Europe Election
FILE - Leader of the French far-right National Rally Marine Le Pen, left and lead candidate of the party for the upcoming European election Jordan Bardella during a political meeting on June 2, 2024 in Paris. It seemed like a throwaway line by European Commission President Ursula von der Leyen, yet it encapsulated what is at stake for many in this week's European Union parliamentary elections — What to do with the hard right? And should it be trusted? (AP Photo/Thomas Padilla)/ALP108/24156436071148/FILE /2406050605

Européennes 2024 : Jordan Bardella loin devant, avec 31,5 %, un record pour le RN

Le RN remporte l’élection européenne, en terminant largement en tête du scrutin, faisant plus du double du score de la majorité présidentielle. C’est même le record pour le parti d’extrême droite lors d’un scrutin national, hors second tour de la présidentielle. Pour Jordan Bardella et Marine Le Pen, ces résultats ouvrent la voie de 2027.
François Vignal

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C’est un record. Le Rassemblement national sort largement en tête des élections européennes en France, avec un score de 31,5 %, selon notre estimation Ipsos pour France Télévisions, Radio France, France 24/RFI, Public Sénat/LCP-AN. Les urnes n’ont pas fait mentir les sondages concernant le score de la liste menée par Jordan Bardella.

Le RN remporte non seulement le scrutin, mais il place aussi la liste de la majorité présidentielle loin derrière (15,2% pour Valérie Hayer), à plus de 16 points de retard, un lourd échec pour Emmanuel Macron. Le score du RN représente même plus du double de celui de la majorité…

Raillé par ses opposants pour ses selfies sur TikTok, sourire aux lèvres, il a su éviter plus ou moins habillement les pièges et les faux pas. Pointant ses lacunes ou son absentéisme au Parlement européen, les autres listes n’ont cependant pas réussi à le mettre réellement en difficulté, lors des nombreux débats, ni à freiner son ascension.

S’il s’agit d’une élection de mi-mandat, où les électeurs ont aussi voulu envoyer un message de mécontentement au pouvoir en place, le RN va chercher à donner une portée nationale à ce scrutin européen, et à faire de ce résultat la première marche vers la présidentielle 2027.

Meilleur score jamais réalisé par le parti d’extrême droite à une élection nationale

Le RN occupe souvent les premières places. Mais ce soir, un nouveau pallier est atteint. Avec ce score, la liste de Jordan Bardella bat tous les records du Rassemblement national. C’est tout simplement le meilleur score jamais réalisé par le parti d’extrême droite à une élection nationale (hors second tour de la présidentielle). C’est plus que lors des européennes de 2019 (23,34 %), de 2014 (24,86 %), de 2009 (6,34 %) et de 1999 (5,70 %).

C’est plus aussi que lors des premiers tours des présidentielles 2022, où Marine Le Pen avait obtenu 23,15 %, de 2017 (21,30 %), 2012 (17,90 %), 2007 (10,44 %), 2002 (16,86 %) et 1995 (15 %).

C’est plus encore que lors des législatives 2022 (17,30 %), 2017 (8,75 %), 2012 (13,60 %), 2007 (4,29 %), 2002 (15,70 %), 1997 (14,94 %), 1993 (12,48 %) ou 1988 (9,66 %).

Idem avec les élections régionales de 2021 (19,34 % sur l’ensemble du territoire), celle de 2015 (27,73 %), de 2010 (11,42 %) ou 2004 (14,70 %), et davantage que les scores des élections départementales 2021 (17,89 % en moyenne), de 2015 (25,24 %), les cantonales de 2008 (4,85 %) ou celles de 2001 (6,94 %).

Un bon score aux européennes n’est pas forcément synonyme de succès à la présidentielle

Les élections européennes ne sont cependant pas, en général, prescriptrices de ce qu’il se passe ensuite. Autrement dit, un bon score aux européennes n’est pas forcément synonyme de succès à la présidentielle, où la mobilisation et les rapports de forces sont différents. Mais pour l’extrême droite dans son ensemble (Marion Maréchal réalise 5,5 %, soit près de 40 % pour l’extrême droite), ces résultats montrent cependant que ce courant est aujourd’hui profondément installé dans le pays, permettant de susciter tous les espoirs pour le RN.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. 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