Fillon accuse Macron de « lâcheté électorale »
François Fillon, en meeting vendredi soir à Maisons-Alfort après l'ouverture d'une information judiciaire sur les emplois...

Fillon accuse Macron de « lâcheté électorale »

François Fillon, en meeting vendredi soir à Maisons-Alfort après l'ouverture d'une information judiciaire sur les emplois...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon, en meeting vendredi soir à Maisons-Alfort après l'ouverture d'une information judiciaire sur les emplois présumés fictifs de sa famille, a consacré une grande partie de son discours à dénoncer ses rivaux à la présidentielle, notamment Emmanuel Macron, accusé de "lâcheté électorale".

L'ouverture d'une information judiciaire pour "détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique", a été annoncée quelques minutes avant la prise de parole de M. Fillon. L'enquête a été confiée à des juges d'instruction.

M. Fillon n'a lui-même pas réagi directement. "Nous allons, mes amis, contrer les attaques, nous allons traverser les tempêtes, nous allons foncer", a-t-il lancé à la fin de son intervention.

Au lendemain de "l'alliance" scellée entre François Bayrou et Emmanuel Macron en vue de l'élection présidentielle, M. Fillon a choisi de multiplier les attaques contre l'ancien ministre de l'Economie, l'accusant de "lâcheté électorale" et voyant en lui "l'homme qui veut sauver le socialisme sans le dire".

M. Macron "réussit à faire pire que François Hollande", a dénoncé le candidat de la droite, quelques heures après la présentation par son rival des contours budgétaires de son projet, qui prévoit notamment soixante milliards d'euros d'économies en cinq ans.

Le projet de Macron, "c'est de la soupe tiède" que "François Hollande aurait pu signer", a asséné M. Fillon, qui se bat selon les sondages avec M. Macron pour la deuxième place au premier tour de la présidentielle, derrière Marine Le Pen, la présidente du Front national systématiquement donnée en tête du premier tour.

"Le cadrage financier d’Emmanuel Macron se fonde sur un diagnostic faux", a martelé l'ancien Premier ministre. "Il est bien le seul à croire les prévisions budgétaires du gouvernement actuel, qui a multiplié les dépenses ces derniers mois, lorsqu’il affirme que la France sera en-dessous de 3 % de déficit en 2017. En réalité, le déficit sera d’au moins 3,4% en 2017 et pourrait atteindre 3,8% en 2018 si rien n’est fait rapidement".

"Il y a un mois, il parlait, comme moi, de 100 milliards d’économies budgétaires en 5 ans. Pschitt, nous sommes maintenant à 60 milliards. En quelques jours, 40 milliards ont disparu du programme. C’est ce qu’on appelle avoir des convictions…", a ironisé M. Fillon.

Il a également reproché à M. Macron de parler de "10 milliards d'économies" sur l'assurance chômage mais de ne proposer "aucune mesure sérieuse" pour y parvenir, d'être "vague" sur les 35 heures, de ne pas faire "d'annonces claires" sur les retraites.

Le président du MoDem "a cru bon d’apporter son soutien à Emmanuel Macron, comme il l’avait autrefois apporté à François Hollande en 2012. Rien de nouveau. Il y a six mois, Bayrou étrillait Macron, le candidat des +forces de l’argent+, disait-il avec mépris. Aujourd’hui, il lui propose une alliance. Laissons les girouettes voler avec les girouettes. Nous, nous ne tournons pas avec le vent", a-t-il assuré.

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Fillon accuse Macron de « lâcheté électorale »
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le