Feu vert des députés en commission à la suppression de la réserve parlementaire
Les députés ont validé en commission dans la nuit de mercredi à jeudi la suppression de la réserve parlementaire, dans le cadre de l'examen des...

Feu vert des députés en commission à la suppression de la réserve parlementaire

Les députés ont validé en commission dans la nuit de mercredi à jeudi la suppression de la réserve parlementaire, dans le cadre de l'examen des...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Les députés ont validé en commission dans la nuit de mercredi à jeudi la suppression de la réserve parlementaire, dans le cadre de l'examen des projets de loi sur la moralisation de la vie publique.

Régulièrement critiquée comme une pratique "clientéliste", la réserve parlementaire, dont disposent les députés et sénateurs pour attribuer des subventions à des associations ou des collectivités, a représenté 147 millions d'euros en 2017.

Le Sénat, qui a examiné les projets de loi avant l'Assemblée, avait prévu en remplacement de la réserve une dotation de soutien à l'investissement des communes. Mais le gouvernement, qui veut une véritable "rupture", n'y est pas favorable.

La commission des Lois de l'Assemblée n'a pas adopté de dispositif alternatif à la réserve, mais prévu son extinction progressive jusqu'en 2024, soit à la fin du versement des crédits engagés avant 2018 pour des projets s'étendant dans la durée, en vertu d'un amendement de la rapporteure Yaël Braun-Pivet (République en marche).

Les élus REM, MoDem et Insoumis se sont prononcés pour la suppression de cette réserve, tandis que les LR et Nouvelle Gauche (ex-PS) se sont élevés contre.

"Prenons le temps" et "ne commettons pas une erreur irréversible", a plaidé David Habib (NG), tandis que ses collègues ont fait valoir les avancées en transparence et en égalité entre parlementaires sous le précédent quinquennat.

La droite a récusé l'idée d'un clientélisme, évoquant "un coup de pouce donné à des collectivités" et un affaiblissement du rôle du parlementaire.

Le groupe REM en réunion interne était loin d'être unanime sur la suppression de la réserve parlementaire, mais ces divergences ne sont pas apparues en commission.

Des députés de plusieurs bords, y compris MoDem, ont cherché en vain à supprimer également la réserve ministérielle, qui s'élève à quelque cinq millions d'euros annuels. La rapporteure a assuré qu'une telle mesure ne pouvait relever que de la loi de finances, ce qui a étonné plusieurs parlementaires.

- Deux projets adoptés -

En moyenne "80% de la réserve ministérielle est attribuée à des circonscriptions d'élus de la majorité", a pointé Olivier Dussopt (NG), y voyant un système particulièrement "inégalitaire". Comme d'autres groupes, le MoDem a demandé des garanties sur la fin de cette réserve, sans réponse.

La commission a adopté les deux projets de loi de moralisation (ordinaire et organique), avant leur présentation, dans leurs versions ainsi amendées, dans l'hémicycle à partir de lundi.

Au pas de charge depuis mercredi matin, avec 350 amendements à examiner, les députés avaient voté notamment un nouveau dispositif d'interdiction des emplois familiaux de collaborateurs pour les ministres, les parlementaires et les exécutifs locaux, ainsi qu'un nouveau régime de prise en charge des frais de mandat parlementaire.

Les débats ont été nourris également sur les incompatibilités professionnelles pour les parlementaires, Delphine Batho (NG) notamment souhaitant l'interdiction de l'activité parallèle de conseil, "engagement du candidat Macron" qui permettrait d'éviter "de la corruption", a-t-elle rappelé lors d'un vif échange. Mais la rapporteure a évoqué "une interdiction trop générale et absolue", encourant un risque d'inconstitutionnalité. Le projet de loi prévoit qu'il est interdit de poursuivre une activité de conseil si elle a débuté moins d'un an avant le début du mandat.

Dans l'ensemble, la commission a souvent rétabli la rédaction initiale des projets de loi, supprimant des modifications opérées par le Sénat, notamment sur le quitus fiscal pour les parlementaires en début de mandat. En outre, l'habilitation du gouvernement à créer par ordonnance une "banque de la démocratie" pour le financement des partis et candidats a été réinscrite dans le texte.

Mais le gouvernement voulait revenir sur la fin, votée par les sénateurs, des missions temporaires confiées aux parlementaires. La rapporteure s'y est opposée et l'amendement gouvernemental n'a pas été adopté.

Enfin, les députés ont réintroduit dans le titre des projets de loi la notion de "confiance dans la vie publique", là où les sénateurs avaient préféré l'idée de "régulation".

Partager cet article

Dans la même thématique

Feu vert des députés en commission à la suppression de la réserve parlementaire
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Feu vert des députés en commission à la suppression de la réserve parlementaire
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le