Fillon, un «  homme de peu de valeur » selon Macron

Fillon, un « homme de peu de valeur » selon Macron

Emmanuel Macron était ce matin l’invité de Territoires d’Infos, sur Public Sénat et Sud Radio. Le leader d’ « En Marche ! » a tapé fort sur François Fillon après la publication dans Le Figaro d’un message adressé par Emmanuel Macron  en 2016 à son rival de droite.
Public Sénat

Par Alice Bardo

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

« François Fillon a perdu tout repère éthique, moral, de comportement. C’est un homme de peu de valeur. » Pour Emmanuel Macron, l’ancien Premier ministre a « rejoint la pire des droites ». Plus encore, il a « perdu l’autorité morale qui lui permettrait d’être président de la République ».

Le leader d’ « En Marche ! » est revenu sur l’échange de mots entre lui et François Fillon, en 2016, que Le Figaro a dit s’être procuré dans un article publié hier. Dans un message manuscrit, l’ex-ministre de l’Economie aurait écrit être opposé à la déchéance de nationalité proposée par François Hollande, et invité le député LR à le rencontrer. Ce à quoi celui-ci aurait répondu : « Une nouvelle fois vous venez sur mes positions. Jusqu’où irez-vous ? » « Je lui ai répondu « j’y suis déjà », ce qui signifiait que j’étais contre la déchéance de nationalité », assure Emmanuel Macron. Il s’insurge : « Qui prouve son incohérence dans cette affaire ? Fillon, qui aujourd’hui défend la déchéance de nationalité dans son propre projet (…) alors qu’il était contre en 2016. »

Par ailleurs, il estime que « les électeurs de Juppé se retrouvent davantage dans (son) projet que dans (celui de François Fillon) », sans vraiment appeler les soutiens du candidat malheureux de la primaire à voter pour lui. « Le jour d‘après l’élection, les deux candidats qui sont face à la justice continueront de l’être mais les Français seront face à leurs problèmes », conclut-il avant de s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon.

Le projet de Mélenchon est « irréaliste » et « impraticable »

 « J’entends ses accents communistes », assure Emmanuel Macron à l’égard du candidat de La France insoumise. Le leader d’ « En Marche » estime qu’en matière de politique internationale, le plan de son adversaire est « irréaliste », et même « dangereux ». « Il propose de désarmer le pays face au risque terroriste : mais enfin la belle affaire ! » lance t-il.  Il n’épargne pas non plus le projet de Mélenchon en matière économique et sociale, qu’il juge tout bonnement « impraticable ». « Il serait dramatique pour les classes moyennes et les classes laborieuses », renchérit t-il comme un appel aux électeurs du candidat d’extrême-gauche.

Macron : le projet de Mélenchon est "dans la tradition d'une gauche communiste qu'il représente"
01:34

« Je ne mélange pas la droite et la gauche »

Bien qu’il ratisse des intentions de vote à droite comme à gauche, il assure « ne pas mélanger » les deux. Tout comme il rejette l’idée selon laquelle il marcherait dans les pas de François Hollande. « C’est une question de perception », justifie t-il. Il garantit des éléments de continuité comme de rupture. Une dichotomie qui sera le fil rouge de son discours et il commence par marquer les points de rupture, à savoir le renvoi aux accords de branche prévu dans son projet de réforme du droit du travail, la transformation du CICE en un allègement de charges des entreprises qui « bénéficiera à tout le monde » et la réforme en profondeur de l’assurance chômage et de la formation professionnelle.

« Je propose une réforme profonde du financement et de la philosophie de l’assurance chômage, détaille le candidat. Je transformerai notre assurance chômage en une prestation universelle comme l’assurance maladie. » Il reproche au système actuel de ne concerner que les salariés - « ce qui est très injuste » - et que « ça pèse sur le travail car c’est financé par les cotisations. » Il préconise ainsi la suppression des cotisations salariales, compensée par une hausse de la contribution sociale généralisée. 

« Il est hors de question de lever l’état d’urgence »

Sur les questions régaliennes, il prône la continuité. « Il est hors de question de lever l’état d’urgence aujourd’hui », prévient t-il.  Emmanuel Macron entend également continuer la politique menée par l’actuel garde des Sceaux par la mise en œuvre des 15 000 places de prison que celui-ci a proposé. Sur certains points, il veut toutefois aller plus loin, à commencer par le Renseignement. Il réclame notamment une « task force anti-Daesh » et appelle à une plus grande coopération au niveau international : « On ne pourra plus faire beaucoup plus en franco-français, par contre on peut et on doit faire plus en européen et en occidental, constate le leader d’ « En Marche ! ».

Emmanuel Macron : "Il est hors de question de lever l'état d'urgence"
01:34

Consolider les forces de police et de gendarmerie compte également parmi ses priorités puisqu’il prévoit 10 000 embauches sur cinq ans, incluant le personnel nécessaire à la création de la police de sécurité quotidienne qu’il veut « recréer ». « On a délaissé la sécurité publique du quotidien. On doit redonner des moyens sur le terrain », déplore le candidat. Il détaille son projet : « La police de sécurité quotidienne aura un pouvoir d’amende et un pouvoir d’éloignement du territoire, sous contrôle du juge. »

Dans la même thématique

Paris : Deux policiers blesses par balle comissariat 13 eme arrondissment
4min

Politique

Sécurité : que proposent les grands blocs politiques pour les élections législatives ?

Ce lundi 14 juin, la campagne pour les élections législatives s’est ouverte, et les programmes des principales forces politiques ont été dévoilés. La sécurité est au cœur du débat et suscite une attention tout particulière au sein de l’opinion publique. Petit aperçu des différentes propositions et promesses sur ce sujet clivant entre les partis.

Le

Rentree scolaire Ecole Primaire Maternelle Saint-Philippe a Nice
7min

Politique

Législatives anticipées : que proposent les trois blocs sur l’éducation ?

Après le pouvoir d’achat, la sécurité et l’immigration, l’éducation divise les différents candidats aux élections législatives. Si le programme gouvernemental sur l’école est bien connu, les deux autres blocs politiques en lice pour les élections législatives prônent des mesures radicalement opposées.

Le

Paris : Auditions au MEDEF
6min

Politique

Législatives : ces sénateurs tentés par la ligne Ciotti/Bardella

Depuis l’alliance annoncée entre Éric Ciotti et Jordan Bardella aux élections législatives, les sénateurs du groupe LR du Sénat font officiellement bloc derrière la ligne d’autonomie définie par le bureau politique du parti. Mais dans cette campagne éclair, certains expriment leurs divergences. Après les 7 juillet, elles pourraient bien s’accentuer.

Le