Toujours favori des sondages à 100 jours de la présidentielle, mais en perte de vitesse, François Fillon sera officiellement investi samedi à Paris candidat de la droite, sept semaines après son éclatante victoire à la primaire.
Les 2.000 membres du Conseil national de son parti, Les Républicains, doivent entériner sa nomination lors d'une réunion qu'ouvrira à 09H30 le président de ce "Parlement" LR, Luc Chatel.
L'ex-Premier ministre conclura la demi-journée. Il s'exprimera pour la première fois depuis la primaire devant tous les cadres LR qu'il estime avoir déjà réussi à rassembler, malgré des dissonances, en particulier sur la Sécu.
"C’est moi qui suis candidat à l’élection présidentielle. Une élection présidentielle, ce n’est pas l’élection d’un parti, ce n’est pas une élection qui se négocie avec les parlementaires ou avec les hommes politiques, c’est la rencontre d’un homme avec le peuple français", a averti jeudi le candidat qui se dépeint régulièrement comme "gaulliste".
"Je m’étais fixé trois objectifs", rappelle M. Fillon, toujours donné gagnant en mai prochain par les sondages, même s'il est en baisse: "rassembler après les primaires toutes les forces et les sensibilités de ma famille politique. C’est fait! Unir la droite et le centre autour de ma candidature. C’est fait! Mettre en place une équipe de campagne ouverte à tous. C’est fait ! Maintenant, nous sommes collectivement en ordre de marche", s'est-il félicité.
Vendredi, il a ainsi élargi son organigramme de campagne en y intégrant notamment le sarkozyste Frédéric Péchenard, ainsi que des représentants de la société civile.
Des responsables thématiques ont été nommés dans de nombreux domaines: compétitivité, fiscalité, fonction publique, laïcité, agriculture, logement, emploi des jeunes, femmes, famille, retraites, handicap, outre-mer, justice, institutions...
Chaque thème a été placé sous la responsabilité d'élus et de personnes de la société civile (médecins, universitaires, chefs d'entreprise, sportifs... dont c'est pour la plupart le premier engagement en politique). C'est ainsi que le cavalier Pierre Durand, champion olympique du saut d'obstacle à Séoul en 1988 a rejoint le pôle Sports.
- 'Marge de négociations' -
Pendant que les fillonistes présentaient l'organigramme complété, M. Fillon déjeunait avec M. Sarkozy. L'ex-président en a profité pour demander à son ex-Premier ministre "un élargissement maximal de (son) équipe de campagne", ce "qui est tout à fait l'état d'esprit de François Fillon depuis sa victoire, comme en témoigne encore la deuxième partie de son organigramme", a fait remarquer son entourage.
Outre l'intronisation de leur candidat, les conseillers nationaux seront également invités à voter à deux reprises, la première fois pour valider les comptes de LR, la seconde fois pour valider les investitures aux élections législatives.
Le candidat à la présidentielle Les Républicains François Fillon lors d'un meeting à Paris le 11 janvier 2017
AFP
Après des années de vaches maigres à la suite de la défaite de 2012 et à l'affaire Bygmalion (18 millions d'euros de fausses factures que LR, partie civile dans le procès de cette affaire, espère récupérer), le parti est en passe de rétablir ses finances. "Le budget accuse fin 2016 un excédent de 9,9 ME", a affirmé à l'AFP Daniel Fasquelle, trésorier de LR. Le succès populaire de la primaire de novembre fait ainsi du bien aux finances du parti.
Quant aux investitures, il restait près d'une centaine de circonscriptions à pourvoir sur les 577, les autres ayant été complétées sous la présidence Sarkozy.
Elles pourraient faire l'objet de changements car un certain nombre d'élus vont devoir arbitrer entre mandat local ou national, conformément à une loi de 2014 que M. Fillon s'est engagé à faire respecter.
M. Fillon avait prévenu entre les deux tours de la primaire qu'il y aurait "une marge de négociations" pour les investitures aux législatives avec les centristes adhérant à son projet.
Les vingt-huit députés UDI sortants qui le souhaitent devraient être tous réinvestis. Parmi les circonscriptions restantes, plusieurs seront réservées aux femmes, alors que les amendes pour non respect de la parité ont fortement augmenté.
Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.
Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.
Interviewé ce mercredi sur la chaîne YouTube Hugo Décrypte, Emmanuel Macron s’est dit « dans le soutien et la compassion » des élèves blessés lors des manifestations et blocus. De son côté, ce jeudi, Edouard Geffray, ministre de l’Education, reconnaît que le gouvernement aurait « dû être plus rapide » dans sa gestion de la crise. A l’approche de la rentrée scolaire, la communication du gouvernement semble vouloir donner des signes d’apaisement.
En proposant une « grande primaire des démocrates », Gabriel Attal ne fait qu’un « exercice de communication » pour avoir un « prétexte » pour se maintenir, dénonce-t-on dans l’équipe de campagne d’Edouard Philippe. « Ce ne sont pas les ego qui doivent parler mais bien le sens de la responsabilité », soutient la députée Prisca Thévenot, proche du candidat Renaissance.