François Fillon a dénoncé un "scandale d'Etat" et accusé François Hollande d'organiser à la tête d'un "cabinet noir" les fuites dans la presse...
Fillon accuse Hollande d’animer un « cabinet noir », qui dément
François Fillon a dénoncé un "scandale d'Etat" et accusé François Hollande d'organiser à la tête d'un "cabinet noir" les fuites dans la presse...
Par Nadège PULJAK, Déborah CLAUDE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
François Fillon a dénoncé un "scandale d'Etat" et accusé François Hollande d'organiser à la tête d'un "cabinet noir" les fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires, le chef de l'Etat dénonçant en retour des "allégations mensongères".
Le chef de l'Etat n'a pas attendu la fin de L'Emission politique de France 2 pour "condamner avec la plus grande fermeté les allégations mensongères" de M. Fillon, assurant n'avoir été "informé" des affaires concernant ce dernier que "par la presse". Les propos de Fillon apportent "un trouble insupportable" à la campagne présidentielle, a-t-il ajouté.
"Le seul scandale ne concerne pas l'Etat, mais une personne qui aura à en répondre devant la justice", a insisté la présidence.
Le chef de l'Etat réagissait à des accusations portées par le candidat de la droite à l'élection présidentielle, mis en examen notamment pour recel et complicité d'abus de biens sociaux et détournement de fonds publics dans le dossier des emplois présumés fictifs de son épouse.
Penelope et Marie, l'épouse et la fille de François Fillon lors de de L'Emission politique de France 2, le 23 mars 2017 à Paris
AFP
"Ca fait deux mois que la presse déverse sur moi des torrents de boue", s'est emporté dès le début de l'émission le député de Paris, donné éliminé dès le premier tour dans tous les sondages.
"Ca m'a fait souvent penser à Pierre Bérégovoy", a même confié M. Fillon, en référence à l'ancien Premier ministre socialiste, mis en cause dans une affaire de prêt et qui s'était suicidé en 1993. "J'ai compris pourquoi on pouvait être amené à cette extrémité", a expliqué M. Fillon.
Il a ensuite porté de lourdes accusations contre François Hollande, qui serait à la tête d'un "cabinet noir".
"Il y a un livre qui sort ces jours-ci, dont j'ai pu lire les bonnes feuilles, qui a été écrit par des journalistes qui sont très loin d'être mes amis puisque deux d'entre eux sont des journalistes du Canard enchaîné", a fait valoir M. Fillon.
François Hollande à l'Elysée le 23 mars 2017 à Paris
POOL/AFP
Ce livre ("Bienvenue Place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat", ndlr) "explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l'intéressent à son bureau, ce qui est d'une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur les informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls", a-t-il expliqué.
Selon lui, "on cherchait un cabinet noir, on l'a trouvé, en tout cas, à travers ces allégations".
Un des auteurs, Didier Hassoux, a démenti sur franceinfo les propos de M. Fillon, assurant n'avoir "jamais écrit ça" et accusant le candidat d'avoir voulu faire un "coup".
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a dénoncé dans un communiqué "les affirmations sans fondement" de M. Fillon, qui "a voté systématiquement contre tous les textes renforçant l'indépendance de la justice et favorisant la transparence de la vie politique".
- Il a rendu les costumes -
"Moi, ce soir, solennellement, je demande qu'il y ait une enquête d'ouverte sur les allégations qui sont portées dans ce livre, parce que c'est un scandale d'Etat", a insisté François Fillon.
"Si ce qui est écrit dans ce livre est vrai, je pense que dans l'histoire récente de la Ve République, un chef d'Etat n'est jamais aussi loin dans l'illégalité, la prise de pouvoir sur des services sur lesquels il ne devrait pas avoir autorité", a-t-il également affirmé.
Celui à qui la victoire à la présidentielle semblait promise après son triomphe à la primaire de la droite a ensuite fait son mea culpa au sujet des costumes de luxe que lui avait offerts son "ami" Robert Bourgi, un avocat proche des réseaux de la Françafrique.
"J'ai eu tort d'accepter" ces costumes et "je les ai rendus", a-t-il indiqué à propos de trois costumes de luxe, d'une valeur totale de 13.000 euros.
Il a en revanche balayé d'un revers de main les informations du Canard Enchaîné au sujet du paiement à sa société de conseil, 2F, d'une somme de 50.000 dollars pour mettre en relation une homme d'affaires libanais et le président russe Vladimir Poutine.
Comme il est habituel dans cette émission avec chaque invité, François Fillon a été confronté à une invitée surprise, en la personne de la romancière Christine Angot, avec qui il a eu un échange très tendu.
Le candidat de la France insoumise à l’élection présidentielle remet dans le débat sa proposition d’effacement des 20 % de la dette publique logée dans la Banque de France. Une solution en apparence miracle, qui en réalité rencontrerait plusieurs difficultés. Risques inflationnistes, mise au ban de l’Europe, perte de confiance : des obstacles comme des dangers barrent la route.
À quelques jours de la rentrée scolaire, Édouard Philippe et Gabriel Attal font de l’éducation l’un des premiers terrains de la présidentielle de 2027. Les deux anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron partagent un constat : niveau scolaire insuffisant, recrutement difficile, rémunération trop faible des enseignants, problèmes d’autorité, mais divergent sur les réponses à apporter. Une bataille programmatique qui les oblige aussi à se confronter à leur propre bilan au sein de la majorité depuis la présidentielle de 2017.
Le bloc social-démocrate s’organise pour trouver son candidat à la présidentielle. Le Parti socialiste et Place publique organisent une primaire destinée à leurs adhérents et sympathisants. Ses modalités ont été longuement débattues : la question du prix de la participation ainsi que l’engagement à ne pas s’allier avec LFI aux législatives ont agité les négociateurs. L’accord trouvé doit être validé par les organes décisionnels des deux partis ce mardi soir.
Fasciné depuis son enfance par la vie d’Yves Montand, dans son film Montand est à nous, Yves Jeuland nous propose un voyage dans la vie de la star française. Une forme d’inventaire affectif du réalisateur pour celui qui fut tour à tour un chanteur et un comédien engagé aux côtés du parti communiste avant d’en dénoncer les errements, dans l’un de ses rôles les plus célèbres, dans le film de Costa Gavras l’Aveu. "Montand est à nous", un documentaire d’Yves Jeuland à voir cet été sur Public Sénat.