Fermeture des écoles, municipales maintenues, « union sacrée » : les principales déclarations de Macron sur le coronavirus
Face à la gravité de la situation liée au coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de toutes les écoles. Les transports publics sont maintenus, mais les Français sont invités « à limiter tous leurs déplacements au strict nécessaire ». Le Président a aussi tenu une fin de discours marquée à gauche, estimant que « des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché ».

Fermeture des écoles, municipales maintenues, « union sacrée » : les principales déclarations de Macron sur le coronavirus

Face à la gravité de la situation liée au coronavirus, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de toutes les écoles. Les transports publics sont maintenus, mais les Français sont invités « à limiter tous leurs déplacements au strict nécessaire ». Le Président a aussi tenu une fin de discours marquée à gauche, estimant que « des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché ».
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Devant l’intensification de l’épidémie de coronavirus, Emmanuel Macron a décidé de s’adresser à la Nation. Sa prise de parole de 26 minutes a pris une tournure particulière, alors que la France a dépassé ce jeudi 12 mars les 61 morts et les 3000 contaminés recensés – en réalité beaucoup plus, avec les cas non testés et sans symptôme. Une allocution solennelle, non pas pour annoncer un report des municipales – la rumeur est montée en fin de journée – ni le passage au stade 3. Mais principalement, la fermeture « à partir de lundi » des « crèches, écoles, collèges, lycées, universités ». Voici les principaux points de la déclaration du chef de l’Etat.

Elections municipales maintenues

Coronavirus : Emmanuel Macron maintient les élections municipales
01:22

Le JDD a allumé la mèche dans l’après-midi. L’entourage du chef de l’Etat évoque un possible report, mais rien ne serait décidé. Au final, comme l’affirme l’exécutif depuis plusieurs jours, il n’en est rien. Le scrutin se tiendra bien comme prévu, les 15 et 22 mars. « J’ai interrogé les scientifiques sur la tenue de nos élections municipales (…) Ils considèrent que rien ne s’oppose à ce que les Français, y compris les plus vulnérables, ne se rendent aux urnes. J’ai aussi demandé au premier ministre de consulter les familles politiques et elles ont exprimé la même volonté ». Mais bien sûr, « il conviendra de veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires. Je fais confiance aux maires et au civisme de chacun d’entre vous. Je sais aussi que les maires et les services de l’État ont bien organisé les choses ».

Fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités

C’est l’annonce majeure. Certains pays européens avaient ouvert la voie. La France s’y met à son tour. « A partir de lundi », « crèches, écoles, collèges, lycées, universités » seront fermées, « et jusqu’à nouvel ordre ». Concrètement, ce sont 12,4 millions d’élèves en France qui sont concernés et 1,6 million d’étudiants. Une annonce qui va sérieusement compliquer la vie de beaucoup de familles et familles monoparentales.

Il s’agit de « gagner du temps » face à la propagation, car les enfants « sont ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus ».

« Un service de garde sera mis en place par région pour que les personnes » nécessaires « à la bonne gestion de la crise sanitaire » puissent « faire garder leurs enfants et continuer d’aller au travail ». Ce qui, concrètement, revient à organiser une garde d’enfants… Il s’agit donc a priori d’une exception dans le dispositif.

Transports publics maintenus

« Les transports publics seront maintenus car les arrêter, ce serait tout bloquer », notamment les mouvements des personnels soignants. « Mais j’invite tous les Français à limiter tous leurs déplacements au strict nécessaire » et à « limiter au maximum les rassemblements ».

Report des « opérations non urgentes »

A l’hôpital, « les soins non essentiels seront reportés, c’est-à-dire les opérations non urgentes ». Il s’agit de gagner des lits. Alors que la crise de l’hôpital est toujours là, il ajoute que « la santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires (…) pour sauver des vies, quoi qu’il en coûte ». Le gouvernement compte faire appel aussi aux « étudiants et jeunes retraités ».

Les plus de 70 ans doivent « rester autant que possible à leur domicile »

Face à l’épidémie, il faut gagner du temps pour éviter de saturer les services d’urgence et de réanimations. Et pour protéger les personnes âgées, public à risque, Emmanuel Macron « demande à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à ceux qui souffrent de maladie chronique, de trouble respiratoire (…) de rester autant que possible à leur domicile ». « Elles doivent limiter leurs contacts au maximum ».

Trêve hivernale reportée de deux mois

Emmanuel Macron annonce, pour « les plus démunis », que « la trêve hivernale sera reportée de deux mois ».

« Mobilisation générale sur le plan économique »

Dans l’esprit des mesures déjà annoncées cette semaine, le gouvernement va venir en aide aux entreprises. Les mesures d’exception pour le chômage partiel « iront beaucoup plus loin ». « Toutes les entreprises qui le souhaitent pourront reporter le paiement des cotisations et impôts dus en mars » annonce Emmanuel Macron.

Le Président demande aussi « au gouvernement de préparer un plan de relance nationale et européenne ». Quant aux décisions de la Banque centrale européenne, le chef de l’Etat juge qu’elles ne seront pas suffisantes « et il lui appartiendra d’en prendre de nouvelles »…

« Nous aurons sans doute à prendre des mesures de contrôle, de fermeture »

S’il faut éviter l’écueil « du repli nationaliste », Emmanuel Macron évoque des décisions futures : « Nous aurons sans doute à prendre des mesures de contrôle, de fermeture à prendre mais il faudra les prendre quand il faudra les prendre. (…) et à l’échelle européenne ».

« Le temps est à l’union sacrée »

« Je compte sur vous pour faire Nation » dit le chef de l’Etat. « Le temps est à cette union sacrée (…) qui consiste à ne céder à aucune panique, peur, facilité ». « La France unie, c’est notre atout, dans la période troublée que nous traversons. Nous tiendrons, tous ensemble ». « Le gouvernement ne peut pas tout seul, car nous sommes une Nation » ajoute encore le chef de l’Etat.

Il faut « inventer de nouvelles solidarités », protéger les anciens « en limitant les visites » ou « aider le voisin » à garder ses enfants s’il travaille dans le milieu médical.

« Interroger notre modèle de développement » : une fin de discours marquée à gauche

Au-delà des mesures d’urgence, c’est peut-être la partie la plus surprenante de la déclaration d’Emmanuel Macron. Il donne – dans les mots – un bon coup de barre à gauche à sa philosophie politique. Une forme d’acte II bis, pour ne pas dire d’acte III, qui serait le retour de la jambe gauche du macronisme, éclipsée aujourd’hui par la jambe droite.

Car selon le chef de l’Etat, il faut « interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde et qui dévoile ses failles au grand jour ». Autre propos, qu’on croirait sorti de la bouche d’un socialiste ou même d’un communiste : « Notre Etat providence, ce ne sont pas de coûts ou des charges, mais des biens précieux »… « Des biens et des services doivent être placés en dehors des lois du marché » lance-t-il encore. Il ajoute :

Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fonds, à d’autres, est une folie.

« Nous devons rependre le contrôle » sur certaines productions, alors que la crise a montré, par exemple, nos dépendances concernant les productions de médicaments. Et de conclure, très énigmatique : « Les prochaines semaines et prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens ».

Beaucoup, à gauche, diront que ce ne sont que des paroles. Pour en savoir plus, rendez-vous, sûrement, après les municipales. La convention citoyenne sera notamment l’occasion pour l’exécutif de reprendre des propositions écologiques, qui pourraient être validées par un référendum à choix multiple.

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