Face au « désarroi » des collectivités, Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, « appelle à la prise de conscience du premier ministre »

Alors que le gouvernement demande un effort budgétaire de 5 milliards d’euros aux collectivités – « 11 milliards » selon les élus – le socialiste Karim Bouamrane affirme que « Michel Barnier est totalement inconscient ». Le PS a organisé ce matin, devant le congrès des maires, un rassemblement pour défendre les services publics.
Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Ils étaient une centaine d’élus pour exprimer leur colère. A l’occasion du congrès des maires, le PS a organisé ce mercredi matin un rassemblement des élus socialistes pour dénoncer « la casse des services publics », alors que le gouvernement Barnier prévoit 5 milliards d’euros d’économies sur les collectivités dans le budget 2025.

« On a vu à quel point, dans les discussions sur le budget ou le budget de la Sécu, comment les villes, les collectivités territoriales, sont frappées de plein fouet. Contrairement à ce qu’il se dit, ce n’est pas 5 milliards d’euros (d’effort), c’est 11 milliards. Dans une ville comme la mienne, à Saint-Ouen, c’est très concrètement moins de crèches, c’est moins de marges de manœuvre budgétaires », alerte Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis (voir la vidéo d’Aurélien Romano).

« Sans les élus locaux, la République ne peut pas faire ciment »

« Michel Barnier est totalement inconscient de partir sur une trajectoire budgétaire de moins de 15 milliards d’euros pour les collectivités territoriales. Donc le sens de notre intervention aujourd’hui, c’est de dire sans les élus locaux, la République ne peut pas faire ciment », lance le maire socialiste, qui ajoute qu’« il y a un désarroi collectif. J’appelle à la prise de conscience du premier ministre, qu’aujourd’hui, sans les élus locaux et leurs investissements, ce n’est pas seulement le sentiment de protection qui va être érodé, c’est surtout le ciment républicain ».

Pour changer le projet de loi finances, il fait « confiance d’une part au Sénat, mais aussi à toute la mobilisation des élus, qui est transpartisane ». La Haute assemblée devrait se prononcer en faveur d’une réduction à 2 milliards d’euros de l’effort demandé aux collectivités.

De son côté, le Parti socialiste a lancé une campagne de mobilisation, avec notamment une tribune signée par 1.400 élus locaux et une pétition ayant recueilli pour l’heure plus de 10.000 signatures.

Partager cet article

Dans la même thématique

Face au « désarroi » des collectivités, Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, « appelle à la prise de conscience du premier ministre »
5min

Politique

Cyberattaque contre le ministère de l’Intérieur : Laurent Nunez va généraliser « la double identification » pour l’accès aux applications 

Un mois après le piratage des serveurs informatiques du ministère de l’intérieur, Laurent Nuñez était auditionné devant la commission des lois du Sénat pour faire le point sur les mesures de sécurité prises depuis. Le ministre a également été interrogé sur l’application de la loi visant à lutter contre le narcotrafic, entrée en vigueur il y a 6 mois. 

Le

6min

Politique

Désinformation en santé : l’exécutif dévoile une stratégie nationale de riposte

Face aux risques pour la santé publique, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a dévoilé lundi les premiers axes d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation médicale. « Priorité stratégique de l’État », cette riposte reposera sur différents outils, dont un Observatoire de la désinformation et un dispositif d’infovigilance réactif. Sans toutefois prévoir de volet sanction.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
4min

Politique

Budget : le gouvernement réévalue le déficit à la hausse, à 5,4 %, suite à la non-adoption du texte à la fin de l’année

En tenant compte des conséquences fiscales de la non-adoption par le Parlement du budget avant le 31 décembre 2025, le gouvernement revoit sa prévision de déficit public en 2026, avec un solde dégradé de 0,1 point, le portant à – 5,4 % du PIB. De quoi compliquer la tâche des députés, avant même le début de l’examen du budget en nouvelle lecture…

Le