Européennes : les Présidents dans la campagne
Affiche et profession de foi à son effigie, interview à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron affirme vouloir être un « acteur » et non un spectateur de cette campagne des Européennes. Retour en vidéo sur l’engagement (ou non) des anciens Présidents dans les campagnes européennes.

Européennes : les Présidents dans la campagne

Affiche et profession de foi à son effigie, interview à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron affirme vouloir être un « acteur » et non un spectateur de cette campagne des Européennes. Retour en vidéo sur l’engagement (ou non) des anciens Présidents dans les campagnes européennes.
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En 1979, 410 eurodéputés, issus des neuf pays de la CEE (Communauté Économique Européenne) allaient faire leur entrée au Parlement de Strasbourg. Pour cette première élection européenne au suffrage universel direct, le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing choisit sa ministre de la Santé, Simone Veil pour conduire la liste UDF.

1979 : « un débat démocratique scandaleusement faussé »

En 2019 les critiques pleuvent sur l’engagement d’Emmanuel Macron en faveur de la liste Renaissance, conduite par Nathalie Loiseau. Quarante ans plus tôt, on peut déjà percevoir les mêmes réprobations de la part des opposants au chef de l’État. En témoigne, ce débat organisé par RTL et TF1, quelques jours avant le scrutin. Simone Veil fait face à trois têtes de liste : Georges Marchais (PCF), François Mitterrand (PS) et Jacques Chirac (RPR). À l’unisson, tous les trois fustigent un déséquilibre dans le temps de parole. François Mitterrand met en avant les prises de parole du Premier ministre, Raymond Barre, dont le temps de parole n’est, d’après lui, pas décompté de la campagne. « Je connais l’entêtement actuel du pouvoir pour gouverner par les moyens de la télévision » s’agace-t-il. Quant à Jacques Chirac, qui a quitté avec fracas Matignon deux ans plus tôt, il dénonce « un débat démocratique scandaleusement faussé » rythmé par « l’intervention permanente du gouvernement et du chef de l’État ». La liste UDF arrivera largement en tête avec 27,61% des suffrages.

1984 et 1989 : François Mitterrand reste en retrait

Changement d’ambiance en 1984 et 1989. Le premier Président socialiste de la Ve République, François Mitterrand se montre pour le moins éloigné des campagnes menées par le Premier secrétaire PS, Lionel Jospin en 1984, puis par le président de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius en 1989. À noter que les élections européennes de 1984 voient émerger le Front National (11%) la liste socialiste, avec 20%, arrive loin derrière la liste UDF/RPR (43%). « François Mitterrand est le président légitime et indiscutable de tous les Français. Mais une élection "intermédiaire" vient de révéler un hiatus sensible depuis la fin de l'état de grâce. Les partis de la majorité disposent d'une écrasante majorité parlementaire, alors que les électeurs viennent de leur octroyer à peine plus du tiers de leurs suffrages. Voici venu l'état de disgrâce » pointe l’éditorialiste de l’Express, Yves Cuau.

1994 : le sous-entendu de François Mitterrand

En 1994, c’est Michel Rocard, alors Premier secrétaire du PS, qui conduit la liste de son parti. Toutefois, il n’est pas le seul socialiste à se lancer dans la bataille des Européennes. L’ancien ministre de la Ville, Bernard Tapie conduit la liste MRG, l’ancien ministre de la Défense et de l’Éducation, Jean-Pierre Chevènement, celle du Mouvement des citoyens. C’est du bout des lèvres et sans le nommer, lors d’une interview à l’Élysée, que François Mitterrand apportera son soutien à son ancien Premier ministre « Est-ce que vous vous croyez autorisé à me poser la question ? (…) Pour les citoyens, le vote est secret » élude dans un premier temps François Mitterrand à une question de Patrick Poivre d’Arvor. « Je suis européen et je suis socialiste. Donc ma ligne de conduite est très simple à tracer » finira-t-il par consentir. (voir la vidéo à partir de 28 minutes).

1999 : Jacques Chirac ne tranche pas franchement entre les deux listes de droites

En 1999, Jacques Chirac doit lui aussi faire face à la division de son camp. D’un côté, la liste « officielle » RPR menée par Nicolas Sarkozy, de l’autre une liste souverainiste (RPF) menée par Charles Pasqua. Deux hommes qui lui ont préféré Édouard Balladur quatre ans plus tôt, lors de la campagne présidentielle. En guise de « soutien » à la liste officielle, on notera simplement la présence de Claude Chirac et d’Alain Juppé lors d’un meeting au Palais des Sports de Paris quelques jours avant le scrutin. Le RPR arrivera troisième avec 12,8%, derrière celle de Charles Pasqua (13%) et la liste socialiste de François Hollande (21%).

2009 : Nicolas Sarkozy en pleine campagne

Discours Nicolas Sarkozy - Nîmes - 6 mai 2009 (Europe)
49:45

10 ans plus tard, Nicolas Sarkozy, Président, n’hésitera pas, lui, à apparaître sur certaines affiches de campagne et à participer à des meetings, comme ici à Nîmes un mois avant le scrutin, puis quelques jours plus tard à Berlin aux côtés de la chancelière Angela Merkel. Les listes UMP des 8 circonscriptions nationales (mises en place en 2004) arriveront en tête avec 27,8%.

2014 : « L’Europe que je veux » de François Hollande

Plus sobre dans son engagement, le président François Hollande se contentera d’une tribune publiée dans la presse quelques jours avant les élections européennes de 2014 : « L’Europe que je veux ». Le PS arrivera troisième avec 14% derrière l’UMP (20,8%) et le FN 24,86%).

 

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