Paris:Ciotti delivers a speech to presents New Year wishes
Francois Xavier Bellamy, Bruno Retailleau and Eric Ciotti. French conservative party Les Republicains (LR) President Eric Ciotti delivers a speech to presents New Year wishes at LR headquarter. Paris, FRANCE-24/01/2023 //01JACQUESWITT_choix053/Credit:Jacques Witt/SIPA/2301242136

Européennes : la candidature de François-Xavier Bellamy pour les LR semble se préciser

Les élections européennes de juin 2024 sont encore lointaines, mais les états-majors des partis y réfléchissent déjà. Chez les LR, la question de la tête de liste n’est pas encore tranchée. Mais petit à petit, les choses semblent avancer en faveur de François-Xavier Bellamy, le chef de fil actuel des eurodéputés LR au Parlement européen. On prend le même et on recommence.
François Vignal

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Ça se précise. Si le nom suscite encore quelques débats, la tête de liste des LR pour les élections européennes pourrait bien de nouveau être François-Xavier Bellamy. Il menait déjà la liste lors du scrutin de 2019. « On a des parlementaires de très grandes qualités, notamment François-Xavier Bellamy qui conduit notre délégation. Tout ça est programmé, planifié », assure le président des LR, Eric Ciotti, interrogé ce matin sur France Inter sur le sujet de la tête de liste. « Il serait un bon candidat, il a beaucoup de qualités et il les a démontrées », insiste le député des Alpes-Maritimes, qui ajoute qu’« on a besoin d’une Europe, mais d’une Europe différente, telle que l’a défendue François-Xavier Bellamy. Une Europe qui soit moins naïve sur l’immigration, sur le marché européen de l’énergie ».

Il écarte en revanche l’idée, que certains ont pour lui, de mener la liste. « Je suis député de Nice, c’est ma ville. Quand on a une assise, la confiance d’électeurs, on ne la quitte pas. Je ne me démultiplie pas », dit-il. Fermez le banc.

« Aucun doute, c’est le candidat naturel, le meilleur »

Pour le président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau, il n’y a « aucun doute, c’est le candidat naturel. C’est le meilleur candidat », ajoute celui qui ne tarit pas d’éloge pour son protégé. « Il a des résultats comme rarement nos délégations en ont obtenus. Par exemple sur la taxe carbone, le nucléaire, l’interdiction faite à la commission de financer des campagnes à visées islamistes. Il a des résultats et on doit juger les politiques aux résultats », soutient-il. « A Strasbourg, où nous avions nos journées parlementaires la semaine dernière, j’ai passé un long moment avec Manfred Weber, président du PPE, et Roberta Metsola, présidente du Parlement européen. Les deux m’ont dit que c’est une pépite, qui est reconnue comme telle dans sa famille politique mais aussi au Parlement ». Pour Bruno Retailleau, « l’enjeu est énorme, car le PPE restera le premier groupe du Parlement européen et l’influence de la France ne sera pas le RN, qui n’a servi à rien depuis 5 ans ».

Le nom de François-Xavier Bellamy ne semble pourtant pas, à la base, aller de soi pour la direction des LR. Dans la presse, quelques autres noms ont fleuri, comme ceux de Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses, de Nelly Garnier, l’une des vice-présidentes des LR, et même de l’avocat Charles Consigny. Selon Le Figaro, les LR ont étudié plus récemment l’hypothèse d’une candidature d’Emmanuelle Mignon. L’ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, l’une des têtes pensantes de sa campagne de 2007, vient d’être nommée vice-présidente des LR chargée du projet et des idées par Eric Ciotti.

« Il faudra se déterminer très vite, au plus tard début décembre », soutient Bruno Retailleau

Les LR ne sont pas pressés, pour l’heure, de désigner leur tête de liste. « Je ne pense pas que les Français soient passionnés par la campagne européenne dans les jours qui viennent », remarque Eric Ciotti, qui souligne la « difficulté internationale majeure ». « Au dernier bureau politique des LR, il y a trois semaines, la question de la tête de liste n’a pas été évoquée. Il a été dit qu’il fallait travailler sur le projet avant tout, et que l’équipe, les noms, viendraient dans la foulée », raconte un participant. Mais dans les couloirs, on évoque souvent le professeur de philosophie. « Bien sûr que le nom de François-Xavier Bellamy circule. A mon avis, c’est lui qui a la cote, c’est lui qui bouge, c’est lui qui fait des réunions », constate un sénateur LR.

Bruno Retailleau ajoute une autre explication à l’attentisme du président des LR : « Eric Ciotti s’est donné jusqu’à la fin de l’année, notamment car il y a aussi l’éventuelle candidature de Michel Barnier », avance le sénateur LR de Vendée, alors que l’ancien commissaire européen ne voudrait « pas rentrer dans une bagarre » interne. Mais pour le patron des sénateurs LR, il faut accélérer. « Je pense qu’il faudra se déterminer très vite, au plus tard début décembre. Je pense qu’il ne faut pas trop traîner. On court le risque d’affaiblir notre candidat sinon », met en garde Bruno Retailleau.

« Au-delà de 10 %, ce serait formidable ! »

La ligne politique de François-Xavier Bellamy, tout comme son score, lors du scrutin de 2019, ne sont peut-être pas étrangers non plus aux interrogations. Il n’avait recueilli que 8,48 % des voix. Mais entre-temps, la présidentielle 2022, où les LR se sont rétamés derrière Valérie Pécresse et ses 4,78 %, sont passés par là. Et un score de 8 % paraîtrait presque aujourd’hui comme une quasi-victoire. Un sondage Ifop crédite d’ailleurs la liste LR d’un score autour de 8 %.

Par réalisme, ou pour éviter toute nouvelle déconvenue, les LR iront à ce scrutin avec des ambitions pour le moins mesurées. Un responsable LR évoque un score de « 5 % » comme objectif, soit le seuil à atteindre pour avoir des élus… « Au-delà de 10 %, ce serait formidable ! » rêve un sénateur LR, qui ajoute, prudent, que « l’essentiel, c’est d’avoir des députés européens. La question du score, c’est autre chose ».

Si le nom de François-Xavier Bellamy se confirme, il pourrait avoir pour conséquence de pousser l’UDI dans les bras de Renaissance. Car si l’eurodéputé défend sa vision de l’Europe, il incarne une ligne critique, qui pose problème au parti centriste, présidé par le sénateur Hervé Marseille. Et ce dernier a plus que laissé entendre, que si les LR s’écartent trop de leur idéal européen, ils se tourneront vers « le bloc central », autrement dit, la majorité présidentielle.

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