François Fillon a choisi mercredi de se maintenir dans la course à l'Elysée malgré sa possible mise en examen, une décision qui alimente la...
Fillon maintient sa candidature malgré sa possible mise en examen
François Fillon a choisi mercredi de se maintenir dans la course à l'Elysée malgré sa possible mise en examen, une décision qui alimente la...
Par Nadège PULJAK, Baptiste PACE
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
François Fillon a choisi mercredi de se maintenir dans la course à l'Elysée malgré sa possible mise en examen, une décision qui alimente la division à droite avec de premières défections, dont celles de Bruno le Maire et des centristes de l'UDI.
"Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas". "J'irai jusqu'au bout", a déclaré le candidat des Républicains devant la presse à son siège de campagne. "Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine, c'est l'élection présidentielle", a-t-il clamé.
François Fillon candidat "jusqu'au bout"
AFP
Son entourage avait annoncé cette déclaration après le report de dernière minute mercredi matin de la visite de l'ancien Premier ministre au Salon de l'Agriculture. Il s'y est finalement rendu dans l'après-midi au milieu d'une cohue de caméras dans une marche rythmée au son de ses partisans ("Fillon, président") et de ses adversaires ("Voleur! Rends l'argent").
Après une matinée d'intenses spéculations, François Fillon, déstabilisé par les affaires, avait fini par expliquer : "Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d'instruction afin d'être mis en examen". Il a assuré qu'il se rendrait bien à cette convocation, non sans tirer à boulets rouges contre l'institution judiciaire.
Sa femme Penelope, visée par des accusations d'emplois fictifs comme collaboratrice parlementaire ainsi qu'à La Revue des Deux Mondes, est également convoquée à des fins de mise en examen.
François Fillon au Salon de l'Agriculture à Paris, le 1er mars 2017
AFP
"Au-delà de la procédure judiciaire, c'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais (...) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République", a expliqué M. Fillon.
Cette attaque a suscité des réactions au plus haut sommet de l'Etat: François Hollande s'est élevé "solennellement contre toute mise en cause des magistrats".
"Une candidature à la présidentielle n'autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges" ni à formuler des "accusations extrêmement graves", a mis en garde le chef de l'Etat.
François Fillon au salon de l'agriculture le 1er mars 2017
AFP
Bruno Le Maire, ex-candidat à la primaire de la droite, a lui annoncé sa démission de ses fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales auprès du candidat, au nom du "respect de la parole donnée".
Il a été suivi par les députés Alain Chrétien, Jean-Luc Warsmann mais aussi Catherine Vautrin, vice-présidente LR de l'Assemblée. Le député LR Pierre Lellouche a appelé à chercher "une sortie de crise par le haut", envisageant de demander au Conseil constitutionnel un report de l'élection.
Les centristes de l'UDI, qui avaient initialement soutenu Alain Juppé avant de rallier François Fillon, ont annoncé qu'ils "suspendaient" leur participation à la campagne.
- Fillon 'perd ses nerfs' -
M. Fillon avait promis qu'il se retirerait s'il était mis en examen, avant de faire machine arrière mi-février, expliquant s'en remettre "au seul suffrage universel".
Il risque fort d'être poursuivi par ce revirement, qui fait écho à une phrase assassine visant Nicolas Sarkozy durant la primaire: "Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?"
"Franchement, ce qu'ils ont fait ce matin, politiquement, c'est tout ce qu'il ne fallait pas faire. C'est n'importe quoi…", s'alarme un membre de LR.
Vainqueur triomphal de la primaire de la droite fin novembre, l'ancien Premier ministre, décroché dans les sondages, est aujourd'hui en grande difficulté.
Ses adversaires à la présidentielle ont vivement critiqué ses propos. Emmanuel Macron l'a accusé de perdre "ses nerfs" et "le sens des réalités". Il a refusé l'idée d'une "trêve judiciaire" pendant la campagne. Benoît Hamon a condamné "une incroyable violence" de ses propos. Jean-Luc Mélenchon a dit avoir "de la peine" pour la droite, qui mériterait "un candidat présentable".
Dans la matinée, M. Fillon s'était entretenu avec Alain Juppé, finaliste de la primaire de la droite, et avec Nicolas Sarkozy.
Un de ses proches, le député LR Jérôme Chartier a annoncé un rassemblement de soutien dimanche à Paris place du Trocadéro.
Selon un sondage publié mercredi, plus de 7 Français sur 10 (73%) estiment qu'"il faut laisser la justice faire son travail" dans les enquêtes visant François Fillon et Marine Le Pen, la candidate FN à la présidentielle.
Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.
15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher a reçu l’élue mercredi soir pendant une heure. Le président du Sénat s’est engagé à développer les formations à la lutte contre les violences sexuelles auprès des sénateurs.
Le président des LR se lance dans la course pour 2027. « J’ai pris la décision d’être candidat à l’élection présidentielle » a annoncé l’ancien ministre de l’Intérieur, assurant ne pas vouloir être chef de l’Etat « par obsession du pouvoir, mais par sens du devoir ». Une décision que l’ancien président du groupe LR du Sénat a « mûri » petit à petit. Mais selon ses proches, il a en réalité décidé d’y aller « il y a déjà plusieurs mois ».
L’année 2026 célèbre le 35e anniversaire du Triangle de Weimar, une coopération entre la France, l’Allemagne et la Pologne basée sur le renforcement du dialogue politique entre les trois pays. Pour l’occasion, la commission des affaires européennes du Sénat a invité deux représentants de think tanks allemand et polonais, ce jeudi 12 février, pour croiser leurs regards sur une actualité européenne sous tension : les offensives de Donald Trump et la montée de l’extrême-droite sur le Vieux Continent.