Évacuation du campement Millénaire : une intervention tardive
Globalement satisfaits du dénouement de cette évacuation, les invités du débat sur le plateau de Sénat 360 ont pu échanger sur leur vision du traitement des migrants à Paris.

Évacuation du campement Millénaire : une intervention tardive

Globalement satisfaits du dénouement de cette évacuation, les invités du débat sur le plateau de Sénat 360 ont pu échanger sur leur vision du traitement des migrants à Paris.
Public Sénat

Par Maud Larivière

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L’évacuation du camp de migrants du Millénaire s’est déroulée mercredi. Plus d’un millier de personnes étaient entassées dans un campement proche de la porte d’Aubervilliers à Paris. La maire de Paris, Anne Hidalgo, avait lancé de multiples appels au gouvernement pour une mise à l’abri « décente » des migrants. Des désaccords entre l’exécutif et la mairie de Paris se font entendre depuis plusieurs mois.

« Ça vient un peu tard » commente Esther Benbassa, sénatrice écologiste rattachée au groupe communiste de Paris. La sénatrice qui s’est de nombreuses fois rendue sur les lieux commente : « La situation était déplorable (…) C’est indigne d’une démocratie comme la nôtre, la 5ème ou 6ème puissance économique, de voir ces personnes accumulées dans ce camp ». Pour Emmanuel Grégoire, adjoint aux finances d’Anne Hidalgo, il était « temps que ça cesse ». « Il faut que l’ensemble des acteurs concernés travaillent main dans la main » déclare l’élu qui s’érige en porte-parole de la mairie de Paris : « Ce que nous reprochons à Gérard Collomb, c’est d’avoir trop tardé, pour des raisons qu’on ne nous explique pas, sur la nécessaire mise à l’abri inconditionnelle de ces personnes ».

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Tout le monde est unanime : l’intervention s’est bien déroulée. « Je salue le fait que cette intervention se soit très bien passée, dans des conditions difficiles, sensibles » commente Pacôme Rupin, député LREM de Paris.  Il rappelle que tous les migrants qui se trouvaient dans ce camp ne pourront pas obtenir le statut de réfugié : «  Il faut bien dire que les personnes dans ces campements, souvent, ne sont pas des personnes qui répondent aux critères de la demande d’asile ».

C’est la 34ème évacuation de camp de migrants au sein de la capitale depuis 2015. « Depuis 2015 ni le gouvernement ni la mairie de Paris n’ont réussi à anticiper, pour apporter des solutions durables, pour qu’on ne puisse plus, aujourd’hui à Paris, voir des reconstitutions de la sorte, qui sont absolument indignes » critique Pierre Liscia, élu LR du 18ème arrondissement de Paris.

Le projet de loi asile et immigration arrive bientôt au Sénat. Il comporte  notamment la réduction de la durée de procédure de la demande d’asile. Selon Pacôme Rupin, ce délai « est beaucoup plus élevé que la moyenne en Europe, qui est de 14 mois, et qui, évidemment, vient engorger le système ». Pour Emmanuel Grégoire, la cause de l’engorgement « est lié au fait qu’il y a très peu de dublinés qui sont renvoyés, c’est moins de 10%, et ceux qui sont renvoyés, reviennent ». Pierre Liscia approuve et estime que l’engorgement est dû à une non-application de la loi, qui stipule de renvoyer systématiquement les déboutés de l’asile chez eux : « Pour avoir un accueil humain, il faut appliquer la loi, sinon vous avez des gens sous les ponts ! » s’exclame-t-il.

Pour Emmanuel Grégoire, l’important est d’ « empêcher la reconstitution des campements. Il y a deux réponses pour ça, il y a une approche policière (…) le choix du gouvernement, et l’autre solution, c’est créer des capacités d’hébergement de façon à gérer ces flux » analyse-t-il. « Le sujet, c’est l’accueil humain, et moi ce que je reproche beaucoup au ministre de l’Intérieur, c’est qu’en ne réglant pas rapidement ce type de situation, il crée un phénomène de stress médiatique extrêmement puissant de dégradation des conditions, qui y compris, nourrit ce sentiment très populiste d’invasion migratoire ».

La France se trouve loin derrière l’Allemagne ou encore la Suède qui ont eu un accueil plus important de migrants. L’adjoint aux finances à la mairie de Paris, estime qu’il est alors possible d’adopter « une stratégie nationale d’accueil des primo arrivants, et d’hébergement digne ».

En conclusion, le député LREM rappelle l’importance du travail d’Emmanuel Macron sur ce sujet : « Il y a aussi un travail qui est fait par le Président de la République. Hier il essayait d’avoir une solution sur la crise en Libye. Le sujet est surtout international. Il y a une action très positive de la France, parce qu’il y a un moment, il faut aussi que ces migrations, on évite qu’elles arrivent ».

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