Fillon: l’enquête sur les emplois fictifs présumés étendue aux costumes
L'enquête sur de possibles emplois fictifs qui a valu à François Fillon d'être mis en examen en pleine campagne présidentielle a été étendue aux...

Fillon: l’enquête sur les emplois fictifs présumés étendue aux costumes

L'enquête sur de possibles emplois fictifs qui a valu à François Fillon d'être mis en examen en pleine campagne présidentielle a été étendue aux...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

L'enquête sur de possibles emplois fictifs qui a valu à François Fillon d'être mis en examen en pleine campagne présidentielle a été étendue aux conditions dans lesquelles des costumes de luxe lui ont été offerts, a affirmé jeudi à l'AFP une source judiciaire, confirmant une information de Marianne.

Le parquet national financier a élargi l'enquête des juges d'instruction à des soupçons de trafic d'influence, a précisé cette source. Le Journal du dimanche (JDD) avait révélé le weekend dernier qu'un mécène, qui n'était pas identifié, avait signé le 20 février un chèque de 13.000 euros pour régler deux costumes achetés chez Arnys, un tailleur parisien des quartiers chics.

"Un ami m'a offert des costumes en février. Et alors?", avait confirmé lundi le candidat de la droite à la présidentielle, dans Les Échos, dénonçant des intrusions dans sa vie privée et affirmant que ces cadeaux n'avaient "rien à voir" avec la politique.

Aux deux costumes s'ajouteraient selon le JDD près de 35.500 euros "réglés en liquide" chez ce même tailleur, pour un montant de près de 48.500 euros au total depuis 2012. Ce point est contesté par le camp Fillon. "Jamais Arnys n'aurait accepté 35.000 euros en cash. Ça n'existe pas", a dit un membre de l'entourage à l'AFP.

François Fillon à Caen, le 16 mars 2017
François Fillon à Caen, le 16 mars 2017
AFP

Les révélations embarrassantes pour le porte-drapeau de la droite à la présidentielle se sont accumulées, depuis fin janvier, allant jusqu'à faire vaciller sa candidature.

"Chaque jour, je reçois en pleine figure de nouvelles bourrasques. Je fais front, j'avance, je garde mon cap et je trace ma route", a-t-il lancé jeudi soir en meeting à Caen. "Je suis là, toujours là, debout, avec vous, pour vous et pour la France", a martelé l'ex-Premier ministre.

- Le déontologue saisi -

Dans ce nouveau volet de leurs investigations, les enquêteurs vont tenter de déterminer qui est l'acheteur des costumes et examiner ses liens avec François Fillon, qui est député de Paris. Le déontologue de l'Assemblée nationale, Ferdinand Mélin-Soucramanien, s'est aussi saisi lundi pour savoir si "ces cadeaux" ont "été faits exclusivement à titre privé, auquel cas ils échappent" à sa compétence, ou bien s'ils sont "en lien avec le mandat".

Soupçons d'emplois fictifs : François Fillon mis en examen
François Fillon à Caen, le 16 mars 2017
AFP

Les députés doivent déclarer au déontologue "tout don ou avantage d’une valeur supérieure à 150 euros dont ils ont bénéficié", "en lien avec leur mandat". Ce qui peut exclure les cadeaux de proches.

François Fillon a été mis en examen mardi -- une première pour un candidat majeur à l'Elysée -- pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, recel et complicité d'abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Au cœur de l'affaire, l'emploi, révélé fin janvier par Le Canard enchaîné, de l'épouse de François Fillon, Penelope, comme assistante parlementaire de son mari ou de son suppléant à l'Assemblée -- de 1986 à 2013 avec des interruptions -- alors qu'elle semblait jusque-là n'avoir eu aucun rôle politique à ses côtés, pour une rémunération totale de 680.000 euros net, soit une moyenne mensuelle de 3.600 euros. Les juges soupçonnent qu'il s'agit d'un emploi fictif, comme ceux de ses deux enfants comme assistants parlementaires, de 2005 à 2007, lorsqu'il était sénateur.

François Fillon à Caen, le 16 mars 2017
François Fillon à Caen, le 16 mars 2017
AFP

L'information judiciaire a été ouverte aussi sur d'autres soupçons de trafic d'influence -- pour lesquels le candidat n'a pas été mis en examen -- autour de ses liens avec l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de La Revue des Deux Mondes. Cette revue a salarié Penelope Fillon de mai 2012 à décembre 2013.

La société de conseil de François Fillon, 2F, a de son côté travaillé pour la holding de l'homme d'affaires, Fimalac. Et Marc Ladreit de Lacharrière a aussi a versé 50.000 euros, sans intérêts, à l'homme politique en 2013, somme qui a été depuis remboursée, mais n'a pas été déclarée.

Marc Ladreit de Lacharrière a réfuté tout lien avec son élévation en 2010, sous le gouvernement Fillon, au grade le plus élevé de grand'croix de la Légion d'honneur.

Partager cet article

Dans la même thématique

Fillon: l’enquête sur les emplois fictifs présumés étendue aux costumes
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le

Blanc Mesnil: B. Retailleau denonce les accords PS LFI aux Municipales
9min

Politique

Municipales : Bruno Retailleau dénonce « les accords de la honte » entre PS et LFI, Patrick Kanner l’accuse d’être « le Canada Dry du RN »

Alors que le président des LR, Bruno Retailleau, dénonce « les accords de la honte » entre le PS et LFI dans « 62 » communes, il accuse les responsables de gauche d’être « une bande de tartuffes ». En réponse, Pierre Jouvet, numéro 2 du PS, prépare aussi sa carte des accords entre droite et extrême droite et pointe « les listes communes entre LR et RN ». « Bruno Retailleau sert la soupe au RN », ajoute Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat.

Le

The Epstein Files Illustrations
3min

Politique

Affaire Epstein : vers une commission d’enquête au Sénat ?

Dans un courrier adressé au président du Sénat, Gérard Larcher, Le sénateur LR, Henri Leroy et 15 de ses collègues de la droite et du centre appellent solennellement la chambre haute à mettre en place une commission d’enquête « relative aux implications institutionnelles et aux éventuels dysfonctionnements publics liés à l’affaire Epstein ».

Le