Fin de l’euphorie, l’effet Macron sur les ménages retombe
Signal inquiétant pour le gouvernement ? Le moral des ménages français a continué de se dégrader en octobre pour le quatrième mois consécutif,...

Fin de l’euphorie, l’effet Macron sur les ménages retombe

Signal inquiétant pour le gouvernement ? Le moral des ménages français a continué de se dégrader en octobre pour le quatrième mois consécutif,...
Public Sénat

Par Eleonore DERMY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Signal inquiétant pour le gouvernement ? Le moral des ménages français a continué de se dégrader en octobre pour le quatrième mois consécutif, retournant à son niveau de mai, mois de l'élection d'Emmanuel Macron.

L'indicateur de confiance des ménages dans la situation économique, calculé sur la base de soldes d'opinion (différences entre proportion de réponses positives et négatives), a perdu en octobre un point pour s'établir à 100 points, a annoncé vendredi l'Insee dans un communiqué.

Il revient ainsi à sa moyenne de longue période, un niveau au-dessus duquel il évoluait depuis mai dernier.

"Il y a eu un petit effet de bulle, que l'on observe assez classiquement pendant les élections", commente Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), interrogé par l'AFP. "On voit maintenant un effet de retournement", explique-t-il.

À l'origine de ce recul : les ménages sont nettement moins optimistes sur leur situation financière future. Le solde d'opinion à ce sujet, déjà négatif, perd en effet trois points, autant qu'en septembre. De fait, la proportion de ménages estimant qu'il est opportun de faire des achats importants diminue aussi de trois points.

Par ailleurs, le solde d'opinion des ménages sur leur capacité d'épargne future recule fortement, de 5 points, après en avoir perdu deux en septembre. En parallèle, "la part de ménages estimant qu'il est opportun d'épargner chute en octobre", de huit points.

Le moral des ménages
Evolution du moral des ménages sur 10 ans, d'octobre 2007 à octobre 2017
AFP

Pour Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas, la dégradation du moral des ménages relevait, jusqu'au mois de septembre, d'une "correction technique de la forte hausse en mai et en juin, typiquement observée lors des scrutins présidentiels".

Mais la nouvelle baisse constatée en octobre soulève des interrogations.

- "Un sentiment de méfiance" des Français -

"Il est possible que cela constitue un signal d'alerte", dit-elle à l'AFP, soulignant que "l'actualité budgétaire très riche", avec la présentation du projet de loi de finances pour 2018, pouvait avoir joué en octobre.

Suppression de l'impôt sur la fortune, mise en place d'un prélèvement forfaitaire unique de 30% sur les revenus du capital, hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), baisse progressive de la taxe d'habitation... Toute une série de mesures fiscales ont été annoncées depuis fin septembre, provoquant des controverses et d'intenses débats, sur une politique présentée comme favorable aux plus riches par l'opposition.

Or, "il n'est pas forcément facile de s'y retrouver dans toutes ces discussions", constate Mme Baudchon.

Même si plusieurs de ces mesures aboutiront à des baisses d'impôt, elles sont ciblées sur certaines catégories, suscitant un sentiment mitigé du côté des ménages.

Plus qu'un signe annonciateur d'un retournement économique, la baisse du moral des ménages, constante depuis juillet, est un avertissement politique à l'attention du gouvernement, qui témoigne d'un "sentiment de méfiance" des Français face à la politique économique et budgétaire, estime Mathieu Plane. D'autant plus que ce recul intervient, à la différence de 2012, dans une "période de reprise économique" qui se confirme, rappelle-t-il.

Une impression à nuancer, toutefois, au regard des craintes des ménages concernant le chômage : celles-ci se stabilisent en octobre, ce qui est un "bon signe" et "en ligne avec la dynamique favorable sur le marche du travail", observe auprès de l'AFP, Alexandre Vincent, économiste à l'institut Coe-Rexecode.

Reste à savoir si cette dégradation se poursuivra dans les prochains mois ou si le sentiment de méfiance s'estompera, une fois le débat budgétaire passé.

Partager cet article

Dans la même thématique

Fin de l’euphorie, l’effet Macron sur les ménages retombe
6min

Politique

Mobilisation de la jeunesse : « Nous avons construit un État-providence qui fonctionne seulement pour les adultes », reconnaît cette eurodéputée

Une Europe en ébullition sociale. De la France à l'Italie, en passant par la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne, une vague de contestation secoue les capitales de l'Union. Nés de mouvements lycéens et étudiants initiés en France, ces soulèvements traduisent un malaise profond touchant l'avenir de la jeunesse, la crise du logement et l'effritement du pouvoir d'achat. Face à ce front commun qui surprend les gouvernements européens, des syndicats et des associations issus de sept pays appellent à des manifestations coordonnées pour la fin du mois de novembre.

Le

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le

Paris: JM Melenchon conference de presse comptes publics
8min

Politique

Présidentielle 2027 : avec la « Nouvelle France », Jean-Luc Mélenchon fait de l’écologie la clé de voûte de son programme

Avec 1 069 mesures, dont 238 nouvelles, La France insoumise dévoile vendredi 6 novembre une nouvelle édition de son programme présidentiel, L’Avenir en commun. Si les marqueurs historiques du mouvement sont largement reconduits, l’écologie en devient la porte d’entrée. Derrière ce changement de priorité, Jean-Luc Mélenchon cherche à imposer un nouveau récit, celui de la « Nouvelle France », qui succède à l’« union populaire » de 2022.

Le