François Fillon, candidat de la droite à la présidentielle, a appelé mardi à choisir "le sursaut" face à la "dictature" ou le "marketing du vide" et a exhorté ses partisans à "donner un coup de collier", lors d'un meeting à Lille.
Dans un long discours, l'ancien Premier ministre, que les sondages donnent absent du second tour, a comme d'ordinaire égratigné ses concurrents, au premier rang desquels Emmanuel Macron.
"Il faut plus qu’un emballage rajeuni pour renouveler réellement la politique. Il faut plus que quelques couvertures de magazines pour faire un homme d’Etat", a-t-il lancé en parlant aussi de "vieille soupe dans une marmite neuve".
"La séduction dont est capable le marketing du vide dure aussi peu que l’ivresse d’un soir. Elle garantit surtout des réveils difficiles", a-t-il ajouté. Et encore un peu plus tard: "sa campagne, c'est du plastique et sa présidence, ce sera du blabla".
François Fillon à la fin du meeting de Lille le 18 avril 2017
AFP
"Dans un siècle, les livres d’histoire diront peut-être qu’en cette année 2017, la France a fait le choix de s’entêter dans les vieilles recettes qui n’ont jamais marché. Qu’elle a choisi le déclin et le repli", a-t-il lancé.
"Peut-être même aura-t-elle choisi la +dictature+, trop lasse qu'elle était de sa liberté, comme ces citoyens surendettés de l'Antiquité qui se vendaient comme esclaves", a-t-il ajouté sans citer aucun nom.
"Mais on dira peut-être aussi, c’est mon espérance, qu’entre avril et juin 2017, la France a choisi le sursaut", a-t-il dit avant d’égrainer tous ses thèmes de campagne, du "terrorisme islamiste" à la dette en passant par la fin des 35 heures.
"Parlera-t-on des affaires ? Parlera-t-on des bavardages qui nous ont assourdis ?", a-t-il encore dit. "Si j’ai des regrets, c’est de ne pas avoir pu expliquer plus encore mon projet", a-t-il ajouté.
Il a conclu un discours de près d'une heure en exhortant ses partisans à "donner encore un coup de collier", car "il y a des voix à conquérir, des arguments à faire valoir, des amis à faire revenir. Chaque voix comptera".
L'ancien ministre et président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, peu présent dans la campagne, a lancé à l'assistance: "Personne ne décidera à votre place".
Afin de faire le point sur les défaillances qui ont conduit à l'affaire Lyhanna, le ministre de la Justice ainsi que le ministre de l’Intérieur étaient auditionnés par la commission des lois du Sénat ce mardi matin. « Défaillances graves », « fonctionnement des parquets », « dysfonctionnements », retrouvez les temps forts de cette audition.
Alors que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, « pense » qu’il y a avant tout « des défaillances » dans cette affaire, les sénateurs de la commission des lois estiment que les raisons sont multiples. Dominique Vérien pointe la faiblesse des consignes du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le manque de moyens est aussi relevé. « Les magistrats travaillent comme des dingues, faudra sortir du déni et de l’aveuglement », alerte la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie.
Le président des Républicains a appuyé son ancien collègue garde des Sceaux, dans l'affaire Lyhanna. Ce drame met en lumière, selon lui, « un problème systémique » dans la justice.
Le candidat LR à la présidentielle a interpellé l’exécutif et les parlementaires du camp présidentiel quant aux suites à donner à l’accord trouvé au niveau européen sur les nouvelles règles d’éloignement des migrants déboutés du droit d’asile. « Il faut que ce soit appliqué immédiatement » et « dans sa totalité », a enjoint l’ancien ministre de l’Intérieur.