Estrosi/Ciotti: le duel des droites de la Côte d’Azur
A Nice, la refondation à droite s'annonce difficile: le maire Christian Estrosi qui fait le pari de s'entendre avec le...

Estrosi/Ciotti: le duel des droites de la Côte d’Azur

A Nice, la refondation à droite s'annonce difficile: le maire Christian Estrosi qui fait le pari de s'entendre avec le...
Public Sénat

Par Claudine RENAUD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A Nice, la refondation à droite s'annonce difficile: le maire Christian Estrosi qui fait le pari de s'entendre avec le gouvernement Macron est à couteaux tirés avec l'autre ténor des Républicains Eric Ciotti, réélu député au forceps et qui refuse toute allégeance au vainqueur de la présidentielle.

Larvée, la guerre a éclaté au grand jour durant les élections.

Unis dans leur soutien à Nicolas Sarkozy pour la primaire, les deux amis de vingt ans sont d'accord sur le tout sécuritaire, le rejet des migrants ou l'interdiction du burkini l'été dernier à la plage mais ils ne se cachent même plus pour s'accuser mutuellement de se savonner la planche.

"Cherchez l'explication chez lui, pas chez moi", soupire M. Estrosi, qui a préféré abandonner la présidence de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour redevenir maire en mai et reprendre la situation en main à Nice. Il reproche à son ancien assistant parlementaire d'avoir pactiser avec le Front national. "Je me suis battu pour que ce soit une frontière infranchissable", dit-il à l'AFP.

Et si la droite des Alpes-Maritimes a réussi à sauver six circonscriptions sur neuf (contre trois sur huit dans le Var), c'est surtout ce Dallas politique à la sauce Côte d'Azur qui retient l'attention.

Faut-il y voir une simple guerre d'egos entre un ancien champion de moto faiseur de carrières politiques (M. Estrosi) et un ancien élève de Sciences Po aux formules assassines (M. Ciotti)? Une fracture idéologique? Une différence stratégique?

Chacun a un avis et compte les soutiens en attendant les prochaines échéances, à commencer par le bureau national LR mercredi soir à Paris, puis l'élection à la présidence du département que M. Ciotti va devoir quitter.

- 'La mairie! la mairie!' -

Que fera la timide Laurence Trastour, nouvelle député LR surprise, venue de la mairie de Cagnes-sur-Mer? Que dira Eric Pauget, successeur à l'Assemblée nationale du modéré Jean Leonetti? Pour qui roulera la coppéiste Michèle Tabarot, également rescapée de la vague Macron?

"C'est le b... chez nous", souffle une ancienne LR, partie à La République En Marche.

"La situation ne se résume pas à un conflit Estrosi-Ciotti. C'est une droite nationale qui se divise entre ceux qui ont gardé une droiture et une rigueur et ceux qui essaient d'avoir un pied dans chaque camp", assure l'UDI Anne Sattonet, 1ère adjointe à la mairie de Vence, défaite aux législatives par son ancien allié passé chez Macron, le maire sans étiquette de Vence, Loïc Dombreval.

Pour faire battre Eric Ciotti à Nice, secrétaire général adjoint des LR, le gouvernement Macron a dépêché deux ministres Gérard Collomb et Gérald Darmanin pendant la campagne législative. Symboliquement, lors de leur passage, ils sont passés voir Christian Estrosi en mairie pour une visite de travail.

Sorti vainqueur de l'épreuve et acclamé au soir de sa réélection aux cris de "la mairie, la mairie!" par des supporters qui le verraient briguer le fauteuil de maire de Nice en 2020, M. Ciotti estime aujourd'hui que son "beau score" de 56,21% démontre que "la victoire est possible sans compromission".

Il a bénéficié de l'absence de candidat FN de poids face à lui.

Philippe Vardon, la figure locale de l'extrême droite au passé identitaire sulfureux est allé croiser le fer avec un proche de M. Estrosi, l'UDI Rudy Salles, député depuis 29 ans et battu au 1er tour.

Christian Estrosi s'estime, quant à lui, également conforté. Il a déjà obtenu du gouvernement Macron le retour à la semaine de 4 jours dans les écoles de Nice, et la protection de son ancien siège de député.

La débutante Marine Brenier, 31 ans, a été réélue à 61,21%, sans adversaire REM pour la gêner.

Dans un avant-goût des débats à Paris, il ajoute: "Je vois ceux qui sont contre pour être contre, mais je ne sais pas contre quoi?! Nous avons un Premier ministre LR, je veux l'accompagner".

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS, Affaire Lyhanna, Manifestation interdite place Vendome.
7min

Politique

Affaire Lyhanna : vers une commission d’enquête au Sénat sur les « dysfonctionnements de la justice » ?

La commission des lois du Sénat pourrait prochainement se doter des prérogatives d’une commission d’enquête afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Selon les informations recueillies par Public Sénat, la présidente de la commission, Muriel Jourda, devrait proposer dès mercredi 10 juin à ses collègues d’engager cette démarche

Le

PARIS: Conference de presse de Gerald Darmanin Gardes des Sceaux Ministre de la Justice
6min

Politique

Affaire Lyhanna : l’idée de Gérald Darmanin de redonner à la Chancellerie un pouvoir d’instruction dans les affaires individuelles, « hasardeuse et contreproductive », selon les juristes

Auditionné par la commission des lois du Sénat, sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a évoqué l’idée de revenir sur l’interdiction pour le garde des Sceaux de donner des instructions dans les affaires individuelles. Une possibilité qui existait jusqu’en 2013, avant la réforme sur l’indépendance du parquet.

Le

Paris : Session of questions to the government at National Assembly
3min

Politique

Affaire Lyhanna : perpétuité pour les viols en série, enquêtes plus rapides…  les premières réponses de Sébastien Lecornu

Après avoir réuni plusieurs ministres ce mardi matin dans le sillage de l’affaire Lyhanna, Sébastien Lecornu veut renforcer les peines pour les violeurs en série et imposer un délai d’enquête de trois mois lorsque l’auteur d’un crime sur enfant est identifié. Deux mesures, parmi d’autres, qui seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants.

Le

Estrosi/Ciotti: le duel des droites de la Côte d’Azur
2min

Politique

Affaire Lyhanna : Muriel Jourda n’écarte pas « un problème structurel qui a pu conduire à ce drame épouvantable »

Après l’audition du ministre de la Justice et du ministre de l’Intérieur sur les défaillances qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, la présidente de la commission des lois du Sénat, Muriel Jourda (LR) évoque la possibilité « d’un problème structurel » dans le fonctionnement du service public de la justice. Elle préconise d’attendre le passage en revue des 70 000 plaintes pour crime et délit concernant des enfants d’ici la fin du mois de juillet, pour se prononcer.

Le