Européennes 2024 : « Si les LR sont en dessous de 8%, comment envisager 2027 ? » demande Roger Karoutchi

Si la liste LR de François-Xavier Bellamy finit en dessous de 10 %, dimanche, lors des européennes, « c’est évident qu’il y aura des conséquences politiques », prévient le sénateur LR des Hauts-de-Seine. Face à la rumeur de coalition avec la majorité, il pense qu’« Emmanuel Macron ne voudra pas mettre à Matignon quelqu’un de la puissance de feu de Gérard Larcher ».
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Dernière ligne droite avant le scrutin des européennes, dimanche 9 juin. Depuis le début de la campagne, la liste LR menée par François-Xavier Bellamy ne décolle pas, restant autour de 7 % dans les sondages.

« Je félicite François-Xavier Bellamy, car il a fait une campagne formidable. Tout le monde me dit que c’est le meilleur, celui qui a le plus de fond, de projet, le plus d’élégance. Malheureusement, ça ne se traduit pas dans les sondages », constate le sénateur LR Roger Karoutchi, interrogé au micro de Public Sénat en marge des questions d’actualité au gouvernement, ce mercredi.

Faudra-t-il une recomposition à droite, si les LR finissent sous les 10 % ? « Attendons le vote, mais si nous sommes en dessous de 8 %, c’est évident qu’il y aura des conséquences politiques et qu’il faudra que tout le monde, nous les premiers, en tirent les conclusions. Car si nous sommes en dessous de 8 %, comment envisager 2027 ? », demande l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy. Ce ne sera pas la fin des LR, mais « il y aura forcément des mutations, des transformations profondes à accomplir », prévient le sénateur des Hauts-de-Seine.

« Il y a une intrusion massive de l’exécutif dans cette campagne »

Alors que Gabriel Attal multiplie les interventions en fin de campagne et qu’Emmanuel Macron est l’invité des 20 heures de TF1 et France 2, jeudi, en marge des 80 ans du Débarquement, Roger Karoutchi dénonce la situation.

« Il y a une intrusion massive de l’exécutif dans cette campagne. Je ne dis pas que ça ne s’est pas produit dans le passé. Mais c’était de manière légère, nuancée et souvent à la marge. Là, c’est central », pointe le sénateur LR. Dans ces conditions, « cela veut dire que le score de dimanche soir sera attribué » au chef de l’Etat, s’il s’engage. Si Valérie Hayer est à « 14-15 % » et « Jordan Bardella au-delà de 30 %, c’est un désaveu cinglant pour la majorité présidentielle », anticipe le sénateur LR.

« Emmanuel Macron ne voudra pas mettre à Matignon quelqu’un de la puissance de feu de Gérard Larcher »

« Après, le Président a le choix. Soit il dissout », « le geste démocratique le plus fort », imagine-t-il. « Soit il cherche une autre solution politique. Mais on n’arrête pas de nous demander, à nous LR, est-ce que vous accepteriez une coalition ? Mais le Président n’a jamais demandé une coalition et n’en a jamais voulu. Il parle simplement de l’élargissement de la majorité présidentielle. Donc il veut rester le patron, sur son projet. Donc circulez, il n’y a rien à voir », pour Roger Karoutchi.

Face aux rumeurs, Gérard Larcher a dit mardi devant les sénateurs LR qu’il ne serait pas le premier ministre d’Emmanuel Macron. A-t-il eu raison de le dire ? « Il est surtout réaliste. Emmanuel Macron ne voudra pas mettre à Matignon quelqu’un de la puissance de feu, si je puis dire, ou de l’ampleur, de Gérard Larcher, président du Sénat », lance Roger Karoutchi, qui pense que « s’il veut continuer à être le patron absolu, il mettra à Matignon, s’il change de premier ministre, une personne qui obéira strictement à ce qu’il souhaite ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Européennes 2024 : « Si les LR sont en dessous de 8%, comment envisager 2027 ? » demande Roger Karoutchi
5min

Politique

Après les violences urbaines et les pillages du 17 octobre, « le président de la République n'a apporté aucune solution, aucun cap », déplore Hervé Marseille

Au micro de Public Sénat, le président du groupe centriste au Sénat, constate avec sévérité l’impuissance et l’inertie du gouvernement face aux violences du week-end. S’il réfute toute volonté de pourrissement du mouvement de la part de l’exécutif, il estime cependant que les revendications portées depuis plus d’un mois par les lycéens ont été laissées « en jachère », dans un contexte social d’autant plus tendu que les crises s’enchaînent.

Le

Sebastion Lecornu press conference in Merignac
5min

Politique

 « Défaut de renseignement », « sous-estimation » de la colère sociale, « stratégie de pourrissement » : le gouvernement a-t-il failli samedi dernier ?  

Face aux pillages et dégradations lors des manifestations de ce samedi 17 octobre, le gouvernement est vivement critiqué pour sa doctrine de maintien de l’ordre. Alors que circulaient depuis plus d’un mois des appels à manifester ce samedi 17 octobre et que les lycéens et étudiants sont dans la rue depuis trois semaines, le gouvernement semble avoir sous-estimé la colère et les débordements possibles ce samedi.

Le

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le