurant". Son arrestation montrait, selon lui, une volonté de "bâillonner" la contestation.

Éric Drouet s'était également défendu d'avoir lancé un appel à manifester. Quelques heures avant d'être interpellé, il déclarait toutefois dans une vidéo diffusée sur Facebook : "Ce soir, on va pas faire une grosse action, mais on veut choquer l'opinion publique. Je sais pas s'il y en aura qui seront avec nous sur les +Champs+ (...) On va tous y aller sans gilet".

- "Amateurisme" -

Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale à Paris, le 23 janvier 2019
Le chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale à Paris, le 23 janvier 2019
AFP

Le médiatique Éric Drouet est un des initiateurs de la première mobilisation nationale des "gilets jaunes" le 17 novembre. C'est lui qui avait créé l'événement Facebook "Blocage national contre la hausse des carburants". Il est devenu l'un des visages les plus connus de ce mouvement de contestation qui dure depuis trois mois et représente la plus grave crise du mandat d'Emmanuel Macron.

Ce père de famille de 33 ans se défend d'être un leader des "gilets jaunes" mais ses prises de parole pèsent dans la contestation.

Le prévenu, pour lequel le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a dit sa "fascination", est aussi controversé. Il a été accusé d'appeler au putsch lorsque, lors d'un débat où on lui avait demandé ce qu'il comptait faire si la manifestation arrivait devant l'Élysée, il avait répondu : "On rentre dedans". Des propos qu'il avait relativisés dès le lendemain.

Son interpellation le 2 janvier avait provoqué l'indignation de responsables politiques, de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par le centre. "Abus de pouvoir. Une Police politique cible et harcèle désormais les animateurs du mouvement gilet jaune", a tweeté Jean-Luc Mélenchon. Hervé Morin, le président des Centristes, a taxé le gouvernement d'"amateurisme" et l'a appelé à "sortir de l'arrogance et du mépris" vis-à-vis des "gilets jaunes".

Le gouvernement, qui veut faire voter une loi "anticasseurs" prévoyant notamment des interdictions administratives de manifester, a défendu l'interpellation du routier au nom de l'État de droit. "Quand quelqu'un organise une manifestation alors qu'elle n'est pas déclarée, c'est qu'il ne respecte pas l'État de droit", a estimé le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

Partager cet article

Dans la même thématique

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

Eric Drouet, figure des « gilets jaunes », au tribunal
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

Eric Drouet, figure des « gilets jaunes », au tribunal
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le

Eric Drouet, figure des « gilets jaunes », au tribunal
3min

Politique

« À l’EHPAD ! » : pour Xavier Bertrand, le candidat à droite qui « fera élire l'un des deux extrêmes aura intérêt à essayer la chirurgie esthétique ou l’exil »

Xavier Bertrand est le nouvel invité de l'émission « À l’EHPAD ! ». Alors qu'il est lui-même candidat à l'élection présidentielle de 2027, il est d'emblée interrogé sur la multiplication des candidatures à droite par les habitants de la résidence. Une émission à voir dès maintenant sur publicsenat.fr et les chaînes YouTube de « À l’EHPAD ! » et Ouest-France.

Le