Europe: Edouard Philippe défend à Berlin les projets de Macron
Le Premier ministre Edouard Philippe a défendu vendredi à Berlin les réformes menées dans son pays et préparé le terrain aux prochaines...

Europe: Edouard Philippe défend à Berlin les projets de Macron

Le Premier ministre Edouard Philippe a défendu vendredi à Berlin les réformes menées dans son pays et préparé le terrain aux prochaines...
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Par Marc PRÉEL

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Le Premier ministre Edouard Philippe a défendu vendredi à Berlin les réformes menées dans son pays et préparé le terrain aux prochaines propositions européennes du président Macron, auxquelles Angela Merkel a réaffirmé son soutien de principe.

Pour sa première visite diplomatique importante depuis sa nomination à Matignon, le Premier ministre était reçu à déjeuner par la chancelière Angela Merkel, après un discours devant les milieux économiques allemands où il a assuré être à la tête d'un "gouvernement germanophile".

"Je suis assurément un partisan de l’Europe mais je suis avant tout un partisan de la relation franco-allemande. Devant vous se tient un Premier ministre qui dirige un gouvernement germanophile", a-t-il dit dans un discours entamé en allemand.

A neuf jours des élections du 24 septembre, une réélection de la chancelière Merkel semble acquise, mais les jeux sont loin d'être faits concernant la coalition gouvernementale qui fixera le cap de la politique allemande des prochaines années.

Or le visage de cette coalition est particulièrement guetté à Paris: comme il l'a annoncé à Athènes la semaine dernière, Emmanuel Macron attend le résultat des élections allemandes pour détailler son projet de "refondation" de l'Union européenne.

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre français Edouard Philippe, le 15 septembre 2017 à Berlin
​La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre français Edouard Philippe, le 15 septembre 2017 à Berlin
AFP

Selon une source gouvernementale, le chef de l'Etat français doit faire ses propositions le 26 septembre. Soit suffisamment tôt pour qu'elles puissent être prises en compte lors des négociations de formation du gouvernement allemand, qui pourraient durer jusqu'à la fin de l'année.

"Je crois que tout le monde a conscience en Europe que nous sommes dans un moment de bascule", a plaidé M. Philippe, interrogé sur les prochaines propositions françaises.

"Après les élections néerlandaises, le Brexit, il y a le sentiment que quelque chose est en train de se jouer. Et que nous avons au fond 12, ou peut être 18 mois, pour prendre des bonnes décisions", a-t-il dit.

Au programme du chef de l'Etat: Budget, ministre des Finances et Parlement de la zone euro ou encore listes transnationales aux élections européennes de 2019.

- Situations économiques disparates -

Dans une interview à paraître samedi dans les journaux du groupe de presse allemand Funke et dans Ouest-France, dont des extraits ont été diffusés vendredi, la chancelière allemande a réaffirmé son soutien de principe aux projets de réformes esquissés par le chef de l'Etat français, tout en restant prudente sur les détails.

"Je soutiens tous les efforts qui visent à convaincre le maximum de gens de l'idée de l'unification européenne car elle est d'une importance énorme pour notre avenir", a dit Angela Merkel.

"Si nous sommes honnêtes, nous avons certes une union monétaire mais encore des situations économiques très disparates entre pays", a ajouté la chancelière, "c'est pourquoi je trouve l'idée française d'une forte coordination de la politique économique très intéressante".

Sur le fond toutefois, des divergences persistent entre les visions des deux pays concernant le contenu de la fonction de ministre ou le financement du budget. Et Mme Merkel a réitéré son refus d'une mutualisation des dettes. "Sur ce point de principe, rien ne change", a dit la chancelière.

Au final, les propositions de M. Macron pourraient recevoir un accueil différent en fonction du paysage politique allemand.

Après quatre années de "grande coalition" des chrétiens-démocrates de Mme Merkel avec des sociaux-démocrates souvent favorables aux propositions françaises pour l'Europe, les libéraux du FDP pourraient devenir un futur allié de la chancelière au gouvernement.

Or le petit parti libéral rejette catégoriquement les propositions françaises de réforme de la zone euro, derrière lesquelles il voit poindre le risque de transfert de l'argent des contribuables allemands vers les autres pays.

Par ailleurs, Edouard Philippe s'est attelé vendredi à convaincre l'Allemagne de la volonté de mener les réformes à bien en France et de maîtriser les déficits.

"Nous allons faire en sorte qu'on puisse dire bientôt: +Heureux comme un entrepreneur allemand en France+", a-t-il dit.

Edouard Philippe, qui veut s'inspirer de l'Allemagne pour une réforme de l'apprentissage, se rendra également dans une école professionnelle.

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