Famille : le Sénat rejette la baisse de la prestation d’accueil du jeune enfant
Lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, les sénateurs ont voté contre la diminution de la prime à la naissance et de l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE).

Famille : le Sénat rejette la baisse de la prestation d’accueil du jeune enfant

Lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, les sénateurs ont voté contre la diminution de la prime à la naissance et de l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE).
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

À l’Assemblée nationale, les députés avaient voté le dispositif qui aligne, tout en diminuant son montant, la prestation d'accueil au jeune enfant (PAJE) sur les montants et plafonds du Complément familial (versé, sous certaines conditions, aux personnes ayant au moins 3 enfants de plus de 3 ans). Cette disposition inscrite dans l’article 26 du projet de loi, qui se traduit par une baisse de 15 euros par mois pour les naissances enregistrées à partir du 1er avril 2018 (184 euros par mois actuellement contre 169 euros), a été vivement critiquée par les sénateurs de tous bords (LR, centristes, PS, communistes). La Haute assemblée a considéré qu’il s’agissait d’une atteinte à l’universalité des droits, d’autant moins compréhensible, selon eux, que la branche famille de la Sécu est excédentaire. Plusieurs amendements ont été adoptés pour supprimer cet article 26.

PLFSS: Laurence Rossignol s'oppose à la diminution de la PAJE
02:21

« J’avoue ne pas totalement comprendre pourquoi ces petites économies pour le budget de l’État qui sont de grosses économies pour les familles. (…) Pour les 150 000 familles qui vont être touchées par l’alignement des plafonds et l’expulsion du bénéfice de la PAJE, ça va être une grosse perte de revenus dans ces familles. Je ne comprends pas la logique qui consiste à faire financer par des familles modestes des économies d’une branche famille qui est revenue à l’équilibre (…) Ce n’est pas juste, ce n’est pas utile et ce n’est pas cohérent » s’est interrogée la sénatrice PS Laurence Rossignol.

Lors de la discussion générale, la ministre de la Santé et des Solidarités avait indiqué que le PLFSS s’adressait « d’abord aux personnes et aux familles les plus en difficulté ». C’est pourquoi le projet de loi prévoit une augmentation de 30% du complément de mode de garde (CMG) pour les familles monoparentales et modestes. « Je souhaite que nous rouvrions ensemble un débat sur la politique familiale et que nous définissions ensemble les objectifs que nous lui fixons. Si l’universalité est  à la fin la réponse que nous trouvons aux objectifs, dont acte. Mais il me semble que nous ne pouvons pas perdre de vue aujourd’hui les familles monoparentales et les familles pauvres  et c’est la raison pour laquelle j’ai souhaité pour ce premier PLFSS, qu’il y avait une urgence en la matière(…) Je ne voudrais pas qu’on réduise la question de la PAJE à une mesure d’économie. C’est aussi une mesure de simplification » a justifié la ministre

PLFSS: Agnès Buzyn défend les familles modestes et monoparentales et s'en prend à Laurence Rossignol
03:19

Clash entre Agnès Buzyn et Laurence Rossignol

Puis, Agnès Buzyn en a profité pour répondre à Laurence Rossignol : « Pas de leçons à recevoir de vous, Mme Rossignol. Parce que vous avez gelé la PAJE, l’allocation de base comme la prime de naissance. Dans votre gouvernement vous avez retardé le versement de la prime de naissance de 4 mois pour faire 300 millions d’économies. Alors vous ne m’expliquez pas que vous avez fait quelque chose pour les familles pauvres (voir la vidéo ci-dessus).

Une tirade qui a eu le don de vexer l’ancienne ministre socialiste. « Jamais, je n’ai répondu, ni à mes prédécesseurs, ni à mes opposants, d’une manière aussi cassante que vous venez de le faire à mon égard et tout le monde dans cette Assemblée peut en témoigner » a-t-elle répliqué.

PLFSS: Laurence Rossignol répond à Agnès Buzyn
00:40

 

Partager cet article

Dans la même thématique

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le

ZFE la fin des Zones a Faibles Emissions votee par l Assemblee Nationale
3min

Politique

Loi de « simplification » : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE et l’assouplissement du ZAN

Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.

Le