État d’urgence : le député LREM Saint-Martin fustige l’entrée d’une « dose politicienne » au Sénat
Le rapporteur de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Laurent Saint-Martin, ne « comprend pas très bien » le désaccord avec le Sénat sur le projet de loi qui prépare la France à sortir de l’état d’urgence sanitaire. La Haute assemblée s’était opposée à des restrictions de liberté « excessives ».

État d’urgence : le député LREM Saint-Martin fustige l’entrée d’une « dose politicienne » au Sénat

Le rapporteur de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Laurent Saint-Martin, ne « comprend pas très bien » le désaccord avec le Sénat sur le projet de loi qui prépare la France à sortir de l’état d’urgence sanitaire. La Haute assemblée s’était opposée à des restrictions de liberté « excessives ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Députés et sénateurs ont échoué à trouver un accord le 25 juin sur le projet de loi organisant la sortie de l’état d’urgence sanitaire, prévue le 10 juillet. Opposés à un texte prévoyant des mesures disproportionnées, et surtout portant le goût et la couleur de l’état d’urgence, sans en avoir le nom, les sénateurs avaient largement modifié le projet de loi en limitant sa portée et sa durée. La commission mixte paritaire s’est soldée par un échec, inédit sur ce type de texte depuis mars.

Interrogé dans l’émission Parlement hebdo ce 26 juin, le député (La République en marche) Laurent Saint-Martin s’est montré très critique sur la position adoptée par le Sénat. « Je ne comprends pas très bien la position des sénateurs là-dessus », a déclaré le rapporteur de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. « Ces mêmes sénateurs, notamment du groupe majoritaire au Sénat [le groupe LR], ont considéré que les mesures pendant l’état d’urgence étaient tout à fait adaptées à la crise. Il ne semble pas que la crise soit derrière nous. »

« La circulation du virus n’est plus la même mais il nous faut conserver les outils nécessaires »

Comme le gouvernement, le député a estimé que les dispositions du texte étaient justifiées, étant donné l’état de « vigilance permanente » qui doit encore gouverner les choix politiques. Avec la fin de l’état d’urgence prévue au 10 juillet, « le gouvernement propose de reconnaître que nous ne sommes plus confinés, que la circulation du virus n’est plus la même mais qu’il faut nous faut conserver les outils nécessaires, justement pour pouvoir préparer au mieux un retour de la pandémie. »

Laurent Saint-Martin a considéré que le projet de loi, tel qu’il avait été adopté à l’Assemblée nationale, était « de bon aloi ». « Je suis sûr qu’au fond, les sénateurs le savent. Tout le monde comprend bien qu’on commence à faire rentrer un peu de dose politicienne au fur et à mesure et que l’union nationale se craquelle par endroits sur cette chambre », a-t-il déploré.

Dans un exercice de politique-fiction peu probable, le député du Val-de-Marne a conclu que si la loi n’était pas votée, l’exécutif ne serait pas « équipé » en cas de nouvelle vague du Covid-19. « J’attends de voir la même réaction de ces sénateurs si l’exécutif n’est pas doté des outils pour mieux prévenir les prochaines crises », a-t-il conclu. Cette inquiétude n’est cependant pas justifiée, car le Parlement pourrait simplement réactiver l’état d’urgence sanitaire, en cas de besoin.

 

[Lire aussi]

Fin de l’état d’urgence sanitaire : députés et sénateurs ne parviennent pas à un accord

Sortie de l’état d’urgence sanitaire : le Sénat adopte le texte en limitant sa portée

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le