Européennes: au PS, une stratégie de l’effacement critiquée
Disparaître pour mieux renaître, ou simplement... survivre ? Le plaidoyer du patron du PS Olivier Faure pour une union de la...

Européennes: au PS, une stratégie de l’effacement critiquée

Disparaître pour mieux renaître, ou simplement... survivre ? Le plaidoyer du patron du PS Olivier Faure pour une union de la...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

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Disparaître pour mieux renaître, ou simplement... survivre ? Le plaidoyer du patron du PS Olivier Faure pour une union de la gauche, quitte à renoncer à une liste socialiste aux européennes, ne fait pas l'unanimité au sein d'un parti plongé dans une profonde crise existentielle.

Fait inédit depuis la naissance de ce scrutin en 1979: il pourrait ne pas y avoir de liste PS le 26 mai. Depuis plusieurs semaines, le Parti socialiste, en déroute dans les sondages, a fait sienne la démarche de Place publique, le mouvement lancé par Raphaël Glucksmann, qui tente de rapprocher les chapelles de la gauche non-mélenchoniste (PS, Générations, EELV, PCF). Dans cette union, "nous ne revendiquons pas forcément la première place", avait dit M. Faure le 18 janvier.

Dans un tweet, le chef de file des Insoumis et ancien socialiste Jean-Luc Mélenchon a pris mardi la mesure de l'événement: "en se plaçant sous l'autorité de Place publique, le PS admet qu'il ne sera plus central. Bon vent au nouveau centre-gauche".

"Cela paraît fou qu'un parti centenaire puisse s'effacer comme ça", note un ancien socialiste, proche de M. Mélenchon.

Au sein des socialistes, la position de la direction ne fait pas consensus. "Pour ne pas disparaître, le PS devrait s'effacer ? Ce n'est pas mon idée. Ne pas avoir la tête de liste serait un problème", a affirmé l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll au JDD.

Même incompréhension chez l'ancienne secrétaire d'Etat Ségolène Neuville, une de ses proches. "On a l'impression qu'on se perd dans une stratégie d'alliances au lieu de porter un projet. Il faut que Faure soit candidat. Un parti existe parce qu'il porte des idées", a-t-elle dénoncé samedi, en marge d'une réunion des premiers secrétaires de section du PS, au cours de laquelle M. Faure a répété vouloir aller "au bout de la recherche de l'union".

- "Quatre nains" -

Historien et militant du PS, Alain Bergounioux n'est pas non plus convaincu. "Du point de vue de la gauche non-mélenchoniste c'est sans doute ce qu'il faut faire. Du point de vue du PS peut-être pas. Il y a un électorat socialiste qui demeure, entre 5 et 10% du corps électoral. (...) Je ne suis pas persuadé qu'il soit pertinent de vouloir s'effacer dans un conglomérat qui risque d'achever de désorienter ces socialistes identitaires", a-t-il affirmé à l'AFP.

Pour Olivier Faure, l'enjeu est bien la gauche et non le PS. "Le risque n'est pas celui de la disparition du PS, mais de voir la gauche et les écologistes marginalisés et réduits à jouer les seconds rôles", a-t-il dramatisé dans "Le Monde" samedi.

Le premier secrétaire rappelle aussi qu'au Congrès d'Epinay en 1971, le "PS s'est reconstruit en se mêlant à d'autres. Celui qui en a pris la tête (François Mitterrand, ndlr) n'était même pas au PS!".

Le Parti socialiste a-t-il seulement le choix ? Pas vraiment, à en croire le sondeur Jérôme Fourquet (Ifop): "On fait souvent la stratégie de ses moyens. Dans les sondages, le PS est crédité de 4 à 6%, derrière EELV. Le risque pour le PS, c'est qu'après la Bérézina de la présidentielle et des législatives, il y ait un nouveau tsunami parce qu'il serait relégué tout en bas du classement".

"Ce serait très délétère et périlleux, collectivement et pour Faure qui porterait la responsabilité de ce nouvel accident industriel. Il fait flèche de tout bois pour essayer d'agréger autour du PS et diluer sa responsabilité dans un éventuel accident. Le PS a acté qu'il ne pèse plus suffisamment pour être central", décrypte-t-il.

Une humilité partagée par nombre de cadres du parti, alors que le seuil pour envoyer des eurodéputés à Strasbourg est fixé à 5% des voix. "La seule solution c'est l'union. On peut être quatre nains au départ, quatre nains à l'arrivée (...) C'est un choix réaliste, responsable", a estimé samedi auprès de l'AFP Violaine Gillet, secrétaire de section en Saône-et-Loire.

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