Européennes: entre LFI et EELV, duel pour la première place de la gauche écologiste
La France insoumise et EELV, au coude-à-coude depuis plusieurs mois dans les sondages, se livrent une âpre bataille pour capter le vote...

Européennes: entre LFI et EELV, duel pour la première place de la gauche écologiste

La France insoumise et EELV, au coude-à-coude depuis plusieurs mois dans les sondages, se livrent une âpre bataille pour capter le vote...
Public Sénat

Par Baptiste BECQUART

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La France insoumise et EELV, au coude-à-coude depuis plusieurs mois dans les sondages, se livrent une âpre bataille pour capter le vote écologiste et arriver en tête de toutes les formations de gauche au soir des élections européennes.

LFI se retrouve à disputer un match pour la quatrième place derrière LREM, le RN et LR, alors que Jean-Luc Mélenchon avait frôlé le podium avec 19,58% des voix à la présidentielle de 2017; EELV avait fixé son objectif initial à 15% parce que le scrutin du 26 mai, à la proportionnelle à un tour, portant sur l'Europe, devait a priori lui être favorable.

Mais les sondages prédisent un affrontement, les courbes des deux formations oscillant entre 7 et 10% des intentions de vote.

Les deux camps s'affrontent sur le terrain écologique, mais pas seulement. Du côté insoumis, les attaques se concentrent sur Yannick Jadot, accusé de promouvoir une "écologie de marché" et un "capitalisme vert" jugés compatibles avec le libéralisme d'Emmanuel Macron.

M. Jadot "a su profiter des circonstances pour faire des déclarations stupéfiantes qui sentaient fort la sympathie pour les causes macronistes", juge M. Mélenchon sur un billet de blog lundi intitulé "Nouvel épisode de droitisation en vue au PS et à EELV". Il cite par exemple le "rapprochement entre le statut de la fonction publique vers celui des travailleurs du privé" demandé dimanche par le chef de file d'EELV.

Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry, tête de liste LFI aux Européennes, lors d'un meeting à Marseille, le 11 mai 2019
Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry, tête de liste LFI aux Européennes, lors d'un meeting à Marseille, le 11 mai 2019
AFP

Celui-ci ne se prive pas non plus pour épingler M. Mélenchon, ignorant la tête de liste LFI Manon Aubry : "Jean-Luc Mélenchon n'est pas un rival. Lui et ses proches ont la culture de la brutalisation du débat politique. Ils veulent détruire l'Europe" en sortant des traités, a cinglé Yannick Jadot lundi.

Il est aussi très critique de la méthode de transition voulue par LFI, la "planification écologique", qui confine selon lui aux "sovkhozes" et à "l'étatisme centralisé".

Signe que l'heure est à la mobilisation générale des deux côtés, les réseaux sociaux sont le théâtre d'affrontements parfois brutaux des lieutenants. Des échanges plus réguliers qu'avec d'autres formations à gauche, comme PS/Place publique ou Générations, reléguées plus loin dans les sondages.

- "Grossir le trait" -

Ils se disputent en effet un électorat écolo indécis, plutôt jeune, relève auprès de l'AFP Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Pour preuve d'une certaine porosité, il souligne qu'actuellement 12 à 20% des électeurs de M. Mélenchon à la présidentielle disent vouloir voter pour EELV et 10% des électeurs de Benoît Hamon à cette même élection déclarent vouloir voter LFI.

EELV et Insoumis espèrent donc "marquer leur différence" mais leur proposition écologique n'est pas si différente, analyse pour l'AFP le politologue au CNRS Simon Persico, professeur à Sciences Po Grenoble. Si pour EELV davantage que pour LFI, "les citoyens sont capables de s'organiser pour faire vivre l'alternative hors de l'Etat", le parti n'a jamais été pour "le capitalisme vert, mais pour une écologie régulée, avec des obligations, des dépenses étatiques et une fiscalité importantes", explique le chercheur.

Pour Frédéric Dabi, la ligne de fracture se situe dans le rapport à l'Europe, les électeurs insoumis ayant bien plus voté pour le "Non" au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen que les électeurs d'EELV.

La confrontation directe est en tout cas moins aisée pour Yannick Jadot, qui doit observer un certain équilibre pour convaincre aussi des électeurs de gauche qui ont voté utile vers Emmanuel Macron en 2017, estime Simon Persico. Tandis que "Mélenchon, lui, n'a quasiment personne à sa gauche et a intérêt à grossir le trait en disant qu'EELV est de droite".

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