Fin de vie : La ministre Agnès Firmin-Le Bodo défavorable à la tenue d’un référendum sur le sujet

Invitée de « Bonjour chez vous » ce jeudi, la ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé, réaffirme que le projet de loi sur la fin de vie arrivera au Parlement en 2024. Pour le moment, les arbitrages du président de la République accusent deux mois de retard.
Stephane Duguet

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le report de la réunion prévue mardi autour d’Emmanuel Macron concernant son projet de loi sur la fin de vie, n’est pas une preuve qu’il y va « à reculons » selon Agnès Firmin-Le Bodo. La ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé soutient que ça n’est qu’une question d’agenda, le président ayant été mobilisé par la guerre entre Israël et le Hamas, la tempête Ciaran et les inondations dans le Pas-de-Calais. Pourtant, celle qui est aussi porte-parole d’Horizons planche sur ce texte sensible depuis le 3 avril et la fin de la consultation citoyenne sur la fin de vie.

Elle a remis une copie de l’avant-projet de loi au président de la République « avant la fin de l’été » sans qu’il ne soit présenté, comme annoncé, au mois de septembre. La ministre confirme néanmoins sur Public Sénat que le texte sera examiné au Parlement en 2024 tout en restant évasive sur la date de son arrivée en conseil des ministres. « Nous avons encore des aménagements à faire à la marge. C’était l’objet de la réunion avec le président de la République », explique Agnès Firmin-Le Bodo. Tant que ces arbitrages n’ont pas été rendus, le projet de loi sur la fin de vie reste donc bloqué.

Emmanuel Macron doit encore se prononcer sur la stratégie décennale concernant les soins palliatifs pour qu’elle soit « réalisable tant en termes de professionnel de santé qu’en termes de budget » et « sur la façon dont on va faire évoluer le droit et l’accès de l’aide à mourir », détaille la ministre. « Non », il n’y aura pas le mot « euthanasie » dans le projet de loi affirme-t-elle.

Débat parlementaire plutôt que référendum

Si le chef de l’Etat n’a pas encore arbitré les mesures avancées dans son avant-projet de loi par Agnès Firmin-Le Bodo, il a émis la possibilité d’élargir le champ des référendums aux questions de sociétés comme l’immigration ou la fin de vie. Pour cela, il faudrait modifier la constitution, ce qui retarderait encore l’adoption d’un projet de loi sur le sujet. « Ce n’est pas le choix qui a été fait. Le choix qui a été fait, ça a été de demander au gouvernement de travailler sur un projet de loi », rappelle la ministre.

Concernant la fin de vie, Agnès Firmin-Le Bodo n’est pas favorable à un référendum. « Je ne suis pas contre le principe. La difficulté avec un sujet comme celui-là, c’est qu’on ne peut pas simplement répondre à la question : est-ce que vous voulez l’euthanasie ou le suicide assisté », lance-t-elle. Selon la ministre, le plus dur serait de trouver une question à poser « qui permettent de répondre vraiment à un sujet qui touche à l’intime et qui est très compliqué ». Elle plaide plutôt pour que le texte soit examiné au Parlement pour « enrichir » le texte. Reste à savoir quand ce projet de loi sur la fin de vie sera inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et du Sénat.

Partager cet article

Dans la même thématique

Fin de vie : La ministre Agnès Firmin-Le Bodo défavorable à la tenue d’un référendum sur le sujet
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Fin de vie : La ministre Agnès Firmin-Le Bodo défavorable à la tenue d’un référendum sur le sujet
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le