Documentaire Churchill chef de guerre de Peter Bardelhe
Documentaire Churchill chef de guerre de Peter Bardelhe

Et si Winston Churchill était le grand perdant de la victoire des alliés en 1945 ?

L’Histoire a retenu de Winston Churchill un héros triomphant au balcon de Buckingham Palace après la capitulation des nazis. Mais proclamer le signe de la victoire avec la main ne suffit pas, encore faut-il en récupérer les bénéfices. A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne a vu son influence dégringoler. Malgré les efforts du Vieux lion, les deux superpuissances, américaine et soviétique, ont imposé un agenda politique au détriment des intérêts britanniques. Le réalisateur Peter Bardelhe a fait le pari d’expliquer cette partie de poker diplomatique entre les vainqueurs de 1945 dans un documentaire Churchill, chef de guerre diffusé sur Public Sénat.
Robin Jeangerard

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Winston Churchill a sans doute été l’un des premiers responsables politiques à considérer Adolf Hitler comme une menace. Lui qui a toujours préféré la plume à l’épée, s’est immédiatement penché sur les dessins du Führer par la lecture de Mein Kampf. Le ton belliqueux et arrogant du futur chancelier allemand l’a conduit à décliner par deux fois son invitation.

L’Allemagne envahit la Pologne en 1939, Churchill avait raison. Dans la foulée, l’homme politique est nommé premier Lord de l’Amirauté et la Grande-Bretagne déclare la guerre au régime nazi. Hors de question de laisser ce pays martyr seul face à l’Histoire. Le gouvernement français s’associe et le destin des Polonais dépend désormais de ces deux grandes puissances.

Interrogé dans le documentaire, le vétéran polonais Zbigniew Mieczkowski témoigne de cet épisode : « La France avait plus de tanks que l’Allemagne. En Pologne, on espérait que l’immense armée française allait attaquer et libérer notre patrie. » Les événements en décideront autrement.


S’imposer comme le sauveur de l’Europe

La débâcle française en mai 1940 laisse Winston Churchill dos au mur. Anticipant une attaque allemande, le Premier ministre renforce considérablement la Royal Air Force et les Polonais s’avèrent être des pilotes très aguerris. La Grande-Bretagne est prête, et malgré le bombardement de Londres, les nazis ne parviennent pas à faire plier ce pays insulaire. « Je n’ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur », le chef du gouvernement n’est pas décidé à renoncer.

La guerre bascule par un changement d’alliance. Staline est furieux de l’attaque allemande sur le front Est et compte bien en faire payer les frais à Hitler. Dès 1941, Churchill saisit cette opportunité pour faire adhérer le chef de l’URSS à sa cause. Mais le propre d’un dictateur n’est pas le compromis et le « petit père du peuple » porte une haine viscérale contre la Pologne.
En 1943, les cartes sont définitivement rebattues et les alliés forts de plusieurs victoires doivent préparer l’après. Un bras de fer s’amorce sur l’avenir des pays de l’Est. La Grande-Bretagne n’a jamais abandonné son objectif : libérer la Pologne, raison initiale de son engagement.

L’insurmontable Staline, grand vainqueur du conflit ?

Rendez-vous à Téhéran pour une conférence qui fera date. Le destin du monde est entre les mains de trois hommes : Roosevelt, Churchill et Staline. Première douche froide pour les Britanniques :  le président américain se range au côté de l’URSS en espérant un engagement de l’armée rouge dans le Pacifique. Les revendications de Churchill passent à la trappe et le schéma se reproduira en 1945 à Yalta puis à Potsdam.

Fort de sa toute-puissance, Staline sonne le glas pour l’Europe et scinde le continent en deux. Le destin des Polonais est scellé, l’échec est cuisant pour Churchill.
Le nouveau monde se construit sans lui et annonce les prémices de la Guerre Froide. L’empire britannique appartient dorénavant au passé.

Retrouvez le documentaire Churchill, chef de guerre dimanche 21 décembre à 13h sur Public Sénat puis en replay sur notre site internet ici.

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