Etape risquée pour Emmanuel Macron samedi à Ouvéa
Emmanuel Macron entame samedi la journée la plus sensible de son séjour en Nouvelle-Calédonie, en se rendant sur l'île d'Ouvéa, 30 ans après l...

Etape risquée pour Emmanuel Macron samedi à Ouvéa

Emmanuel Macron entame samedi la journée la plus sensible de son séjour en Nouvelle-Calédonie, en se rendant sur l'île d'Ouvéa, 30 ans après l...
Public Sénat

Par Cécile AZZARO et Claudine WERY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Emmanuel Macron entame samedi la journée la plus sensible de son séjour en Nouvelle-Calédonie, en se rendant sur l'île d'Ouvéa, 30 ans après l'assaut sanglant de la grotte, avant de prononcer un discours très attendu, six mois avant le référendum sur l'indépendance.

Sa journée sera aussi marquée par un geste hautement symbolique, au Centre culturel Tjibaou à Nouméa, où il remettra au gouvernement collégial de ce territoire très autonome l'acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre 1853 au nom de Napoléon III. Le document était jusqu'alors conservé aux archives de l'outre-mer d'Aix-en-Provence.

"Nous sommes sortis du temps de la possession, nous sommes dans le temps de l'adhésion politique et citoyenne", a-t-il déclaré vendredi soir lors d'une interview aux télévisions Caledonia et NC 1ère.

Etape emblématique de son séjour, Emmanuel Macron passera toute la matinée de samedi sur la petite île d'Ouvéa, théâtre en 1988 du paroxysme des violences entre indépendantistes kanak et loyalistes caldoches.

Il y effectuera "trois gestes de mémoire et de recueillement", sans discours. Une cérémonie aura lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, théâtre le 22 avril 1988 de l'attaque d'un commando indépendantiste, qui avait tué quatre gendarmes et pris 27 autres en otages.

Le président Emmanuel Macron se recueille le 5 mai 2018 à Hwadrilla où ont été assassinés  le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné par un indépendantiste radical
Le président Emmanuel Macron se recueille le 5 mai 2018 à Hwadrilla où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné par un indépendantiste radical
AFP

Deux moments de recueillement seront observés à Hwadrilla: l'un où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné par un indépendantiste radical, Djubelly Wéa, et l'autre devant le mémorial des 19 militants kanak tués lors de l'assaut de la grotte, certains sommairement exécutés. Deux parachutistes avaient également trouvé la mort lors de cette opération.

Un collectif d'habitants de Gossanah, où se situe la grotte, est fermement opposé à la venue du chef de l'Etat au monument des 19, et a promis de "tout faire pour l'en empêcher". Minoritaires, ces habitants ont multiplié les manifestations à Ouvéa ces derniers jours pour exprimer leur colère.

- Réquisitoire -

"Il est important que je me rende à Ouvéa, que je puisse voir les familles qui souhaitent que je vienne et que j'aille à la gendarmerie. Je le ferai en respectant la part de dissensus", a déclaré le chef de l'Etat lors de son entretien télévisé.

Cette étape suscite néanmoins des inquiétudes au sein des élus locaux.

Le président Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à la gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa, le 5 mai 2018
Le président Emmanuel Macron lors d'une cérémonie à la gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa, le 5 mai 2018
AFP

"Rien ne serait pire que (ce moment) se transforme en réquisitoire. J'espère qu'il n'y aura pas de manifestations, ni d'excitation", a déclaré à l'AFP Philippe Dunoyer, député UDI.

Le parlementaire a également souhaité qu'Emmanuel Macron, dans son discours final au théâtre de l'île, rende hommage "aux pionniers et à toutes les communautés légitimes par leur participation à la construction du pays et qui méritent la reconnaissance de l'Etat".

A son arrivée à Nouméa jeudi, Emmanuel Macron avait indiqué vouloir "consacrer des moments importants de notre histoire commune".

Le président de la République doit également évoquer le référendum pour lequel "il n'entend donner ni conseil, ni injonction", mais en dessinant des perspectives quel que soit le choix "souverain" des Calédoniens.

La place de la Nouvelle-Calédonie dans la grande région Indo-Pacifique devrait en outre constituer un angle important de son intervention alors qu'en début de semaine en Australie, il avait qualifié de "chance sur le plan géopolitique la présence de la France dans la zone".

Depuis 20 ans, un processus de décolonisation par étapes est en place en Nouvelle-Calédonie et doit déboucher le 4 novembre sur un référendum lors duquel les électeurs devront dire s'ils veulent "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante". Au vu du rapport de forces actuel entre les deux camps, le "non" est attendu gagnant.

Partager cet article

Dans la même thématique

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le

Etape risquée pour Emmanuel Macron samedi à Ouvéa
4min

Politique

Dette : « Nous approchons à grand pas d’un accident financier majeur », alerte Bruno Le Maire

Invité de la matinale de Public Sénat, l’ancien ministre de l’Economie a tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière de la France. Bruno Le Maire met sur la table plusieurs mesures d’économies sur les retraités et les fonctionnaires - tout en proposant une réforme institutionnelle profonde de la procédure budgétaire, réduisant notamment le droit d’amendement des parlementaires.

Le