Belgium Europe Elections
People walk outside the European Parliament prior to a debate with the lead candidates for the European Parliament elections in Brussels, Thursday, May 23, 2024. European elections will take place from June 6-9, 2024. (AP Photo/Geert Vanden Wijngaert)/GVW108/24144406200215//2405231328

Européennes : que disaient les sondages à 16 jours des élections en 2019 lors du dernier scrutin ?

Alors que Jordan Bardella (RN) domine largement les intentions de votes (31-33%), devant Valérie Hayer (15-17%), et Raphaël Glucksmann (13-15%), à un peu plus de deux semaines des élections, retour sur les estimations des principaux instituts, il y a cinq ans à la même époque.
Alexis Graillot

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Quelle sera l’avance de Jordan Bardella ? Raphaël Glucksmann passera-t-il devant Valérie Hayer ? Qui prendra la quatrième place derrière ce trio qui se détache largement ? Des surprises sont-elles possibles ? Autant de questions à deux semaines d’un scrutin encore très indécis. Une inconnue principale : la participation, qui avait été exceptionnellement « élevée » en 2019.

Un duo de tête bien mesuré

En tête des intentions de vote, on retrouvait le Rassemblement National (RN) (dont la tête de liste était déjà Jordan Bardella) et la majorité présidentielle, conduite à l’époque par Nathalie Loiseau, se détachaient assez nettement des intentions de votes.

Estimés respectivement entre 21 et 24% pour le premier, 20 et 22% pour la deuxième, leurs résultats finaux se situaient à un niveau relativement proche de ces sondages. Le 26 mai 2019, la liste de Jordan Bardella était ainsi arrivée en tête (23.3%), avec un peu moins d’un point d’avance sur la liste LREM (22.4%).

« De son côté, la liste LREM continue quant à elle à pâtir de son début de campagne difficile. Conscients de ce ralentissement, les membres du gouvernement ont d’ailleurs décidé de s’impliquer davantage aux côtés de leur candidate, pour l’aider à retrouver une dynamique positive avant le 26 mai », notait Le Figaro, alors que la liste de Nathalie Loiseau dominait la plupart des intentions de vote jusqu’à présent.

Explosion des écologistes, effondrement des Républicains

A un peu plus de deux semaines du scrutin, Les Républicains (déjà conduits là aussi par François-Xavier Bellamy) faisaient figure de solide troisième (13.5-14.5%), assez nettement devant la liste écologiste, conduite par Yannick Jadot (7.5-9.5%) … qui finira pourtant largement devant la liste de droite le jour du scrutin.

En effet, à la grande surprise des sondeurs, la liste de l’ex-candidat vert à la présidentielle (13.5%) surpassera largement celle des Républicains (8.5%). La faute à une mobilisation des jeunes en faveur des écologistes bien plus forte que prévue, portée notamment par les nombreuses mobilisations  pour le climat partout dans le monde, quelques semaines avant le vote. Un indicateur était cependant inquiétant pour le candidat LR, puisqu’en 2019, seuls 65% des électeurs se déclaraient « certains » de voter en faveur du professeur de philosophie. « Une partie de ses électeurs sont partis chez Le Pen, une autre chez Loiseau-Macron », notait alors Guillaume Peltier, vice-président des Républicains (depuis, candidat Reconquête sur la liste de Marion Maréchal).

Les Insoumis surestimés, les socialistes sous-estimés

Entre la liste des Républicains et celle des écologistes, la liste insoumise conduite par Manon Aubry, disposait d’une dynamique relativement intéressante, se situant entre 9 et 9.5%. « «C’est le bon moment pour être dans cette dynamique, car c’est dans les quinze derniers jours que tout se cristallise », notait alors Manuel Bompard, numéro deux de la liste LFI, auprès de nos confrères du Figaro. Une dynamique qui s’effritera néanmoins, puisque la liste insoumise ne recueillera finalement que 6.3%, à peine plus que la liste socialiste-Place Publique conduite par Raphaël Glucksmann (6.2%).

Deux semaines avant le scrutin de 2019, les sondeurs pointaient d’ailleurs l’incertitude autour de l’essayiste, alors que celui-ci était estimé entre 4.5 et 5.5% : « Si la liste venait à faire un score exécrable, il ne fait aucun doute que quelques-uns au sein du Parti socialiste n’hésiteraient pas à réclamer des têtes, à commencer sans doute par celle d’Olivier Faure », notait alors L’Express, qui notait alors qu’un résultat en-dessous des 5% (seuil pour envoyer des candidats au Parlement européen) serait « terrible pour le PS ». La confiance régnait cependant du côté du candidat qui expliquait alors auprès de France Bleu : « Je peux vous assurer que la dynamique qu’on va lancer, va surprendre tout le monde et nous serons bien au-dessus des sondages actuels ».

Une participation plus forte que prévue

Mais l’indicateur sans doute le plus scruté par les sondeurs, reste celui de la participation, celui-ci pouvant agir au bénéfice ou au détriment d’un candidat. Sur ce point, le résultat des élections marquera un taux bien plus élevé (51%) que celui estimé par les sondeurs à 15 jours du scrutin, celui-ci se situant entre 40 et 42%. Un regain de mobilisation exercé notamment par les jeunes en faveur de la liste écologiste.

« Il y a un léger regain et la participation retrouve le niveau du mois de mars, mais cette élection ne motive toujours pas les électeurs. On reste dans la tendance des dernières élections européennes », analysait alors Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion chez OpinionWay, auprès des Echos. En revanche, l’intérêt pour le scrutin se situait à un niveau beaucoup plus élevé, à 55%. Pour cette campagne, ce taux est plus faible (52%), à l’inverse de celui de la participation, estimé aujourd’hui à 43%.

Ainsi, l’incertitude autour du scrutin plane sur de nombreux indicateurs. Rappelons une nouvelle fois que les sondages ne reflètent qu’une tendance à un moment donné et ne constituent pas une projection certaine des résultats le jour du scrutin.

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