Européennes 2024 : « M. Mélenchon n’aime pas l’Europe, il n’aime que lui-même », tacle Patrick Kanner

Le chef de file des sénateurs socialistes se montre plein d’optimisme quant à la capacité de Raphaël Glucksmann à réaliser une belle campagne des élections européennes, et sort les griffes pour défendre son candidat face aux attaques venues du camp insoumis
Hugo Ruaud

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Patrick Kanner croit en Raphaël Glucksmann. Suffisamment en tout cas pour espérer que le député européen mène sa liste à la troisième place du scrutin en juin prochain, derrière le Rassemblement national et la majorité présidentielle. “J’espère que nous ferons un score à deux chiffres”, affirme le sénateur socialiste, qui scrute les sondages de près. Ces derniers “montrent qu’il est sur la troisième marche du podium”, se satisfait l’ancien ministre de François Hollande, tout en se montrant prudent : « les sondages, on peut commencer haut et finir bas”, note-t-il, en référence à la mésaventure d’Anne Hidalgo qu’il avait soutenue lors de la dernière élection présidentielle – la maire de Paris avait terminé la course sous les 2%. 

Récupérer les électeurs macronistes

 

Mais Patrick Kanner ne prédit pas la même trajectoire à Raphaël Glucksmann lors du scrutin des Européennes. « C’est une personnalité social-démocrate », note le chef de file des sénateurs socialistes, convaincus que le positionnement équilibré de celui qui portait déjà la candidature socialiste en 2019 permettra de creuser un sillon. « C’est un bon candidat, qui porte une bonne liste et avec un bon programme pour les Européennes », assure Patrick Kanner. Pour progresser, l’une des principales poches de croissance électorale du candidat se trouve chez les déçus du macronisme. S’il parvient à attirer les anciens sympathisants de gauche ayant quitté le giron socialiste lors de l’éclosion d’Emmanuel Macron, Raphaël Glucksmann pourrait se détacher définitivement du reste des listes de gauche, voire inquiéter la liste de la majorité présidentielle, pour l’instant toujours 10 points devant dans les sondages. L’idée est que « tous ceux qui ont pu être trompés, déçus, voire écœurés par les prises de position récentes et la ligne de droite très libérale du gouvernement puissent revenir vers leurs fondamentaux », explique Patrick Kanner, qui exhorte cet électorat à « revenir vers la social-démocratie ».

« Mélenchon ne durera pas tout le temps »

 

Mais la social-démocratie, par son positionnement central à gauche, s’expose aux foudres des Insoumis, à commencer par celles de Jean-Luc Mélenchon. Car les élections européennes sont l’occasion pour ces deux courants de la gauche de se disputer le leadership. Géopolitique européenne, situation à Gaza, libre-échange, les clivages se multiplient entre la liste menée par Manon Aubry et celle de Raphaël Glucksmann. Au meeting de lancement de la campagne insoumise, samedi à Villepinte, Jean-Luc Mélenchon a souhaité que les « Français de gauche punissent » les politiques de gauche autre que la France insoumise. Une attitude qui exaspère Patrick Kanner : « Monsieur Mélenchon pense qu’il est l’alpha et l’omega de la gauche, qu’autour du grand chêne qu’il est, rien ne doit pousser. C’est son avis, mais Monsieur Mélenchon ne durera pas tout le temps ». Et l’ancien Ministre de décrypter ce qui fait selon lui l’essence de la tactique du leader insoumis : « enjamber l’élection européenne ». « Tout le monde sait que le score de Manon Aubry sera médiocre par rapport aux ambitions nationales de LFI », explique le sénateur, raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon ne souhaiterait pas combattre, mais seulement taper sur ses adversaires. Pourtant, regrette Patrick Kanner, « l’Europe est indispensable. Les Européennes sont un enjeu majeur quand on voit la crise en Ukraine ou le problème des accords internationaux ». » M. Mélenchon n’aime pas l’Europe. Il n’aime pas les socialistes, il n’aime que lui-même, et considère qu’il faut enjamber ce mauvais score potentiel pour se préparer pour 2027», conclut le sénateur.

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