État d’urgence : « une position constante chez les Républicains » selon Christian Jacob
Alors que Laurent Wauquiez relance le débat sur le suivi des fichés S et le retour de l’état d’urgence, les positions différaient ce matin à la sortie de la réunion des Républicains au Sénat.

État d’urgence : « une position constante chez les Républicains » selon Christian Jacob

Alors que Laurent Wauquiez relance le débat sur le suivi des fichés S et le retour de l’état d’urgence, les positions différaient ce matin à la sortie de la réunion des Républicains au Sénat.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée nationale,  était présent ce matin à la réunion de groupe des Républicains au Sénat. Alors que la polémique enfle sur la lutte contre le terrorisme et le retour de l’état d’urgence après les propos de Laurent Wauquiez, Christian Jacob a confirmé qu’il était sur la même ligne que le président des Républicains : « C’est une position constante des Républicains. Elle ne date pas d’aujourd’hui, elle date de 2015. L’état d’urgence nous a protégés. Ne plus l’avoir c’est baisser la garde. »

Le député regrette les dispositions que prévoyait l’état d’urgence dans un contexte de menace terroriste toujours élevée : « On a plus la possibilité de faire des perquisitions administratives ni des assignations à résidence. Les préfets ne peuvent plus faire de fouilles de véhicules et de bagages. Nous avons dit au moment de sa levée que c’était une faute et une erreur. C’est la raison pour laquelle nous demandons son rétablissement et toutes les mesures qui vont avec, tant que la menace est forte. »

Pour rappel, plusieurs dispositions de l’état d’urgence sont entrées dans le droit commun à travers la loi du 30 octobre 2017, considérée comme « liberticide » à gauche et chez des organisations de défense des droits de l’homme.

« On a déjà des arsenaux législatifs et sécuritaires mais on ne les applique pas »

Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, est plus mesuré sur le retour de l’état d’urgence : « On peut toujours réfléchir et s’il y a des mesures à prendre, prenons-les. Ma ligne est que l’on a déjà des arsenaux législatifs et sécuritaires mais on ne les applique pas. Il faut déjà appliquer les lois qui existent car on ne les applique pas toujours et partout. »

Lutte contre le terrorisme : « On a déjà des arsenaux législatifs et sécuritaires mais on ne les applique pas » selon Bruno Retailleau
00:23

 

Jean Bizet, sénateur (LR) de la Manche, souhaite quant à lui plus de sévérité mais estime que la rétention administrative pour tous les fichés S serait difficile à mettre en place : « La rétention administrative pour tous les fichés S, c’est techniquement,  et non juridiquement, extrêmement difficile. Je serai plutôt pour une sévérité accrue de la loi(…) Il faut accroître les peines pour les gens qui sont sur le territoire depuis longtemps mais aussi avec pour leur environnement. Nous sommes en état de guerre. »

Il conclut en estimant qu’Emmanuel Macron pourrait se montrer plus ferme après l’attentat de Trèbes : « Monsieur Macron, qui a le coup de menton facile sur certains sujets, pourrait l’avoir la aussi. Je ne le vois pas, je ne le sens pas, je ne le ressens pas. »

Jean Bizet : "La rétention administrative pour tous les fichés S est techniquement difficile à mettre place."
01:38

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Weekly session of questions to the government
3min

Politique

Après la nomination controversée d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : les sénateurs socialistes déposent un texte pour encadrer son mandat

Nommée par Emmanuel Macron à la tête de la Cour des comptes, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin qui va disposer d’un mandat irrévocable, pourrait rester rue de Cambon une trentaine d’années. C’est trop pour les sénateurs socialistes qui ont déposé une proposition de loi pour limiter son mandat.

Le

Sciences Po Lyon
5min

Politique

Mort de Quentin : vers la fin des réunions politiques dans les universités ?

Après la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque, le gouvernement a appelé les présidents d’universités à interdire les réunions politiques dans leurs établissements en cas de risque de trouble à l’ordre public. Un rappel du droit existant qui fait craindre une « neutralisation des campus ».

Le

État d’urgence : « une position constante chez les Républicains » selon Christian Jacob
4min

Politique

Mort de Quentin : « Un jeune perd la vie, quelles que soient ses idées politiques, c’est inacceptable » déclare le sénateur David Ros

La mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, deux jours après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon, a suscité une vive émotion et des réactions en cascade au sein de la classe politique. L’enquête pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit sans interpellation à ce stade. La question a notamment été évoquée lors des réunions hebdomadaires des groupes au Sénat.

Le

Elysee Palace : Emmanuel Macron welcomes European Council President Antonio Costa
3min

Politique

Les sénateurs communistes veulent réduire les pouvoirs du Président de la République

Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.

Le