Ferrand : le gouvernement tente de minimiser et veut laisser les électeurs juges
Le Premier ministre Edouard Philippe a renouvelé vendredi sa "confiance" à Richard Ferrand, après les révélations sur une affaire...

Ferrand : le gouvernement tente de minimiser et veut laisser les électeurs juges

Le Premier ministre Edouard Philippe a renouvelé vendredi sa "confiance" à Richard Ferrand, après les révélations sur une affaire...
Public Sénat

Par Marie DHUMIERES

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Edouard Philippe a renouvelé vendredi sa "confiance" à Richard Ferrand, après les révélations sur une affaire immobilière concernant sa compagne, laissant aux électeurs bretons le soin de décider du sort du ministre, candidat dans le Finistère.

Alors même que son gouvernement planche sur sa première loi, consacrée à la moralisation de la vie publique, M. Philippe a déclaré: "Richard Ferrand a ma confiance".

Selon lui, les électeurs de la circonscription de Carhaix-Plouguer "pourront dans deux semaines dire si, comme moi, ils ont confiance en Richard Ferrand".

"Ce sera le juge de paix, celui que personne ne peut dépasser en démocratie", a ajouté le Premier ministre, en marge d'un déplacement à Paris en soutien à son secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi, candidat aux législatives, dont l'adversaire socialiste Jean-Christophe Cambadélis avait demandé "solennellement" à l'exécutif de s'exprimer sur l'affaire Ferrand.

Selon le Canard Enchaîné, les Mutuelles de Bretagne dont Richard Ferrand était alors le directeur général avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins. L'entreprise avait choisi, entre trois propositions, celle d'une société immobilière appartenant à la compagne du ministre.

Une affaire qui touche un des plus proches d'Emmanuel Macron et "tombe mal", de l'aveu du porte-parole du gouvernement Christophe Castaner: "l'exemplarité" en politique était au coeur de sa campagne.

M. Cambadélis a dénoncé une affaire d'"enrichissement personnel", qui "est en train de devenir l'affaire principale de cette élection", comme le Penelopegate avait pesé sur toute la campagne présidentielle.

Au micro de BFMTV, le premier secrétaire du PS a prédit son déroulement: "Acte 1 : un journal satirique ou autre révèle une affaire. Acte 2 : l'homme politique dit +Il n'y a rien à voir, circulez+ Acte 3 : il y a l'explication la semaine suivante de cette affaire. Acte 4 : il démissionne".

- Pas "une affaire", mais un "débat" -

Mais le Premier ministre a tenté de minimiser la polémique, affirmant qu'il s’agissait juste d'un "débat".

"Il n'y a aucune procédure juridictionnelle en cours, il n'y a donc pas une affaire, il y a un débat. Ce débat, il est politique et il sera tranché par ceux qui sont les plus à même et les mieux à même de trancher les débats politiques, qui sont les électeurs et les citoyens français", a déclaré Edouard Philippe.

M. Castaner a souligné pour sa part que "si le parquet juge utile d'intervenir, il a toute la liberté de le faire".

Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde s'est lui "étonné" qu'aucune enquête n'ait été ouverte par le parquet : "ce qui me choque - je ne connais pas le fond du dossier, je ne sais pas s'il y a délit - c'est qu'il n'y ait même pas enquête, ne serait-ce que pour lui. Moi, à sa place, je demanderais au Parquet d'enquêter pour démontrer son innocence", a déclaré M. Lagarde sur RTL.

Une source proche du dossier avait fait savoir mercredi que le parquet national financier (PNF) n'est pas compétent "à ce stade" pour ouvrir une enquête, alors que le parti Les Républicains avait auparavant annoncé son intention de le saisir.

Pour M. Lagarde, "la situation dans laquelle (M. Ferrand) se met lui-même en disant +j'exclus totalement de démissionner+ fait qu'on pourrait continuer à nourrir le soupçon", alors que M. Ferrand a assuré jeudi que "pas une seconde" il n'a pensé à renoncer à son poste de ministre.

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée Olivier Faure a lui demandé sur BFMTV et RMC des "règles claires" sur la moralisation de la vie publique, faute de quoi le gouvernement s'expose à un "nouveau feuilleton", "désastreux" pour sa crédibilité.

L'affaire "démontre encore plus clairement et encore plus fortement la nécessité d'avoir des règles d'une très grande clarté afin de pouvoir les respecter de façon extrêmement stricte", pour que les responsables publics ne se placent pas "dans des situations qui seraient légales mais contestées", a admis Edouard Philippe.

Partager cet article

Dans la même thématique

The petition calling for the closure of CNews has surpassed 500,000 signatures—a first step toward a potential debate on the floor of the National Assembly.
8min

Politique

Pétition : la chaîne CNews peut-elle disparaître de la TNT ?

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale demandant la suppression de CNews de « l’audiovisuel français » a dépassé, mardi, les 700 000 signatures. Le texte, qui décrit CNews comme « une machine de propagande » de l’extrême droite, demande à l’Arcom de retirer la convention TNT de la chaîne de la galaxie Bolloré. En septembre, un recours en ce sens a été déposé devant le Conseil d’État par 71 professeurs d’université.

Le

Paris: David Lisnard Cloture Congres des Maires 2025
11min

Politique

« Le congrès des maires de France ne peut pas devenir un temps de la présidentielle » : avec David Lisnard contesté, il se passe quelque chose… à l’AMF

Alors que se tient le congrès de l’Association des maires de France fin novembre, la candidature du président sortant, David Lisnard, est mise à mal. La gauche et le centre l’accusent d’un « mélange des genres », pour celui qui brigue aussi l’Elysée. Et les maires de gauche ne devraient pas se priver de voter pour le centriste Philippe Laurent, qui « pense que l’AMF est en danger ». S’il est réélu, l’entourage de David Lisnard assure qu’il se « mettra en retrait » de l’AMF et « il y aura une direction collégiale temporaire ».

Le

Orleans: Closing Ceremony of the Rassemblement National Rally’s Campaign Kickoff Event presidential
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le débat sur l’inéligibilité de Marine Le Pen relancé

La semaine dernière, Didier Guérin, président de chambre honoraire à la Cour de cassation, a relancé le débat sur la légalité de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Dans les colonnes du Monde, ce haut magistrat a affirmé que la députée RN était actuellement inéligible tant que la Cour de cassation n’a pas rendu sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens de son parti. Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature au sujet de Didier Guérin. Explications

Le