Européennes: Hulot, muet sur son vote, pointe des « divergences » avec Macron
L'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot a refusé vendredi de livrer son choix pour les européennes tout en reconnaissant...

Européennes: Hulot, muet sur son vote, pointe des « divergences » avec Macron

L'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot a refusé vendredi de livrer son choix pour les européennes tout en reconnaissant...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot a refusé vendredi de livrer son choix pour les européennes tout en reconnaissant des "divergences" avec Emmanuel Macron et en se disant favorable à la sortie des investissements écologiques de la règle des 3% de déficit.

"J'ai choisi" mais "je n'ai pas à me substituer aux consciences des gens", a expliqué M. Hulot sur BFMTV et RMC.

"A l'instant où je le dis, je divise et je réduis l'enjeu écologique à un enjeu partisan. Si demain on veut affronter le monde dans toutes ses difficultés on le fera en rassemblant", s'est-il justifié.

M. Hulot a cependant donné quelques indications sur son bulletin de dimanche. D'abord il ne votera pas "contre l'Europe". "Il faut avoir une grande exigence de l'Europe, il ne faut pas voir seulement ce que l'Europe ne nous a pas apporté", a-t-il dit, semblant a priori exclure La France insoumise, eurosceptique, alors qu'il avait voté pour Jean-Luc Mélenchon en 2012.

Autre critère: il faut avoir "une approche intégrale et systémique. L'écologie ce n'est pas une variable d'ajustement. C'est un changement de matrice". Alors que le président de la République "fait partie" de ceux qui "attendent (...) qu'une croissance exponentielle reparte", M. Hulot estime lui que "la croissance est un médicament qui tue".

"Tout le monde n'a pas forcément - et c'est là peut-être qu'il peut y avoir une divergence - compris que le libéralisme est incompatible avec les enjeux écologiques", a-t-il affirmé.

Autre "petite différence", "si on est vraiment en état d'urgence écologique, alors on s'affranchit de tous les dogmes et notamment des dogmes budgétaires", a-t-il estimé. Lui-même propose de sortir les investissements écologiques des critères de Maastricht, c'est-à-dire de la règle des 3% maximum de déficit budgétaire, "sinon on n'y arrivera pas".

Une proposition que l'on retrouve notamment dans les programmes de Yannick Jadot (EELV), Dominique Bourg (tête de liste de Urgence Ecologie, liste soutenue par Génération Ecologie), ou Raphaël Glucksmann (PS-Place publique).

M. Hulot, qui avait été candidat à la primaire EELV en 2011 pour la présidentielle, a reconnu une "forme de crédibilité" sur ces sujets des "écologistes politiques", sans en dire plus.

Proche de l'ancien ministre, le député Matthieu Orphelin (ex-LREM) avait affirmé dimanche ne pas pouvoir "décemment voter" pour la liste de la majorité aux élections européenne.

M. Hulot a annoncé sa démission du gouvernement en août 2018, ne s'estimant pas assez soutenu dans son action.

Interrogé sur l'arrêt du projet Montagne d'or, annoncé jeudi, M. Hulot a pris "acte avec satisfaction" de cette décision, soulignant que "c'était une telle incohérence que ça nous faisait perdre toute crédibilité".

Mais "attention, j'ai cru voir dans le Journal officiel qu'il y a eu une autorisation pour une autre exploitation de mine d'or, allons au bout de la cohérence", a-t-il mis en garde.

Selon un arrêté du ministère de l'Economie du 13 mai, "la durée de validité du permis d'exploitation" donné à la Compagnie minière de Boulanger sur la commune guyanaise de Saint-Laurent-du-Maroni est prolongée "jusqu'au 16 janvier 2023, sur une surface inchangée de 35,4 km2".

Partager cet article

Dans la même thématique

Européennes: Hulot, muet sur son vote, pointe des « divergences » avec Macron
3min

Politique

« Soit je quittais l’Afghanistan, soit j’étais morte » : le récit bouleversant de la fuite de cette para-athlète de son pays

Désormais, Zakia Khudadadi concourt sous les couleurs de la France. Un épilogue heureux pour cette championne de para-taekwondo qui a fui son pays en 2021 lors de la prise de pouvoir des talibans. Un récit émouvant, ainsi qu’un combat personnel mené aussi bien sur les tapis que dans la vie, qu’elle raconte au micro de Caroline Delage dans Sport etc… sur Public Sénat.

Le

Européennes: Hulot, muet sur son vote, pointe des « divergences » avec Macron
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le