Européennes: un meeting à Toulouse pour resserrer le pack autour de Glucksmann
"+Votez pour moi+,je n'arrive pas à le dire": après sa prestation jugée décevante par beaucoup, jeudi sur France 2, Raphaël...

Européennes: un meeting à Toulouse pour resserrer le pack autour de Glucksmann

"+Votez pour moi+,je n'arrive pas à le dire": après sa prestation jugée décevante par beaucoup, jeudi sur France 2, Raphaël...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

"+Votez pour moi+,je n'arrive pas à le dire": après sa prestation jugée décevante par beaucoup, jeudi sur France 2, Raphaël Glucksmann a tenu à Toulouse son premier grand meeting, cultivant un ton décalé pour dire son "envie d'Europe".

"On a une envie folle d'Europe. (...) Oui nous avons envie d'Europe, nous avons envie de plus d'Europe, nous avons envie de mieux d'Europe ! Nous avons tellement envie d'Europe que nous avons envie qu'elle change radicalement pour qu'elle ne meure pas", a lancé l'essayiste devant quelque 500 personnes rassemblées au stade Ernest-Wallon, l'enceinte où joue le Stade toulousain.

"Envie d'Europe écologique et sociale", c'est d'ailleurs le nom, dévoilé samedi, de la liste conduite par M. Glucksmann, et où figurent des socialistes, des membres de Place publique et de Nouvelle Donne, et une transfuge de Générations, Aurore Lalucq.

Face selon lui à l'Europe "technocratique et libérale" que propose Nathalie Loiseau pour LREM, à l'Europe "conservatrice" de François-Xavier Bellamy (LR), M. Glucksmann entend dessiner le chemin d'une "Europe sociale, écologique, démocratique, solidaire", et transformer ce qui est aujourd'hui un "marché" en "puissance politique, en puissance protectrice".

Distribuant les piques à l'encontre du chef de l'Etat, il a fustigé derrière ses discours la "continuation du même" et de la "poudre de perlimpinpin". "On nous dit qu'Emmanuel Macron est un rempart aux populistes. Mais c'est sa politique injuste et son arrogance folle qui nourrit les populistes", a-t-il affirmé.

L'essayiste de 39 ans a aussi dit sa "honte" d'entendre le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner reprendre les mots de son homologue italien Matteo Salvini, en accusant les ONG d'avoir "pu se faire complices des passeurs".

Auteur d'une prestation que beaucoup de commentateurs jugent ratée, jeudi sur le plateau de France 2, M. Glucksmann a reconnu à plusieurs reprises son inaptitude à aligner les "punchlines", ou sa méconnaissance des "codes" politiques, mais appelé à retrouver "la gauche du coeur".

"La gauche ne peut pas avoir un langage de gestionnaire, de communicant, elle doit retrouver un langage amoureux", a-t-il lancé, lyrique.

- "parler socialiste" -

Avant de lui passer la parole, le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait reconnu que M. Glucksmann "ne parle pas le socialiste couramment".

"Cela a pu interroger. Pourquoi n'a-t-on pas pris un pro de la +punchline+, un orateur né, quelqu'un pour enflammer le public ? On doit aussi donner ces signaux aux Françaises et Français que la politique doit changer", a-t-il expliqué.

Le député de Seine-et-Marne s'est livré sur scène à un étrange duo avec la militante écologiste Claire Nouvian, fondatrice de l'association Bloom.

"Je suis tellement heureux de pouvoir partager cette tribune avec toi Claire. Pour moi Blum ça voulait dire Léon (...) Nous n'avions pas l'idée que nous finirions ensemble". "Je ne m'attendais pas à être ici, encore moins avec toi", lui a-t-elle répondu, saluant avec une débordante énergie le "courage" qu'il lui a fallu pour "tenir sa ligne" en faveur d'une liste commune. "Cette fille c'est une tempête, elle ne s'arrête jamais !", a conclu M. Faure.

Alors que le PS peine à décoller des 5-6% dans les sondages à 50 jours du scrutin, les participants au meeting avaient visiblement à coeur de se rassurer.

Lancer la campagne au Stade toulousain est "de bon augure": "C'est l'équipe de tous les rebondissements. la semaine dernière (...) malgré un mauvais terrain et un joueur qui est sorti au bout de la vingtième minute, ils nous ont offert (...) une superbe victoire", a souri la députée du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault.

"Nous avons de quoi mener le combat pour aller sur la meilleure victoire", a-t-elle positivé.

Dans l'assistance enthousiaste, de nombreux drapeaux européens, mais quasiment aucun du PS, au regret de certains militants. "On nous parle de dépassement, mais il ne faudrait pas qu'on s'efface complètement", a mis en garde Germain, un militant de Limoges d'une soixantaine d'années.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le