Éric Zemmour visé par une enquête après ses propos sur l’islam et l’immigration
Récemment condamné pour des propos anti-musulmans, le polémiste Éric Zemmour est visé par une nouvelle enquête après sa violente...

Éric Zemmour visé par une enquête après ses propos sur l’islam et l’immigration

Récemment condamné pour des propos anti-musulmans, le polémiste Éric Zemmour est visé par une nouvelle enquête après sa violente...
Public Sénat

Par Mehdi CHERIFIA

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Récemment condamné pour des propos anti-musulmans, le polémiste Éric Zemmour est visé par une nouvelle enquête après sa violente charge contre l'immigration et l'islam, lors d'une réunion organisée par des proches de l'ex-députée d'extrême droite Marion Maréchal.

Dans ce discours, prononcé samedi lors de la "Convention de la droite", il s'en était pris, entre autres, aux immigrés "colonisateurs" et à "l'islamisation de la rue". Il a aussi cité l'écrivain Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement" de la population blanche et chrétienne par une population immigrée musulmane.

"En France, comme dans toute l'Europe, tous nos problèmes sont aggravés -je ne dis pas créés- par l'immigration: école, logement, chômage, déficits sociaux, dette publiques, ordre public, prisons, qualifications professionnelles, urgences aux hôpitaux, drogue... Et tous nos problèmes aggravés par l'immigration sont aggravés par l'islam. C'est la double peine", avait également déclaré M. Zemmour.

Le parquet de Paris a annoncé mardi l'ouverture de cette enquête pour "injures publiques en raison de l'origine ou de l'appartenance ou de la non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée" et "provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence, à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée".

"Je serais curieux de savoir si le parquet a pris connaissance de l'intégralité du discours d'Éric Zemmour car il est de jurisprudence constante que la critique, même dure, d'une religion n'est pas répréhensible. Il n'y a pas de délit de blasphème en France", a réagi auprès de l'AFP Me Olivier Pardo, l'avocat du polémiste. Interrogé sur les propos concernant l'immigration, l'avocat n'a en revanche pas souhaité réagir.

Ces déclarations ont suscité un tollé, jusqu'au sein du gouvernement. Le Premier ministre en personne, Édouard Philippe, a condamné des discours "nauséabonds et profondément contraires à l'idée que nous nous faisons de la France et de la République".

- "Erreur d'appréciation" -

L'Observatoire national contre l'islamophobie, une instance qui dépend du Conseil français du culte musulman, a dénoncé mardi un discours "inacceptable" qui "cache une volonté manifeste de fracturer la société".

Mardi soir, la chaîne Paris Première, l'un des employeurs du polémiste, a annoncé dans un communiqué l'avoir "convoqué" afin de "revenir sur les propos particulièrement choquants et provocateurs tenus dans le discours introductif de la Convention de la droite". La direction de la chaîne dit lui avoir "rappelé fermement les conditions de sa participation à l’émission +Zemmour et Naulleau+ avant la reprise de la nouvelle saison", mercredi soir.

Mi-septembre, Éric Zemmour avait été définitivement condamné, après le rejet de son pourvoi en cassation, à 3.000 euros d'amende pour provocation à la haine religieuse après des propos anti-musulmans tenus en 2016.

Lors de l'émission "C à vous" diffusée le 6 septembre 2016 sur France 5, il avait affirmé que la France vivait "depuis trente ans une invasion" et que, "dans d'innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées", se jouait une "lutte pour islamiser un territoire", "un jihad".

La diffusion en direct du discours d'Éric Zemmour samedi par LCI a par ailleurs donné lieu à "près de 400" saisines du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), a indiqué lundi ce dernier.

La chaîne du groupe TF1 a reconnu une "erreur d'appréciation". "La diffusion du discours dans l'état n'était pas le format approprié pour notre chaîne", a indiqué dimanche sa direction dans un communiqué. "Il y a bien eu contradiction et déconstruction des propos d'Éric Zemmour, mais c'était après-coup".

Partager cet article

Dans la même thématique

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le

Éric Zemmour visé par une enquête après ses propos sur l’islam et l’immigration
5min

Politique

Ingérences étrangères : « Depuis les années 2010, aucun rendez-vous électoral n’a été épargné »

A l’heure de la manipulation des algorithmes et du recours croissant à l’intelligence artificielle sur les plateformes numériques, des experts alertent le Sénat sur la multiplication d’ingérences d’origine étrangères en Europe. Avec pour objectif de déstabiliser les périodes électorales, à coups de désinformation et d‘altération de la confiance envers les institutions.

Le

Macron Sénat 1 ok
9min

Politique

[Série 1/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : un début constructif, avant la montée des tensions

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après des débuts plutôt bienveillants, la relation va vite se tendre sur les collectivités, avant qu’elle ne se dégrade sur le projet de réforme constitutionnelle, qui finira enterré.

Le