Européennes: l’Assemblée vote le projet de loi prévoyant une circonscription unique
A 16 mois des élections européennes, l'Assemblée a voté mardi le projet de loi qui rétablit une circonscription nationale unique,...

Européennes: l’Assemblée vote le projet de loi prévoyant une circonscription unique

A 16 mois des élections européennes, l'Assemblée a voté mardi le projet de loi qui rétablit une circonscription nationale unique,...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A 16 mois des élections européennes, l'Assemblée a voté mardi le projet de loi qui rétablit une circonscription nationale unique, un moyen selon le gouvernement d'"intéresser" les Français à ce scrutin, mais dénoncé par LR comme "une manœuvre électorale".

Le texte a été approuvé en première lecture par 376 voix contre 155 et 14 abstentions. Outre les élus LREM et MoDem, les députés UDI-Agir-Indépendants ont majoritairement voté pour, tout comme ceux de La France Insoumise, dont le chef de file Jean-Luc Mélenchon a dit adhérer "clairement à l'idée d'une circonscription nationale".

Les élus LR, qui n'ont eu de cesse de dénoncer une "déconnexion des territoires" avec une telle circonscription unique, ont en revanche voté contre. Comme l'essentiel des socialistes du groupe Nouvelle Gauche et les communistes mais pour d'autres motifs. Les élus FN, eux se sont abstenus.

A l'ouverture des débats sur ce projet de loi sur "l'élection des représentants au Parlement européen", Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'Intérieur, avait défendu le retour à la circonscription nationale comme un moyen "d'intéresser" les Français et de relancer la participation au printemps 2019.

Elle avait mis en avant l'"échec" du système fondé sur huit très grandes circonscriptions (Est, Ouest, Ile-de-France, Outre-mer...), mis en œuvre en 2003, avec un taux de participation "passé de 46,8% en 1999 à 42% en 2014".

Typhanie Degois (LREM) a défendu dans l'hémicycle un texte qui porte la "conviction" de la nécessité d'un "débat national sur les enjeux européens", le MoDem Vincent Bru défendant aussi les "avantages" d'une seule circonscription.

Pour le groupe UDI-Agir-Indépendants, Sophie Auconie a aussi salué un texte qui "participera modestement mais sûrement à la refondation de l'Union européenne". Elle a toutefois "attiré l'attention" sur la représentation des territoires ultramarins, plaidant pour que ce problème soit résolu lors de la navette parlementaire.

Cécile Untermaier (Nouvelle Gauche) a estimé pour sa part que "le retour à la case départ" de la circonscription unique était une "décision sage". Mais elle a expliqué le vote contre de son groupe par l'absence de reconnaissance de cette spécificité des Outre-mer et "pour ce motif uniquement".

- "Petite cuisine" -

Le communiste Stéphane Peu s'est lui aussi dit favorable à la circonscription unique, "épine dorsale du texte". Mais il a expliqué que son groupe votait contre, étant contrarié par ses "vertèbres", notamment le maintien du seuil d'accès à la répartition des sièges à 5% des suffrages exprimés.

Au nom du groupe LR, qui plaidait pour des circonscriptions correspondant aux 13 régions actuelles, Guillaume Larrivé a, lui, dénoncé "une petite loi électorale tristement classique et très faiblement imaginative".

Il a fustigé la volonté de la majorité de "tirer avantage" d'une "manœuvre électorale" avec "des petits arrangements partisans mitonnés dans une petite cuisine".

Pour le député, LREM fait ainsi "cause commune" avec le FN et LFI pour que le scrutin européen soit "entièrement dans les mains des appareils politiques parisiens", les trois formations étant conscientes, selon lui, d'avoir "un faible ancrage territorial".

Alors que chaque formation politique cherche ses têtes d'affiche, il a averti que "la bataille pour la France en Europe ne fait que commencer".

Outre ce volet, le texte met en place de nouvelles règles de répartition du temps de parole pour la campagne audiovisuelle officielle, critiquées par des élus de divers bords comme conduisant "à un déséquilibre patent" en faveur de LREM.

Afin d'éviter "un vide juridique" suite à une décision du Conseil constitutionnel de mai 2017, le gouvernement a aussi prévu un dispositif analogue pour les législatives de 2022, plusieurs formations politiques y voyant un "cavalier législatif".

Au-delà de ces mesures, le projet de loi ouvre la voie dans son dernier article à "des listes transnationales au sein d’une circonscription européenne". Si le gouvernement a "pris acte" du rejet de ce principe par le Parlement européen le 7 février, il "continuera à défendre cette idée" soutenue par Emmanuel Macron, a expliqué Mme Gourault.

Partager cet article

Dans la même thématique

Mirecourt: French president Emmanuel Macron
6min

Politique

Macron veut interdire les portables au lycée : mesure qui « va dans le bon sens » ou « peine perdue » ?

Le chef de l’Etat a annoncé que les téléphones portables allaient « sans doute » être interdits dès la rentrée prochaine dans les lycées. C’est « faisable », soutient le sénateur Renaissance Martin Lévrier. « Il est incorrigible. C’est une annonce par jour pour exister », raille le sénateur LR Max Brisson, opposé à l’interdiction au lycée. « Une annonce un peu surréaliste » qui élude les vrais problèmes, dénonce la sénatrice PS Colombe Brossel.

Le

France Marseille vs Newcastle: Pre-Match Security Highlights
3min

Politique

« Violences policières » : la gauche du Sénat demande une commission d’enquête sur de « potentiels dysfonctionnements » au sein de l’IGPN et l’IGGN

Suite aux récentes révélations mettant en cause les forces de l’ordre dans des affaires de violences au sein des personnes dépositaires de l’autorité publique, la gauche du Sénat demande à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête visant à examiner les conditions dans lesquelles l’IGPN et l’IGGN exercent leurs prérogatives.

Le

Paris : Debate session on the draft budget law for 2026
4min

Politique

Budget de la Sécu : la règle de l’entonnoir peut-elle faciliter un compromis ?

Mercredi, députés et sénateurs ne sont pas parvenus à trouver une un accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi de la Sécurité sociale. Le texte repart donc pour une nouvelle lecture en séance publique à partir de mardi, à l’Assemblée nationale. Les députés vont plancher sur le texte sorti du Sénat et conformément à la règle dite de l’entonnoir, leur droit d’amendement est limité. Ce qui va accélérer les débats mais sera-t-il suffisant pour arriver à un compromis ? Explications.

Le

Paris : session of questions to the government at the Senate
4min

Politique

Décentralisation : un rapport du Sénat remis au Premier ministre

Afin d’accompagner Sébastien Lecornu vers son engagement d’un grand acte de décentralisation, Gérard Larcher avait fait parvenir le 31 octobre la contribution du Sénat. Le document que Public Sénat a pu consulter appelle à consacrer un principe de différentiation et d’autonomie fiscale des collectivités.

Le