Européennes : « Nous essaierons d’imposer un débat sur la sortie de la France de l’UE, que ce soit à Bruxelles ou en France », défend François Asselineau (UPR)

Défenseur du « Frexit », à savoir la sortie de la France de l’Union Européenne (UE), la tête de liste souverainiste souhaite « imposer » ce débat, qu’il estime « interdit dans les grands médias ».
Alexis Graillot

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Ça y est, la dernière ligne droite avant les élections européennes est belle et bien lancée, alors que la campagne officielle doit se terminer ce vendredi 7 juin. A cette occasion, les équipes de Public Sénat sont parties interroger les « petites » listes, créditées de moins de 2% d’intentions de votes dans les sondages.

Aujourd’hui, la parole est donnée à François Asselineau, tête de liste pour l’Union populaire républicaine (UPR) et déjà deux fois candidat aux élections européennes de 2014 et de 2019. Celui qui se présente comme le candidat du « Frexit », milite pour « la sortie de l’Union Européenne, de l’euro et de l’OTAN », expliquant que « nous allons tout droit vers une Europe fédérale qui ne dit pas son nom ».

« Cette élection est un peu un sketch »

Se présentant comme candidat afin d’ « imposer un débat interdit dans les grands médias », l’ancien inspecteur général des finances regrette que « ce débat n’ait pas lieu ». « Cette élection est un peu un sketch puisqu’on voit défiler des candidats qui proposent chacun, une vision différente de l’Europe alors qu’« ils n’ont pas le pouvoir en tant qu’eurodéputé de changer quoi que ce soit », dénonce-t-il.

« Pour avoir une autre Europe, il faudrait changer les traités, ce qui nécessite 27 gouvernements et 27 parlements nationaux d’accord, 54 institutions qui ne peuvent pas se mettre d’accord et où les eurodéputés n’interviennent à aucun moment », tance l’ex-conseiller de Paris, qui défend une « lecture de l’Histoire différente de celle des autres ». « L’ensemble des partis politiques français fait semblant de croire que nous serions maîtres de ce que nous voulons faire. Non, non, non, dès l’origine, la construction européenne a été placée sous l’autorité des Etats-Unis », juge François Asselineau, pour qui, « en réalité, nous allons tout droit vers une Europe fédérale qui ne dit pas son nom, une Europe sous domination américaine, et surtout la France deviendrait un Etat fédéré qui devient aussi important qu’un canton helvétique ».

« Le narratif contre la Russie nous emmène tout droit vers la guerre »

Souvent accusé de défendre des positions pro-russes, la tête de liste UPR persiste et signe, jugeant que « le narratif contre la Russie nous emmène tout droit vers la guerre ».

Déclarant vouloir montrer à Bruxelles, « une véritable opposition sur tous les sujets », l’ancien haut fonctionnaire plaide pour « imposer un débat sur la sortie de l’UE, que ce soit à Bruxelles ou en France », dans la lignée de l’ex-député britannique, Nigel Farrage, ardent défenseur du Brexit. « Le Brexit se passe bien », estime de son côté François Asselineau, qui explique : « Le Royaume-Uni vient de dépasser la France comme 4e exportateur mondial de biens et de services », et « le SMIC anglais, qui était 15% inférieur au SMIC français en 2016, est désormais 10% supérieur ».

Reste à savoir si celui qui s’estime régulièrement sous-estimé dans les sondages, parviendra à les faire mentir. Pour l’instant, ce dernier est estimé à 1%, un résultat plus ou moins conforme à celui de l’élection présidentielle de 2017, où il avait recueilli les 500 parrainages. A cette occasion, le candidat UPR avait réuni 0.92% des suffrages exprimés, en 9e position.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le