Emmanuel Macron a appelé mercredi à "la mobilisation générale" pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux Européennes, un scrutin...
Européennes: face au risque d’abstention, Macron appelle à la « mobilisation générale »
Emmanuel Macron a appelé mercredi à "la mobilisation générale" pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux Européennes, un scrutin...
Par Paul AUBRIAT
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Emmanuel Macron a appelé mercredi à "la mobilisation générale" pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux Européennes, un scrutin toujours indécis avant un ultime débat entre candidats jeudi.
Mercredi soir, une quinzaine de chefs de parti ou têtes de liste ont débattu, en deux temps sur France 2, pour tenter de réveiller une campagne qui a du mal à passionner les Français jusque-là.
BFMTV fermera le bal des débats jeudi soir en opposant onze têtes de liste.
Emmanuel Macron a lancé son appel de mobilisation au cours du Conseil des ministres parce que "l'impact" de ce scrutin sur "notre vie quotidienne, mais aussi sur l'avenir de la France à l'intérieur de l'Union européenne est évidemment décisif", selon la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.
Plusieurs sondages pronostiquaient ces dernières semaines une abstention pouvant atteindre des records dimanche. Mais une étude Elabe publiée mardi estime la participation au scrutin du 26 mai à 46% et une autre de BVA, publiée mercredi, entre 46% et 52%, soit un niveau supérieur à 2014 (42%).
La plupart des récentes enquêtes d'opinion donnent le RN en tête avec une avance de 0,5 à 2 points sur LREM, et toutes les autres listes loin derrière.
Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé jeudi, le RN (24,5%) devance LREM (23%) et la liste Les Républicains (14%). Loin derrière, La France insoumise pointe à 8,5%, Europe Ecologie Les Verts à 6,5% et la liste PS/Place publique est créditée de 6% (+0,5).
- L'UE "au bord de la disparition" -
De G à D: François Bayrou, Manon Aubry, Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen sur le plateur de l'Emission politique de France 2 à Saint-Cloud dans les Hauts-de-Seine, le 22 mai 2019
AFP
Dans le premier débat sur France 2 mercredi, les têtes de liste Raphaël Glucksmann (PS/Place publique), Yannick Jadot (EELV) et Manon Aubry (LFI) faisaient face aux chefs de partis François Bayrou (MoDem, pour la liste portée par LREM), Marine Le Pen (RN) et Laurent Wauquiez (LR).
A ces trois derniers, la candidate Insoumise a ironisé: "Vous n'aviez probablement pas confiance en (Nathalie Loiseau, Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy) pour qu'ils ne soient pas représentés sur ce plateau", alors que France 2 avait laissé le choix aux partis d'envoyer leur dirigeant ou tête de liste.
Entamés sur la question écologique puis sur la fiscalité, les échanges ont notamment été marqués par une joute entre MM. Bayrou et Wauquiez, le premier déplorant que "l'Union européenne (soit) au bord de la disparition", le second accusant Emmanuel Macron d'avoir "accompagné cette dislocation".
Le chef des Républicains s'est ensuite écharpé avec Mme Le Pen: à la finaliste malheureuse de la présidentielle de 2017, M. Wauquiez a demandé si elle était "dans ce tempérament (du débat, jugé raté) du second tour de la présidentielle". "Vous avez l'air assez agressive ce soir", lui a-t-il lancé.
"Vous savez quoi, M. Wauquiez ? J'espère qu'un jour, vous aurez la possibilité de faire un débat au second tour de la présidentielle", lui a répondu Mme Le Pen.
L'écologiste Yannick Jadot s'est alors exclamé que "franchement, (M. Wauquiez et Mme Le Pen) sont très bien ensemble".
Peu de temps après, ce sont Manon Aubry et Raphaël Glucksmann qui se sont opposés sur l'opportunité de sortir des traités pour mettre en place une TVA à 0% sur les produits de première nécessité, mesure à laquelle ils sont tous deux favorables.
- S'il perd, Macron "devra s'en aller" -
"Il y a une directive qui empêche de faire un taux de TVA à moins de 5%, et on touche du doigt l'impossibilité en matière fiscale de faire de l'harmonisation juste" en Europe, a considéré la candidate Insoumise, en appelant à "changer" les traités.
"Pas besoin de sortir des traités", a répliqué M. Glucksmann, puisque "dans le cadre de ces traités, on peut avoir une politique fiscale différente, on peut faire des coopérations renforcées, une fiscalité plus juste".
Le second plateau a réuni Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Francis Lalanne (liste "Alliance jaune"), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Dominique Bourg (Urgence Ecologie), Guillaume Balas (liste Générations de Benoît Hamon), Florian Philippot (Les Patriotes), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et François Asselineau (UPR).
M. Hamon, en difficulté dans les sondages, a prévenu mercredi qu'il "tirerait les leçons d'un deuxième échec majeur au suffrage universel", après celui de la présidentielle de 2017, s'il n'était pas élu dimanche.
La campagne est caractérisée depuis des semaines par un duel entre le RN et le camp présidentiel éclipsant les autres listes, ce dont elles se plaignent amèrement.
Le chef de l'État s'est engagé personnellement dans le débat en dramatisant l'enjeu. Le RN joue volontiers le jeu du duel. La tête de liste Jordan Bardella a ainsi répété mercredi que si son parti arrivait en tête, le chef de l'État "devra s'en aller".
Après la mort du militant nationaliste, Quentin Deranque, le gouvernement a appelé les présidents d’universités à interdire les réunions politiques dans leurs établissements en cas de risque de trouble à l’ordre public. Un rappel du droit existant qui fait craindre une « neutralisation des campus ».
La mort de Quentin Deranque, 23 ans, survenue samedi 14 février à Lyon, deux jours après une violente agression en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à l’Institut d’études politiques de Lyon, a suscité une vive émotion et des réactions en cascade au sein de la classe politique. L’enquête pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit sans interpellation à ce stade. La question a notamment été évoquée lors des réunions hebdomadaires des groupes au Sénat.
Mercredi 25 février, les communistes du Sénat défendront une proposition de loi constitutionnelle visant à « restreindre certaines prérogatives du Président de la République ». Il s’agit de retirer des prérogatives du chef de l’Etat et de les transférer au Premier ministre, comme le pouvoir de dissolution ou encore la présidence du Conseil des ministres.
Invité dans notre matinale, le ministre du Logement est revenu sur la mort de Quentin en marge d’une intervention de Rima Hassan à Sciences Po Lyon. L’ancien député LR pointe la responsabilité de LFI dans « l’hystérisation » du débat public et appelle la France Insoumise à « se soumettre » au respect du débat public et des règles de droit.