Fillon en campagne malgré le désarroi de ses troupes
François Fillon, sous le feu des révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme qui plongent la droite en plein désarroi, a poursuivi...

Fillon en campagne malgré le désarroi de ses troupes

François Fillon, sous le feu des révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme qui plongent la droite en plein désarroi, a poursuivi...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

François Fillon, sous le feu des révélations sur les emplois présumés fictifs de sa femme qui plongent la droite en plein désarroi, a poursuivi mercredi vaille que vaille sa contre-offensive, avec un déplacement à Juvisy, en banlieue parisienne.

L'ex-Premier ministre s'est rendu à Juvisy-sur-Orge pour une visite centrée sur la sécurité, l'occasion d'évoquer l'affaire Théo, ce jeune d'Aulnay-sous-Bois victime d'un viol présumé lors d'une arrestation.

Evoquant des "fautes" commises par les policiers mis en cause, qui "doivent être sanctionnées", M. Fillon a saisi l'occasion d'afficher son soutien aux forces de sécurité en général, "qui n'ont rien à voir là-dedans".

L'objectif du déplacement était de revenir sur les sujets régaliens et de tourner la page des affaires qui plombent depuis deux semaines le candidat de la droite à la présidentielle.

Des manifestantes anti-Fillon à Athis-Mons, en France, le 8 février 2017
Des manifestantes anti-Fillon à Athis-Mons, en France, le 8 février 2017
AFP

Mais dans son camp, le désarroi domine toujours, même si publiquement, les ténors de la droite affichent résolution et optimisme, après l'offensive médiatique menée depuis lundi avec sa conférence de presse et sa "Lettre aux Français".

"Il a réussi à remobiliser derrière lui", s'est réjoui mercredi son porte-parole Thierry Solère.

"Mardi, lors de la réunion des parlementaires LR à son QG de campagne, il y a eu une longue salve d’applaudissements à l’issue de son discours, et hier soir, nous avions déjà près de 3.000 inscrits au meeting de Poitiers jeudi", se félicite le député de Boulogne-Billancourt.

François Fillon en campagne à Athis-Mons, près de Paris, le 8 février 2017
François Fillon en campagne à Athis-Mons, près de Paris, le 8 février 2017
POOL/AFP

Un ancien ministre se déclare "épaté par Fillon, qui a réussi à retourner ceux qui voulaient mener une fronde". "On n’a pas le choix", tempère cependant ce haut responsable. "Avec lui, on a une chance de gagner, sans lui, on a la certitude de perdre".

Mais un important élu local ne cache pas son "immense doute". "Il y a deux mois, la présidentielle était imperdable, aujourd’hui on a peur d’être balayés aux législatives", dit-il.

François Bayrou, qui pourrait se lancer dans une quatrième course à l'Elysée, n'y est pas allé de main morte en décrivant un candidat "sous l'influence des puissances d'argent", dans une allusion aux rémunérations qu'il a perçues, notamment de l'assureur Axa, dont l'ancien PDG, Henri de Castries, est un de ses soutiens pour la présidentielle.

- "Supplice chinois" -

Un ancien ministre s’alarme: "les électeurs de droite sont fondamentalement déçus, on ne peut plus faire campagne sur le terrain, on ne nous parle que de ça, François Fillon a pris tout le monde en otage. On joue notre va-tout sur un mec plombé. C’est le supplice chinois, avec les unes du Canard qui s’enchaînent".

Le candidat à la présidentielle François Fillon en campagne à Athis-Mons, en France, le 8 février 2017
Le candidat à la présidentielle François Fillon en campagne à Athis-Mons, en France, le 8 février 2017
POOL/AFP

Mercredi, l’hebdomadaire satirique a encore fait sa Une sur le Penelopegate, affirmant que l’épouse de M. Fillon avait touché 45.000 euros d'indemnités à l'issue de contrats d'assistante parlementaire, en 2002 puis 2016.

Des déclarations de Jeanne Robinson-Behre, ancienne assistante parlementaire de Marc Joulaud, qui fut employeur de Penelope Fillon, n'a pu qu'ajouter aux doutes en assurant "n'avoir pas travaillé avec" l'épouse du candidat, ce qui "ne veut pas dire qu'elle ne travaillait pas".

"Il y a des pratiques et ces pratiques les Français ne peuvent plus les accepter. (...) Il faut tout décaper. Il faut un grand nettoyage. Il faut des réformes profondes", a réclamé pour sa part le sarkozyste Christian Estrosi, président de la région Paca.

L'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a critiqué la stratégie de défense de François Fillon, déplorant qu'elle prolonge un "feuilleton médiatique et judiciaire hémorragique".

"A cause de notre absence de crédibilité, les électeurs se retournent soit vers un gourou, soit vers un hologramme, soit un faux rêveur", déplore de son côté un député européen, en allusion à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon.

"Quant à Marine Le Pen et ses emplois fictifs, ça ne l’empêche pas de caracoler en tête. Et nous, on a un père la rigueur pris la main dans le pot de confiture", s'emporte-t-il.

François Fillon, en baisse de 3 points sur une semaine à 18% d'intentions de vote, serait devancé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, tous deux en hausse, au premier tour de la présidentielle, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTélé et Sud Radio.

Partager cet article

Dans la même thématique

Fillon en campagne malgré le désarroi de ses troupes
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Fillon en campagne malgré le désarroi de ses troupes
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Fillon en campagne malgré le désarroi de ses troupes
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le