Fillon parle immigration pour relancer sa campagne

Fillon parle immigration pour relancer sa campagne

François Fillon s'est efforcé mercredi de relancer sa campagne en faisant son mea culpa au sujet de son projet de réforme de la Sécu, attaqué de...
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Par Guillaume DAUDIN et Nadège PULJAK à Nice

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François Fillon s'est efforcé mercredi de relancer sa campagne en faisant son mea culpa au sujet de son projet de réforme de la Sécu, attaqué de toutes parts, et en mettant l'accent, lors d'un meeting à Nice, sur ses propositions en matière d'immigration.

"L’unité nationale commande une autre politique de l’immigration (...) la France doit non seulement lutter contre l’immigration illégale mais elle doit aussi réduire son immigration légale au strict minimum", a affirmé le candidat de la droite à la présidentielle, lors du meeting auquel assistaient notamment les deux ténors de la droite locale, Christian Estrosi (patron de la région) et Eric Ciotti (patron du département), ainsi que le maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin.

L'ex-Premier ministre avait auparavant rendu hommage aux victimes de l'attentat du 14 juillet par un dépôt de gerbe puis s'était déplacé au poste-frontière de Menton, par lequel des migrants tentent régulièrement d'entrer en France.

Selon lui, "la France est généreuse mais elle n’est pas une mosaïque et un territoire sans limite. C’est une Nation, en droit de choisir qui peut la rejoindre, en droit aussi d’exiger des étrangers qu’ils se plient à ses règles et à ses coutumes."

"Il existe chez nous, depuis la chrétienté, une tradition de l'hospitalité pour les victimes de persécutions politiques", a-t-il argué, mais "ces traditions d’ouverture doivent être raisonnables et raisonnées", a-t-il ajouté.

François Fillon à Menton, le 11 janvier 2017
François Fillon à Menton, le 11 janvier 2017
AFP

Dans la matinée, sur BFMTV, le candidat de la droite avait une nouvelle fois tenté de clore l'empoisonnant procès instruit par ses adversaires coalisés contre son projet de réforme de l'assurance maladie, réaffirmant avoir été "mal compris" sur ses propositions, pour partie "retirées" de son site internet.

Il a rappelé avoir "lancé un débat avec l'ensemble des responsables de la santé, les médecins", avec de nouvelles propositions "avant la fin du mois de janvier ou début février".

"Il a annoncé qu'il faisait une conférence. On va voir. Mais ce qui avait été écrit était très clair, très clair: gros risques (pris en charge) et petits risques" non remboursés, et "ça ne changera pas", a jugé un membre du gouvernement.

- "Nouvelle incohérence" -

Le nouveau champion de la droite a aussi admis que des "réglages" étaient nécessaires au sein de ses équipes, bien en peine d'expliquer son programme "radical", ce qui a donné lieu à des dissonances.

"La campagne Fillon ça va être +je vais m'occuper des pauvres et de la pauvreté+", tempère ainsi un pilier de la campagne de l'ex-Premier ministre, tandis que Christian Estrosi a proclamé dans un tweet: "Gaulliste social je suis, gaulliste social je resterai. Et j’entends bien faire entendre cette voix dans les mois à venir."

M. Fillon pâtit sans doute de ces flottements dans les sondages. Il perd 10 points dans le baromètre de confiance Kantar Sofres-OnePoint de janvier, à 31% d'opinions favorables. Mais les enquêtes le qualifient toutefois toujours unanimement pour le second et le donnent net vainqueur de Marine Le Pen avec environ 30 points d'avance.

Le président syrien Bachar al-Assad le 9 janvier 2017 à Damas
Le président syrien Bachar al-Assad le 9 janvier 2017 à Damas
SANA/AFP

Outre ce mea culpa, M. Fillon s'est aussi escrimé à éteindre des débuts d'incendie dans son propre camp: il a dit non à des députés de droite qui insistaient pour qu'il revienne sur la loi de 2014 renforçant les entraves au cumul des mandats.

L'ancien Premier ministre a par ailleurs changé radicalement de ton au sujet de Bachar al-Assad, présenté en novembre comme le meilleur rempart contre le jihadisme pour les chrétiens d'Orient, et qualifié mercredi de "dictateur" et "manipulateur".

Il s'en est en particulier pris aux médias français qui ont diffusé une interview du dirigeant syrien dans laquelle ce dernier jugeait "bienvenue" la position sur la Syrie du candidat de la droite.

"J'ai noté qu'après la proposition faite par Bachar Al-Assad à François Fillon, François Fillon avait pris beaucoup de distance et a affirmé (...) qu'il considérait Bachar Al-Assad comme un manipulateur et un dictateur, ce que n'ont cessé de rappeler le président de la République et les ministres des Affaires étrangères depuis le début de la crise syrienne", a commenté Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, lors du compte-rendu du Conseil des ministres.

"C'est une nouvelle incohérence", a dénoncé un ministre.

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