Le Rassemblement national présentera dimanche les premiers candidats de sa liste aux élections européennes, conduite par le jeune Jordan Bardella, misant sur le "renouveau", sans pour autant changer sa ligne anti-immigration, qu'il partage avec ses alliés nationalistes au pouvoir en Europe.
"Un tiers de sortants, un tiers d'entrants, un tiers de ralliés", telle est la recette des douze premiers candidats de la liste du parti de Marine Le Pen, qui seront dévoilés lors d'un meeting à Paris.
Parmi les ralliés, l'ancien ministre LR de Nicolas Sarkozy, Thierry Mariani, pourrait figurer à la troisième ou cinquième place, emblème du rassemblement auquel aspire le RN (ex-FN) depuis qu'il a changé de nom en juin, ainsi que l'ancien député LR de Gironde, Jean-Paul Garraud.
Reste à savoir si l'ex-député du Vaucluse, qui "regrette" d'avoir voté en faveur du traité européen de Lisbonne en 2005, entraînera beaucoup de militants LR dans son sillage.
Son ralliement n'engage "que lui-même", a déclaré jeudi à l'AFP le maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), Lionnel Luca, au nom du courant de LR Droite populaire, cofondé par M. Mariani.
- Nouvelle venue n°2 -
Thierry Mariani, à Paris le 11 juillet 2017
AFP/Archives
Thierry Mariani, qui prendra brièvement la parole dimanche, n'a en tout cas "pas envie de faire de la figuration" au RN, dont il n'a pas encore pris la carte. Il participera au premier meeting en province de Marine Le Pen samedi 19 janvier, à Le Thor, dans le Vaucluse.
Le RN pourrait aussi désigner à la deuxième place, selon L'Opinion, une nouvelle venue, Hélène Laporte, conseillère régionale de Nouvelle Aquitaine et analyste bancaire.
Un représentant de la société civile, à qui la cheffe du RN avait hésité à confier la tête, l'essayiste Hervé Juvin, partisan d'une écologie civilisationnelle, occuperait la 5e place.
Parmi les sortants, l'eurodéputé Nicolas Bay, ancien vice-président du RN, qui s'estimait "légitime" à conduire la liste en tant que co-président du groupe du RN au Parlement européen, ne prendrait que la 7e place, selon L'Opinion. Alors que l'eurodéputée et mère du député Bruno Bilde, Dominique Bilde, aurait la 4e et Joëlle Mélin la 6e.
Le groupe de 24 élus RN au Parlement européen après la victoire au scrutin de 2014 a fondu à 15, notamment après les départs qui ont suivi l'échec de la présidentielle, dont celui de l'ancien bras droit de Mme Le Pen Florian Philippot. Deux autres eurodéputées ont rejoint la liste du président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan.
Jean-Marie Le Pen, toujours eurodéputé à 90 ans mais exclu du parti depuis 2015, ne sera pas sur la liste, malgré son souhait qu'à "l'ardeur de la jeunesse corresponde le poids de l'expérience".
- Pas de "gilets jaunes" -
C'est en effet un très jeune fidèle de Marine Le Pen, âgé de seulement 23 ans, Jordan Bardella, qui conduira la liste et recevra l'onction du mouvement dimanche.
"Exemple de méritocratie républicaine" par ses origines modestes, selon Marine Le Pen, il présente aussi l'avantage de n'être pas éclaboussé par les affaires. Mais il ne fera pas d'ombre à la présidente du RN, qui mènera la campagne et l'accompagnera sur les 25 déplacements prévus.
Pas de "gilet jaune" en revanche sur la liste, même si les électeurs du RN les soutiennent massivement. "Nous sommes tous +gilets jaunes+", assure Marine Le Pen qui veut garder ses distances à l'égard d'un mouvement défiant à la représentation politique.
Marine Le Pen (RN), photographiée lors d'une conférence de presse en Italie le 8 octobre 2018.
AFP/Archives
Les nouveaux visages ne rafraîchiront pas pour autant le discours du RN, dont l'immigration reste le thème majeur et commun aux formations nationalistes en Europe.
La question de la sortie ou non de l'euro sera réglée "dans un dernier temps, l'urgence étant de retrouver la maîtrise de nos frontières", a souligné jeudi Marine Le Pen.
Le RN "n'a aucun intérêt à changer de ligne alors que partout en Europe les questions d'identité et l'immigration permettent aux partis politiques d'engranger des succès", explique le politologue Jean-Yves Camus.
Le parti compte sur ses alliés au pouvoir en Europe, avec lesquels le principe d'une "manifestation commune" a été retenu.
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