Européennes 2024 : « Il faut qu’on continue, qu’on amplifie et qu’on garde cette flamme », plaide Raphaël Glucksmann

Invité par le groupe socialiste ce mardi 2 avril au Sénat, le candidat PS-Place Publique, Raphaël Glucksmann, est revenu sur son début de campagne réussi, marqué par une dynamique sondagière en hausse et des sorties médiatiques remarquées. Objectif du député européen sortant ? « Amplifier et garder cette flamme », comme il le raconte au micro de Public Sénat.
Alexis Graillot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Déjà candidat en 2019, élections pour lesquelles il avait obtenu un peu plus de 6% des suffrages, Raphaël Glucksmann semble pour l’instant confirmer. Le candidat est porté par une dynamique, crédité de 11% des intentions de vote lors du dernier sondage réalisé par BVA pour RTL, il s’impose maintenant assez nettement comme le troisième homme de ces élections, loin devant les autres listes de gauche, notamment insoumise (7%), écologiste (6%) et communiste (2.5%). Cependant, l’écart avec Jordan Bardella (RN) (30%) et Valérie Hayer (20%) reste très conséquent. Pas de quoi inquiéter la tête de liste PS-Place Publique, qui s’est présenté, à la sortie de la réunion du groupe socialiste, à notre micro.

 On tient le même discours et des gens qui avaient voté des choses très différentes auparavant peuvent s’y retrouver 

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place Publique aux élections européennes

« Pas de cible électorale »

A la sortie de la réunion, grand sourire aux lèvres, Raphaël Glucksmann a souligné l’« enthousiasme » des sénatrices et sénateurs socialistes, qu’il voit comme étant un « bon signe », puisque ces derniers « connaissent les territoires (…), font des remontées et (…) voient bien que ça prend ». Néanmoins, il reste prudent, estimant que « ce n’est qu’un début », la dynamique restant « fragile ». « Il faut qu’on continue, qu’on amplifie et qu’on garde cette flamme », s’est-il exclamé.

En outre, pas question pour l’eurodéputé sortant de renier ses convictions pour obtenir un meilleur score : « On dit ce qu’on pense », assure-t-il, ajoutant « ne pas avoir de cible électorale ». « On tient le même discours et des gens qui avaient voté des choses très différentes auparavant peuvent s’y retrouver », précise-t-il, analysant ces élections comme « fondamentales pour l’Europe », qui risque de « se retrouver seule face à la guerre sur son territoire ». Défenseur farouche de l’adhésion de l’Ukraine dans l’Union Européenne, la tête de liste s’en était en effet vertement pris à Thierry Mariani (RN), au cours du premier débat des élections européennes, diffusé sur Public Sénat, qualifiant ce dernier de « petit télégraphiste du Kremlin » et de « patriote de pacotille », en référence à ses positions ambiguës vis-à-vis de la Russie.

Socialistes unis derrière leur candidat

Si rien n’est sûr concernant le résultat des élections, à un peu plus de deux mois de la fin de la campagne, Raphaël Glucksmann aura néanmoins réussi un exploit malgré lui, celui d’unir son camp, alors que les divisions au sein du Parti Socialiste sont extrêmement vives depuis plusieurs années, encore davantage depuis la décision du premier secrétaire du parti et député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, de participer à l’alliance électorale de la NUPES. Dénonçant une « impasse politique », le chef de file des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, qui avait soutenu le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, opposant d’Olivier Faure au congrès socialiste, avait durement tancé ce dernier, l’accusant de « culte de la personnalité ».

« Je n’ai jamais été fâché avec Patrick Kanner », assure cependant de son côté, le patron des socialistes au micro de Public Sénat, saluant que « tout le monde a compris l’intérêt de travailler avec des gens qui sont parfois un peu différents, mais qui nous ont beaucoup apporté », reconnaissant un « débat vif parfois ». « Je me félicite de cette coopération, qui fonctionne à merveille depuis cinq ans », applaudit le député de Seine-et-Marne, rappelant le chemin parcouru depuis 2019, où le dialogue était « difficile ». Pour autant, pas question pour Olivier Faure de penser à 2027 : « L’enjeu, c’est (…) [qu’]il y ait une force qui puisse permettre d’orienter la politique européenne pour faire face aux grands enjeux devant nous », énumérant la guerre, le changement climatique et la redistribution des ressources … même s’il reconnaît que la gauche devra « trancher un certain nombre de sujets » avant l’élection présidentielle, notamment sur « les questions internationales et européennes ». Alors la trêve oui, mais la paix, pas encore.

Dans la même thématique

Turin – Marifiori Automotive Park 2003, Italy – 10 Apr 2024
6min

Politique

Au Sénat, la rémunération de 36,5 millions d’euros de Carlos Tavares fait grincer des dents. La gauche veut légiférer.

Les actionnaires de Stellantis ont validé mardi 16 avril une rémunération annuelle à hauteur de 36,5 millions d’euros pour le directeur général de l’entreprise Carlos Tavares. Si les sénateurs de tous bords s’émeuvent d’un montant démesuré, la gauche souhaite légiférer pour limiter les écarts de salaires dans l’entreprise.

Le

Operation Wuambushu a Mayotte : Demolition en cours d’un vaste bidonville – Operation Wuambushu in Mayotte: Ongoing demolition of a vast slum
8min

Politique

« Mayotte place nette » : « La première opération était de la communication et la deuxième sera de la communication », dénonce le sénateur Saïd Omar Oili

Le gouvernement a annoncé ce mardi 16 avril le lancement du dispositif « Mayotte place nette », un an après le maigre bilan de l’opération baptisée « Wuambushu ». Saïd Omar Oili, sénateur de Mayotte, regrette le manque de communication du gouvernement avec les élus du département et met en doute l’efficacité de ce « Wuambushu 2 ».

Le

Paris : Question time to the Prime Minister Gabriel Attal
6min

Politique

100 jours à Matignon : « La stratégie Attal n’a pas tenu toutes ses promesses », analyse Benjamin Morel

Le Premier ministre marquera jeudi le passage de ces cent premiers jours au poste de chef du gouvernement. Si Gabriel Attal devait donner un nouveau souffle au deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron, sa stratégie n’est néanmoins pas payante car il « veut en faire trop sans s’investir fortement sur un sujet », selon Benjamin Morel, maître de conférences en droit public.

Le

La sélection de la rédaction

Européennes 2024 : « Il faut qu’on continue, qu’on amplifie et qu’on garde cette flamme », plaide Raphaël Glucksmann
5min

Politique

Le groupe PS du Sénat tourne (pour le moment) la page des divisions

Les sénateurs PS n’ont finalement pas revoté sur leur ligne politique. C’était pourtant une proposition de leur président, Didier Guillaume, pour clore les tensions causées par ses félicitations à la nomination d’Olivier Dussopt au gouvernement. Le congrès du PS pourrait relancer le débat l’année prochaine.

Le

Européennes 2024 : « Il faut qu’on continue, qu’on amplifie et qu’on garde cette flamme », plaide Raphaël Glucksmann
5min

Politique

Tribune de soutien à Olivier Faure : « Le culte de la personnalité, ce n’est pas ma tradition », déplore Patrick Kanner (PS)

Invité de notre matinale, Patrick Kanner est revenu sur le Congrès du Parti Socialiste de janvier prochain à Marseille. Le président du groupe socialiste au Sénat plaide pour « une troisième voie » entre la direction actuelle et la motion concurrente du dernier Congrès de 2021, et regrette une tribune de soutien à Olivier Faure trop personnalisante.

Le

Pierre Jouvet
7min

Politique

Européennes : le PS veut « être le vote efficace à gauche pour contrer Jordan Bardella et sanctionner Emmanuel Macron »

A 82 jours des élections européennes, les porte-parole de la liste PS-Place Publique, menée par Raphaël Glucksmann, affichent leur ambition. Ils comptent « aller partout sur le territoire », explique l’eurodéputée sortante et candidate, Aurore Lalucq. L’équipe veut faire du meeting prévu ce week-end, à Toulouse, « une phase d’accélération de la campagne », avance Pierre Jouvet, numéro 2 du PS, en place éligible sur la liste.

Le