Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan présente jeudi sa liste pour les élections européennes, misant sur une figure des "gilets jaunes" et une...
Européennes: Dupont-Aignan mise sur les « gilets jaunes » pour reprendre des couleurs
Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan présente jeudi sa liste pour les élections européennes, misant sur une figure des "gilets jaunes" et une...
Par Anne RENAUT
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Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan présente jeudi sa liste pour les élections européennes, misant sur une figure des "gilets jaunes" et une recrue de LR pour reprendre des couleurs et sortir d'un trou d'air dans les sondages qui suscite des frictions entre candidats.
Le président de Debout la France a reporté de quatre jours l'annonce des 20 premiers candidats de sa liste, créditée de 4,5% à 5% d'intentions de vote (voire 3% selon Elabe mercredi), au lieu de 8% fin 2018.
Cette baisse dans les sondages réduit d'autant le nombre de places éligibles et attise les convoitises de ses soutiens, notamment les petits partis eurosceptiques PCD (Parti chrétien-démocrate) et CNIP (Centre national des indépendants et paysans), bousculés par l'arrivée du "gilet jaune" Benjamin Cauchy, qui a dit qu'il ne venait "pas colorer une liste mais véritablement défendre des convictions".
La lanceuse d'alerte Stéphanie Gibaud, ancienne cadre d'UBS qui a contribué à la mise au jour d'une fraude fiscale touchant le géant bancaire suisse, est assurée d'occuper la deuxième place, mais elle n'était pas la première hypothèse.
La prise de guerre devait être initialement l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Jeannette Bougrab, qui a finalement dit en janvier qu'elle n'avait "pas l'intention (de) revenir" en politique.
M. Dupont-Aignan a dû ensuite renoncer à la très libérale Emmanuelle Gave, après des tweets à caractère raciste de cette dernière, une "perte" selon le PCD. Son père, le financier Charles Gave, pourtant prêt à apporter près de 2 millions d'euros à la campagne, ne figurera pas non plus sur la liste.
- Recrue LR -
La troisième marche du podium doit revenir à un fidèle lieutenant, Jean-Philippe Tanguy. Ce super diplômé originaire des Hauts-de-France est responsable des fédérations de DLF.
Alors que la liste de M. Dupont-Aignan a perdu 3 points dans les sondages quand les Républicains en gagnaient autant, le président de DLF pourrait miser, à la quatrième place, sur une recrue de LR, l'ex-députée de la Moselle Marie-Jo Zimmermann.
Celle-ci a quitté LR début mars en mettant en cause "les options concernant les femmes" de François-Xavier Bellamy, tête de liste de ce parti, comme son hostilité à l'avortement.
Reste donc à savoir si la cinquième place reviendra au "gilet jaune" Benjamin Cauchy ou au président du PCD, Jean-Frédéric Poisson. PCD et CNIP toussent à l'idée de ne pas obtenir une position éligible alors qu'ils ont été les premiers soutiens de DLF dans la coalition des "Amoureux de la France" qui a fait naître cette liste.
M. Poisson argue d'un accord passé le 18 mars avec M. Dupont-Aignan et plaide pour "le rassemblement, seule mécanique qui vaille" pour remonter la pente, alors que la venue d'un "gilet jaune" est "à double tranchant", selon l'ancien député: "ça montre notre capacité à entendre les préoccupations des Français. Mais ça peut aussi provoquer des réserves chez nos électeurs commerçants", frappés par les violences de certaines manifestations.
Bruno North, président du CNIP, a lui fait savoir qu'il "espérait mieux" que la 9e place en raison de son "réseau d'élus".
- "Complètement synchro" -
Approché notamment par LR et le RN, ancien militant du RPR (devenu UMP) de 1997 à 2008, Benjamin Cauchy a finalement jeté son dévolu sur le président de DLF avec qui il assure être "complètement synchro". A défaut d'une place éligible, il sera porte-parole de la campagne avec Damien Lempereur, a promis M. Dupont-Aignan.
Benjamin Cauchy en compagnie d'un "gilet jaune" à Toulouse le 21 novembre 2018
AFP/Archives
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