Européennes : « Le radicalisme de gauche, c’est plus utile à la France que les débats woke, communautaristes et identitaristes », défend Guillaume Lacroix

A l’occasion des élections européennes, Public Sénat donne la parole à ce que l’on appelle communément les « petites » listes. Aujourd’hui, c’est Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche (PRG) et à la tête d’ « Europe Territoires Ecologie », qui présente sa vision de l’Europe. Une liste qui se veut représenter « un centre-gauche universaliste », « laïc et républicain », « pro-européen », et « ancré dans les territoires ».
Alexis Graillot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La campagne officielle a commencé, avant les élections du 9 juin prochain. Au programme, un nombre record de 38 listes, parmi lesquelles de nombreux « petits » candidats, encore non estimés dans les sondages.

Créditée entre 0 et 0.5% des intentions de votes jusqu’à présent, la liste conduite par le radical de gauche, Guillaume Lacroix, déclare vouloir être le porte-parole de « la gauche qui n’a pas souhaité être dans la NUPES ».

Construire « un projet du quotidien et du réel »

Martelant la vocation de « centre-gauche » chère au Parti radical, celui qui est également conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, se défend cependant d’être le candidat d’un parti, expliquant que sa liste est le fruit d’un « rassemblement de 7 formations politiques, qui partagent des valeurs essentielles et qui construisent un projet du quotidien et du réel ».

« Notre liste, c’est une liste de gens qui parlent à la France, parce qu’ils y travaillent déjà », explique Guillaume Lacroix, qui résume sa vision du radicalisme de gauche en une formule : « Le radicalisme de gauche, c’est plus utile à la France que les débats woke, communautaristes et identitaristes », ou »sur le barbecue ». Un tacle non-dissimulé, adressé à la députée écologiste de Paris, Sandrine Rousseau, qui avait appelé, fin août 2022, à l’occasion des universités d’été de son parti, à « changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité ». A contrario, le président du PRG soutient le « besoin de revenir pour parler de choses sérieuses, de valeurs, d’une conception de la démocratie et de la République, qui manquent cruellement dans le débat public »

« Il n’y a qu’une liste de gauche qui vous parle de république, de laïcité, d’universalisme dans cette campagne, c’est « Europe Territoires Ecologie », explique-t-il, défendant « une liste qui est composée de femmes et d’hommes qui sont réellement tous ancrés dans les territoires, qui défendent les réalités des identités régionales ».

Créer un « Airbus du médicament »

Se qualifiant de « pro-européen », Guillaume Lacroix se veut pourtant critique envers l’Europe telle qu’elle existe aujourd’hui, l’estimant « nécessaire », mais « qui manque cruellement à ses obligations ». A l’image de son slogan de campagne, il réclame une Europe « renforcée », « pour une Europe qui nous protège ».

A cet égard, il appelle à créer un « Airbus du médicament », en référence à la création du groupe aéronautique européen, début des années 1990, pour lutter contre les autres grandes compagnies internationales ayant fusionné, à l’image du géant américain Boeing. « Nous voulons que l’Europe permette la production, la recherche, le développement des brevets communs pour que nous ne soyons plus dépendamment de nos traitements », indique l’élu aindinois.

Enfin, la liste souhaite faire du logement l’une de ses priorités, qui passe selon Guillaume Lacroix par « rajouter au Pacte vert un volet logement », via la création d’un « statut de résident », « qui autorise les gens qui travaillent dans les métropoles et les zones tendues, à pouvoir s’y loger ». A ce titre, les détenteurs de ce statut possèderaient « une droite priorité pour pouvoir accéder à l’achat de [leur] domicile principal ».

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Clashes During Paris Austerity Protests
6min

Politique

Après les pillages du 17 octobre, faut-il couper les réseaux sociaux ?

Gabriel Attal relance l’idée d’un blocage temporaire des plateformes dans les zones touchées par les violences, après le chao du week-end. Elles facilitent les rassemblements et démultiplient les images de casse, mais leur rôle dépasse la seule organisation des émeutes.

Le

Paris France Protests
9min

Politique

Violences du 17 octobre : pourquoi l’état d’urgence est écarté par le gouvernement ?

Après un week-end marqué par des scènes de chaos et de pillages dans plusieurs villes, l’exécutif exclut pour le moment le recours à l’état d’urgence, préférant la mise en place de « couvre-feux localisés ». De quels moyens dispose l’exécutif pour rétablir l’ordre ? Inventaire de la boîte à outils sécuritaire dont dispose le gouvernement pour rétablir l’ordre.

Le

NORD – RASSEMBLEMENT MAIRIE
3min

Politique

Après les violences du 17 octobre, les maires font front devant leurs mairies

Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère qui a dégénéré en pillages et en assauts contre des hôtels de ville, l’Association des maires de France (AMF) appelle à un rassemblement ce lundi 19 octobre, à partir de midi. Les maires de Paris, Lyon et Marseille seront reçus par Sébastien Lecornu, à leur demande.

Le

France: Emmanuel MACRON Addresses The French People After Violent Protests
6min

Politique

Violences du 17 octobre : Macron exprime sa « colère » et sa « honte » et promet « toute la transparence »

Au lendemain des pillages et des dégradations qui ont frappé plusieurs villes françaises, le chef de l’État a promis de tirer « toutes les leçons » de la journée du 17 octobre. Face aux appels de la droite à décréter l’état d’urgence, il a privilégié le renforcement des mesures de protection et tenté de dissocier les violences des revendications contre la vie chère.

Le