Eugénie Eboué-Tell, sénatrice résistante, au chevet de l’Outre-mer
Héroïne de la Résistance, Eugénie Eboué-Tell, femme de Félix Eboué, s’engage pour l’avancée des droits en Outre-mer.

Eugénie Eboué-Tell, sénatrice résistante, au chevet de l’Outre-mer

Héroïne de la Résistance, Eugénie Eboué-Tell, femme de Félix Eboué, s’engage pour l’avancée des droits en Outre-mer.
Alexandre Poussart

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Eugénie Eboué-Tell (1891-1972) n’est pas seulement la femme de Félix Eboué, l’homme qui a fait du Tchad le premier territoire rallié à la France Libre du Général de Gaulle en 1940. Cette année-là, cette Guyanaise de 49 ans, décide de s’engager dans les Forces françaises libres féminines et sert comme infirmière à l’hôpital militaire de Brazzaville, au Congo, capitale de la France libre.

Elle est condamnée à mort par contumace par le gouvernement de Vichy pour avoir rejoint la Résistance. La victoire des Alliés change le cours de sa vie. Eugénie Eboué-Tell reçoit des dizaines de médailles pour son engagement dans la Résistance dont une Croix de Guerre et une Médaille de la Résistance.

Elle prône l’apaisement face aux insurrections anti-coloniales

En 1944, Eugénie Eboué-Tell s’engage en politique, dans les rangs socialistes. Un an plus tard, elle est élue maire de Grand-Bourg en Guadeloupe. Le 15 décembre 1946, elle entre au Conseil de la République, le Sénat de l’époque.

En 1947, Eugénie Eboué-Tell prône l’apaisement après l’insurrection des indépendantistes à Madagascar qui a conduit à des massacres de colons et à une forte répression de l’armée française.

La défense de l’Outre-mer

Fidèle au général de Gaulle, Eugénie Eboué-Tell bascule dans les rangs gaullistes du Conseil de la République à partir de 1948. Durant son mandat, elle se soucie de l’évolution des droits dans les nouveaux départements d’Outre-mer, anciennes colonies.

Elle intervient dans les débats sur l’extension de la Sécurité sociale en Outre-mer, sur la condition des fonctionnaires, et la fiscalité locale dans ces départements. En 1951, elle devient vice-présidente de la Commission de la France d’Outre-mer.

Deux ans plus tard, Eugénie Eboué-Tell quitte le Conseil de la République pour l’Assemblée de l’Union Française, institution qui rassemble la métropole, les départements d’Outre-mer et les colonies.

Eugénie Eboué-Tell termine sa carrière politique à la direction de l’Alliance internationale des Femmes, organisation féministe internationale. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Hossegor, histoires d’utopistes » de Guillaume Estivie
6min

Politique

Les « docus de l’été » : Hossegor, une cité balnéaire façonnée au fil des utopies

Voici 100 ans que l’histoire de la côte basque s’écrit, traversée par de multiples révolutions… culturelle, architecturale, ou encore sportive. Une communion entre les Hommes et la nature qui a permis à un petit quartier de la commune de Soorts de s’émanciper pour devenir la célèbre station balnéaire d’Hossegor, dans le département des Landes. Mais qui sont les écrivains qui décident de s’installer au bord du lac marin à l’aube du XXe siècle ? Quel héritage reste-t-il de ces amoureux de la côte basque ? "Hossegor, histoires d’utopistes", un documentaire de Guillaume Estivie à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Lecornu marché ok
11min

Politique

« Il veut être le dauphin d’Emmanuel Macron » : la stratégie de Sébastien Lecornu interroge de plus en plus dans le camp présidentiel, en vue de 2027

Entre le projet de loi agricole ou la fin de vie, les sujets de tensions entre le premier ministre et les députés Renaissance s’accumulent, avec le sentiment qu’il cherche plus à parler aux LR. Certains y voient une volonté de jouer sa carte et de préparer le terrain à une éventuelle candidature à la présidentielle, si personne « ne plie le match » dans le bloc central. « Tout peut se passer », selon le député proche du chef de l’Etat, Marc Ferracci, qui n’exclut pas que l’hypothèse Lecornu puisse prendre forme.

Le

ill_institution_assemblee_nationale_15
10min

Politique

Les pétitions, un nouvel outil de pression citoyenne sur le débat public ?

Du succès de la mobilisation contre la loi Duplomb au classement sans suite de la pétition sur la présomption de légitime défense des forces de l’ordre, les pétitions en ligne s’imposent comme un nouveau mode d’interpellation des élus. Sans portée juridique contraignante, elles peinent toutefois à infléchir le travail parlementaire. Leur succès révèle surtout l’aspiration croissante des citoyens à peser sur les décisions publiques entre deux élections, alors que les institutions peinent encore à leur ouvrir une véritable place.

Le