Européennes 2024 : largement en tête des sondages, Jordan Bardella appelle déjà Emmanuel Macron à « prendre acte » des résultats

En cas de victoire le 9 juin prochain, Jordan Bardella, tête de liste RN pour les européennes, appelle Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale. Invité de Public Sénat, le président du RN estime que la majorité, à la peine dans les sondages, fait les frais de son bilan européen.
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À douze jours de l’élection européenne, plus rien ne semble désormais enrayer l’avance considérable prise par le Rassemblement national, au-dessus des 30 % dans les différentes enquêtes d’opinions, bien loin du camp présidentiel qui se maintient autour des 15 %. Invité ce mercredi de la matinale de Public Sénat, Jordan Bardella, la tête de liste du RN, se félicite de cette percée et assume désormais de vouloir faire du scrutin européen un plébiscite « pour » ou « contre » Macron.

« Si notre liste arrive en tête, alors que le parti au pouvoir fait 15 %, en tout cas dans les intentions de vote, ce sera un désaveu pour Emmanuel Macron qui n’a pas de majorité », estime Jordan Bardella. « Et moi, si j’arrive en tête le 9 juin prochain, je demanderai naturellement la dissolution de l’Assemblée nationale », martèle le président du RN, qui appelle déjà le chef de l’Etat à « prendre acte » de ce scrutin.

« Il y a des inquiétudes majeures sur lesquelles il n’apporte pas de réponses »

« Nous sommes à quelques jours des élections européennes, le Rassemblement national est donné à 34 % d’intentions de vote dans un dernier sondage, c’est-à-dire à un niveau historique. Et donc, j’appelle évidemment les Français à se mobiliser pour rendre ces intentions de vote possibles », lance l’eurodéputé. « Emmanuel Macron ne se remet pas en question sur les raisons pour lesquelles, aujourd’hui, sa candidate est donnée à 15 %, et le premier parti d’opposition à 34 % », relève-t-il.

« Il y a des inquiétudes majeures sur lesquelles il n’apporte pas de réponses », estime Jordan Bardella. « La baisse du pouvoir d’achat avec l’augmentation des factures d’énergie de 45 % depuis deux ans, la submersion migratoire aujourd’hui à des niveaux records, l’insécurité qui n’épargne plus aucun territoire en France, c’est aussi le bilan de l’Europe de Macron », énumère ce proche de Marine Le Pen. « À un moment donné, il faut être capable de faire son autocritique. Et moi j’appelle, évidemment, à la sanction la plus lourde possible contre Emmanuel Macron le 9 juin. »

« Le 9 juin, c’est la seule élection nationale du quinquennat. Je veux bien qu’on parle d’une élection européenne, mais nous sommes des députés français au Parlement européen. Lorsqu’on se bat contre le marché européen de l’électricité et ses règles de tarification, ça a des conséquences concrètes sur la facture des Français », développe la tête de liste du RN. « Lorsque le Parlement européen a mis aux voix le pacte migratoire voulu par Emmanuel Macron et Madame von der Leyen, qui va accélérer la répartition obligatoire des migrants qui rentrent dans les pays de l’Union européenne, dans les communes, dans les villes et dans les villages français, ça a des conséquences françaises. Donc, on est dans une élection nationale et européenne », soutient-il.

Alors qu’Emmanuel Macron, de plus en plus investi dans la campagne des européennes, s’est dit prêt à débattre avec Marine Le Pen, celle-ci a fait savoir sur X qu’elle accepterait l’invitation à la condition que le président « mette sur la table sa démission ou la dissolution de l’Assemblée nationale » en cas d’échec aux européennes.

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