Fillon remporte son bras de fer et reste candidat
Après le retrait définitif d'Alain Juppé, François Fillon a gagné la partie et reste dans la course à la présidentielle, LR lui ayant ...

Fillon remporte son bras de fer et reste candidat

Après le retrait définitif d'Alain Juppé, François Fillon a gagné la partie et reste dans la course à la présidentielle, LR lui ayant ...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK et Anne-Pascale REBOUL

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Après le retrait définitif d'Alain Juppé, François Fillon a gagné la partie et reste dans la course à la présidentielle, LR lui ayant "unanimement" renouvelé son soutien lundi soir, malgré une ultime offensive sarkozyste pour le convaincre de lâcher prise.

"Le comité politique, après un large échange, a renouvelé à l'unanimité son soutien à François Fillon", a déclaré à la presse le président du Sénat Gérard Larcher, à l'issue de cette rencontre entre une vingtaine de ténors du parti, au siège parisien de LR.

M. Fillon a également accepté la rencontre avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, proposée par l'ex-chef de l'Etat dans la matinée, mais "il faut que ce soit vite, on ne va pas laisser le feuilleton durer éternellement", a-t-il prévenu. M. Sarkozy a proposé mercredi, selon son entourage, une date pas confirmée par le camp Fillon.

Gérard Larcher fait une déclaration à l'issue du comité politique de LR le 6 mars 2017 à Paris
Gérard Larcher fait une déclaration à l'issue du comité politique de LR le 6 mars 2017 à Paris
AFP

"Le retrait d'Alain Juppé a confirmé qu'il n'y avait pas de plan B, il est temps maintenant que chacun se reprenne!" a lancé d'emblée le candidat, accueilli devant le siège du parti par des militants aux cris de "Fillon président".

Dans la matinée, à l'issue d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy, des proches de l'ancien chef de l'Etat avaient expliqué que "la ligne politique de Fillon est la bonne". "Mais ce dernier ne pouvant plus assurer l'unité de la famille politique de la droite et du centre, nous lui demandons de prendre ses responsabilités et de se choisir lui-même un successeur", avaient-ils ajouté.

- Le non définitif de Juppé -

Mais si M. Fillon dit "Moi, je reste"? "Eh bien, on le soutiendra à fond", avait répondu à l'AFP Christian Jacob, patron des députés LR.

Gérard Larcher, Bernard Accoyer et Francois Baroin à la sortie du du comité politique de LR le 6 mars 2017 à Paris
Gérard Larcher, Bernard Accoyer et Francois Baroin à la sortie du du comité politique de LR le 6 mars 2017 à Paris
AFP

L'offensive sarkozyste a constitué un nouveau rebondissement, à 48 jours du premier tour, dans un feuilleton qui n'en finit plus depuis les révélations le 25 janvier du Canard Enchaîné sur les emplois présumés fictifs de la femme du candidat et de deux de ses enfants.

Lors du comité politique, plusieurs sarkozystes ont d'ailleurs de nouveau insisté: "Pour être au second tour, on a besoin de tous les électeurs de la droite et du centre. La question, c’est +est-ce que quelqu’un peut le faire mieux que toi?+ Mais personne ne peut te l'imposer", a lancé Jacob à Fillon.

La journée avait commencé par un premier coup de théâtre: une déclaration du maire de Bordeaux confirmant, "une bonne fois pour toutes", qu'il ne serait "pas candidat".

Alain Juppé lors de sa déclaration à la presse le 6 mars 2017 à Bordeaux
Alain Juppé lors de sa déclaration à la presse le 6 mars 2017 à Bordeaux
AFP

Confiant avoir "hésité", M. Juppé, sollicité depuis plusieurs jours pour prendre le relais, a jugé que "le passage de témoin se ferait dans la douleur" et qu'il n'était "donc pas en mesure de réaliser le nécessaire rassemblement".

Le tout avec des mots sévères à l'égard de celui qui l'avait largement battu à la primaire.

"Quel gâchis!" a-t-il lancé. François Fillon "avait un boulevard devant lui" mais "son système de défense fondé sur la dénonciation d'un prétendu complot et d'une volonté d'assassinat politique l'ont conduit dans une impasse", a-t-il déploré en critiquant "l'obstination" du candidat.

- Chez Macron: 'Pourvu qu'il reste longtemps' -

Dimanche soir, quelques heures après avoir réuni des dizaines de milliers de personnes place du Trocadéro, François Fillon avait affiché la couleur: "Non", il ne retira pas sa candidature et il est le "seul à pouvoir décider" de la suite des événements.

François Fillon au milieu de ses partisans sur l'esplanade du Trocadéro le 5 mars 2017 à Paris
French presidential election candidate for François Fillon au milieu de ses partisans sur l'esplanade du Trocadéro le 5 mars 2017 à Paris
AFP

Accusé d'être "bunkerisé", il a martelé qu'il n'était "pas autiste". Reconnaissant sa "part de responsabilité", M. Fillon, qui a repris sa campagne lundi en s'exprimant devant les petits patrons de la CPME, proposera "dans les prochains jours" une équipe qui, promet-il, montrera qu'il est "capable de rassembler".

Mais, s'il se maintient, plus de 300 élus LR l'ont déjà lâché. Et son directeur de cabinet, Patrick Stefanini, qui a aussi quitté ses fonctions dimanche, a affirmé lundi que M. Fillon était "victime" d'un système consistant à accorder aux parlementaires des "compléments de rémunération". Des propos qui semblent percuter la défense du candidat qui assure depuis le départ que ses proches l'ont "effectivement assisté".

Ce maintien est, à en croire les sondages, une bonne nouvelle pour Emmanuel Macron, qui le distance dans la course pour la qualification au second tour.

Pourvu que Fillon reste le plus longtemps possible!" dit-on ainsi chez le candidat d'En Marche!

Partager cet article

Dans la même thématique

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le