Européennes: protectionnismes et euro puissant pour peser dans la guerre commerciale mondiale
Comment faire pour rester un leader de la course économique mondiale ? Les principales têtes de listes aux élections européennes...

Européennes: protectionnismes et euro puissant pour peser dans la guerre commerciale mondiale

Comment faire pour rester un leader de la course économique mondiale ? Les principales têtes de listes aux élections européennes...
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Par Maryam EL HAMOUCHI

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Comment faire pour rester un leader de la course économique mondiale ? Les principales têtes de listes aux élections européennes avancent des propositions parfois convergentes, entre protectionnisme, "Buy European Act" et instauration de l'euro comme monnaie d'échange mondiale.

Lors d'un débat devant des chefs d'entreprises organisé par l'organisation patronale Ethic en avril, les candidats ont fustigé une Union européenne "absolument absente dans la guerre commerciale" (Marine Le Pen, Rassemblement national), qui "donne le sentiment de fragiliser dans la mondialisation plutôt que de renforcer" (François-Xavier Bellamy, LR), ou encore qui a "besoin d'une métamorphose" (Pierre Larrouturou, PS-Place publique) face aux géants chinois et américain.

Selon les prévisions du Fond monétaire international, la zone euro devrait connaître une croissance de 1,3% en 2019 contre 2,3% aux Etats-Unis et 6,3% de croissance en Chine.

Face à ce constat d'une UE à la traîne, presque tous les partis souhaitent recourir au protectionnisme pour protéger les entreprises françaises face à la "concurrence déloyale" venue de l'extérieur.

-Camaïeu de protectionnismes-

"Bien sûr qu'il faut un protectionnisme aux frontières de l'Union européenne", insiste Raphaël Glucksmann, en évoquant les "Américains" qui "protègent leurs industries".

Pour LFI, le "protectionnisme solidaire" prendrait la forme d'une "taxe kilométrique" : "plus le produit vient de loin, plus il est taxé", explique la tête de liste Manon Aubry.

Chez les Verts, le protectionnisme porte la même couleur, "avec une taxe socio-environnementale aux frontières qui permettra de tenir compte du vrai coût des produits".

Au RN, le protectionnisme vise à établir un "juste échange" à la place du libre échange, autrement dit ne pas accepter d'importations de produits qui ne respectent pas les normes européennes.

Pour la liste PS-PP, le "juste échange" doit contribuer "aux objectifs de justice sociale et de réponse à l'urgence climatique"

Si la liste LREM, au coude-à-coude à la tête des sondages avec la liste RN, ne parle pas de protectionnisme, elle prône une directive "Ethique des entreprises" pour interdire l'accès à toute entreprise "ne respectant pas les exigences sociales et environnementales fondamentales".

Du côté de Générations, d'EELV, de PS-PP et de LFI, protéger les entreprises passe également par l'arrêt de tout nouveau traité de libre-échange. La liste LREM propose de refuser de nouveaux traités avec les pays ne respectant pas l'Accord de Paris sur le climat.

Plusieurs candidats (Bellamy, Jadot et Glucksmann), proposent également un "Buy European Act" pour réserver certaines commandes publiques aux entreprises européennes, sur le modèle du "Buy American Act", voté en 1933 et qui oblige les agences fédérales des Etats-Unis à s'approvisionner prioritairement en biens produits sur le sol américain. Une telle proposition était déjà présente dans le programme du candidat Macron en 2017 mais n'apparaît pas dans le programme LREM pour les européennes.

Pour soutenir l'activité économique des entreprises, Nathalie Loiseau, tête de liste LREM, souhaite la fin de la surtransposition, le fait de traduire des directives européennes dans le droit français en les rendant plus contraignantes. François-Xavier Bellamy enjoint également à en finir avec "cette folie".

- "Droit des données européen" -

Pour devenir un acteur incontournable de l'intelligence artificielle, qu'ils citent comme "enjeu" essentiel, les candidats veulent investir massivement dans la recherche et développement.

De manière plus globale, les candidats souhaitent faire émerger de nouvelles industries de pointe. Ils citent presque tous Airbus comme exemple de coopération européenne réussie.

Pour y arriver, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) propose de créer des coopérations "pour des grands projets" entre trois ou quatre Etats, citant la France, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

Yannick Jadot considère que "l'absence de politique de production" est un "vice de fabrication" de l'UE. Il souhaite la production "de notre propre énergie pour regagner notre souveraineté", et donc s'émanciper de "Trump, Poutine et des pétromonarchies".

La tête de liste LR souhaite créer un "droit des données européen" afin de "faire en sorte que les données soient considérées comme des actifs stratégiques comme les réseaux électriques et le transport".

Enfin, le sort de l'euro est souvent évoqué dans les programmes. Nathalie Loiseau veut en faire une monnaie d'échange internationale, tout comme Jean-Christophe Lagarde (UDI) qui considère que "l'union économique et monétaire n'est pas terminée".

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