Europeennes 2024 Depouillement des votes.
A Saint Ouen de Mimbre 700 inscrits le bureau de vote ferme a 18H.Le depouillement et le comptage des bulletins commence avant l affichage des resultats des Ã'lections Europeennes. Saint Ouen de Mimbre le 09/06/2024.//SICCOLIPATRICK_siccoli2263/Credit:SICCOLI PATRICK/SIPA/2406091901

Européennes 2024 : Tout savoir sur la sociologie électorale du scrutin

L’institut Ipsos publie une sociologie électorale des résultats de l’élection européenne de 2024. Si ceux qui votent sont à une large majorité les plus de 70 ans, les 25-34 ans sont ceux qui s’abstiennent le plus.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Après les résultats de l’élection européenne ce dimanche 9 juin 2024, qui à voté quoi ? L’institut de sondage Ipsos, avec France Télévision, Radio France, France 24/RFI, Public Sénat, a interrogé du 6 au 7 juin, un échantillon de 8 923 personnes inscrites sur les listes électorales et représentatives de la population française âgée de plus de 18 ans et plus. Ainsi, on apprend que parmi les personnes qui ont déclaré avoir voté pour la liste Les Républicains de François-Xavier Bellamy en 2019, 26 % ont voté pour celle du Rassemblement National. Ceux qui avaient choisi Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France en 2019 sont 48 % à avoir glissé un bulletin Jordan Bardella et 25 % un bulletin Marion Maréchal à la tête de la liste Reconquête. Avec 31,5 % des suffrages, la liste de Jordan Bardella a pu compter sur le soutien de ses sympathisants. 96 % des personnes qui se disent proches du RN ont voté pour la liste du président de la formation d’extrême-droite. Seules 2 % ont choisi la liste Reconquête.

 Du côté de la majorité présidentielle, 80 % de ceux qui se disent sympathisants de Renaissance, Modem ou Horizons ont voté pour la liste de Valérie Hayer , arrivée à la deuxième place avec 14,5 % des suffrages. Parmi eux, 6 % ont tout de même préféré la liste Parti Socialiste/ Place Publique de Raphaël Glucksmann et 4 % à celle des Républicains. A gauche, si l’on prend la totalité des sympathisants La France Insoumise, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Les Écologistes, 39 % ont voté Raphaël Glucksmann, 28 % ont choisi Manon Aubry (LFI), 14 % Marie Toussaint (Les Écologistes) et 7 % pour Léon Deffontaines (PCF).

Le Rassemblement National capitalise sur toutes les catégories socioprofessionnelles

Si l’on s’intéresse à la catégorie socioprofessionnelle des électeurs, Le Rassemblement National a séduit 54 % des ouvriers, 40 % des employés et 36 % des retraités CSP- qui se sont déplacés pour voter. De son côté, la liste de la majorité présidentielle de Valérie Hayer a recueilli le soutien de 25 % des retraités CSP + et de 15 % des cadres. En ce qui concerne les cadres, c’est plus que pour la liste de Raphaël Glucksmann et celle de Jordan Bardella qui ont chacun eu les voix de 20 % de cette catégorie socioprofessionnelle.

L’enquête menée par Ipsos s’intéresse également au milieu social autodéclaré par les répondants. 51 % de ceux qui se perçoivent comme « défavorisés » et qui se sont déplacés aux urnes dimanche ont glissé un bulletin Jordan Bardella (RN). Parmi eux, 17 % ont choisi la liste des insoumis de Manon Aubry. Pour les personnes se déclarant comme issues de « catégories populaires », 38 % ont choisi le RN, 14 % Parti Socialiste/Place Publique et 11 % La France Insoumise. De l’autre côté du spectre, parmi les personnes se considérant de « milieux aisés ou privilégiés », 26 % ont choisi Valérie Hayer, 19 % Jordan Bardella et 16 % Raphaël Glucksmann.

L’appréciation de l’action d’Emmanuel Macron a pesé dans les votes

Les personnes sondées par l’institut Ipsos ont aussi répondu à une question sur « le sentiment d’appartenance à une France » : « en colère et très contestataire », « mécontente mais pas forcément en colère », « satisfaite et apaisée ». Ainsi, 47 % de ceux qui se reconnaissent dans une « France en colère et très contestataire » ont choisi le Rassemblement National. 14 % d’entre eux ont préféré Manon Aubry et la liste La France Insoumise. Si l’on regarde les résultats pour les sondés se sentant appartenir à « une France mécontente mais pas forcément en colère », trois candidats se détachent : 23 % ont choisi Jordan Bardella, 19 % ont voté Valérie Hayer et 19 % ont favorisé Raphaël Glucksmann. Pour les personnes qui se sentent appartenir à « une France satisfaite et apaisée », le résultat est sans appel : 61 % ont voté pour la liste de la majorité présidentielle de Valérie Hayer.

En conséquence des résultats électoraux de ce soir, Emmanuel Macron a annoncé dissoudre l’Assemblée nationale dans une allocution télévisée. « Je ne saurais faire comme si de rien », a justifié le chef de l’Etat. En effet, si l’on en croit les résultats de l’enquête d’Ipsos, 40 % des personnes qui n’apprécient pas l’action du président de la République ont voté pour le Rassemblement National arrivé en tête. 14 % d’entre eux ont aussi voté Raphaël Glucksmann (PS/PL) arrivé troisième avec 14 % des voix, 11 % d’entre eux ont préféré voter pour Manon Aubry (LFI) qui finit elle avec 10,1% des scrutins.

Abstention plus importante chez les 25-34 ans

Même si l’abstention a reculé pour atteindre 48,6 % des personnes inscrites sur les listes électorales, elle demeure importante. Si l’on s’intéresse à leur profil, 60 % des 18-24 ans ne se sont pas déplacés. Chez les 25-34 ans, ils sont 66 % à avoir boudé les urnes. La tendance s’inverse passé 35 ans. Ceux qui ont le plus participé se situent dans la tranche 70 ans et plus. 71 % d’entre eux sont allés voter.

 

Méthodologie : 

Echantillon : 8 923 personnes inscrites sur les listes électorales constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Dates de terrain : Du 6 au 7 juin 2024

Méthodologie : Échantillon interrogé par Internet via l’Access Panel Online d’Ipsos. Méthode des quotas : Sexe, âge, catégorie socio-professionnelle du répondant, région et catégorie d’agglomération.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le

Several batches of infant formula sold in France and internationally have recently been recalled due to the potential presence of cereulide, a toxin produced by certain bacteria.
6min

Politique

Laits infantiles contaminés : « On est dans une situation qui est pire que le scandale Lactalis »

L’affaire des laits infantiles contaminés et rappelés ces dernières semaines va-t-elle tourner scandale sanitaire ? Plusieurs actions en justice ont été engagées contre les industriels et l’Etat. Pour Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants, la situation est bien plus préoccupante que le scandale sanitaire Lactalis fin 2017.

Le