Fabien Roussel va succéder à Pierre Laurent à la tête du PCF
Arrangement entre camarades ou vraie rupture ? Le député du Nord Fabien Roussel a été choisi mardi soir pour succéder à Pierre...

Fabien Roussel va succéder à Pierre Laurent à la tête du PCF

Arrangement entre camarades ou vraie rupture ? Le député du Nord Fabien Roussel a été choisi mardi soir pour succéder à Pierre...
Public Sénat

Par Stéphanie LEROUGE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Arrangement entre camarades ou vraie rupture ? Le député du Nord Fabien Roussel a été choisi mardi soir pour succéder à Pierre Laurent à la tête du Parti communiste, un peu plus d'un mois après un vote inédit qui a mis la direction en minorité.

Ce choix de la commission des candidatures du PCF doit encore être entériné dimanche à midi, à l'occasion du 38e Congrès du parti à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Le sénateur de Paris prendra lui la tête du Conseil national (le parlement du parti). L'ancien journaliste âgé de 61 ans avait pris en main en 2010 les destinées du Parti communiste, qui peine aujourd'hui à exister dans le paysage politique, concurrencé par La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

M. Laurent avait lui-même ouvert la porte lundi à cette solution de compromis en faisant savoir qu'il était prêt à laisser la place de numéro un à M. Roussel, à condition de se voir attribuer une place éminente.

Fait inédit pour le Parti communiste, sa direction a été désavouée début octobre lors d'un vote des adhérents. Le texte du secrétaire national Pierre Laurent a, avec 37,9% des voix, été battu par "le Manifeste pour un PCF du XXIe siècle" (42,1%), porté notamment par le patron des députés communistes André Chassaigne et par Fabien Roussel.

Âgé de 49 ans, M. Roussel a été élu député de la 20e circonscription du Nord en juin. Lui aussi ancien journaliste, il incarne au PCF une ligne "identitaire", affirmant haut et fort la volonté du parti de sortir de l'ombre de la France insoumise pour exister de manière autonome dans le débat public.

- "Petits arrangements au sommet" -

Ses partisans critiquent notamment le choix de Pierre Laurent de ne pas présenter de candidat PCF lors des deux dernières élections présidentielles, pour soutenir Jean-Luc Mélenchon.

M. Roussel a reçu dimanche le soutien du maire adjoint d'Anne Hidalgo, Ian Brossat, chef de file du PCF aux européennes.

Depuis le coup de tonnerre d'octobre, les discussions sont allés bon train entre les partisans des deux textes, afin d'éviter d'en passer par un vote fratricide.

"Je sais que les communistes ne veulent ni de la division, ni de la victoire des uns sur les autres. J'ai consulté. J'ai beaucoup parlé avec Fabien Roussel. Tout le monde souhaite qu'une liste unique soit construite demain (mardi) par notre commission des candidatures", a reconnu Pierre Laurent lundi.

Le compromis entre les deux hommes a été vivement critiqué par la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, signataire d'un troisième texte intitulé "Pour un printemps du communisme" (11,9% des voix), favorable à un rapprochement avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

"On est sur de petits arrangements au sommet. C’est du grand n'importe quoi, une tragicomédie", a-t-elle affirmé au Monde, en se montrant peu encline à participer à la future direction.

"Mon souhait, c'est qu'Elsa Faucillon participe à la direction. Il n'y a que ça qui m'anime, qu'on travaille tous ensemble", a réagi M. Roussel. Le député a affirmé mardi soir à l'AFP que des "camarades signataires du texte de Mme Faucillon (avaient été) proposés" pour rejoindre la future direction. La liste des dirigeants peut encore évoluer d'ici à dimanche.

Sous couvert d'affirmation identitaire, certains à gauche soupçonnent le PCF de tourner le dos à la France insoumise pour mieux discuter avec les socialistes. "Que font-ils à part préparer un accord avec le PS pour les municipales ?", se demande un député LFI qui a requis l'anonymat.

"Il n'y a pas plus +stal+ que le PCF du Nord. Mais ils discutent avec le PS", s'amuse de son côté un ténor socialiste.

"On ne tourne le dos à personne, on va désormais se faire respecter, c'est tout à fait différent", répond un cadre communiste.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le